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  • : Communistes Libertaires de la CGT
  • : Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
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QUI SOMMES NOUS ?

Ce blog est l’outil d’expression de communistes libertaires qui militent à la CGT, où ils défendent une perspective de renouveau du syndicalisme révolutionnaire, mouvement fondateur de notre confédération, et l’unification d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. 

Nous combattons l'orientation confédérale actuelle de la CGT et agissons pour qu'une alternative à cette orientation émerge. Nous ne nous revendiquons d’aucune tendance ou fraction formalisée au sein du mouvement syndical. 

Pour autant, le tournant pris par notre confédération ces dernières années vers un syndicalisme d’accompagnement, voire de cogestion, nous incite à constituer un front syndical commun avec tous et toutes celles qui se réclament et pratiquent la lutte de classe, professionnelle et interprofessionnelle, autour des revendications et la lutte pour les faire aboutir. 

Attachés à la démocratie syndicale et au fédéralisme qui restent de mise au sein de la Cgt, respectueux du mandat donné par les adhérents et adhérentes des structures auxquelles ils et elles participent, les communistes libertaires relèvent d’un courant fondateur et constituant de la Cgt. 

Les syndicats, forme première d’organisation d’une résistance ouvrière, ont un caractère double et contradictoire. 

Organisations de masse ayant vocation à regrouper tous les exploités autour de leurs revendications immédiates, elles restent soumises à la domination politique d’un patronat qui les pousse à une plus grande intégration à l’appareil d’Etat. 

Dans cette bataille qui n’est pas qu’idéologique, nous ne partageons pas l’idée qu’il y aurait de mauvaises directions corrompues face à une base adhérente dont la « pureté » n’égalerait que la volonté d’en découdre. 

Bien au contraire, il existe à tous les niveaux de nos organisations une contradiction entre un syndicalisme de classe dont l’objectif est de mettre fin à l’exploitation capitaliste et un syndicalisme d’accompagnement dont la finalité réside dans l’adaptation du monde ouvrier qui produit les richesses à l’économie de marché globalisée qu’on voudrait faire paraître indépassable. 

C'est pourquoi nous n'entendons pas oeuvrer en simple opposition à nos directions actuelles mais en alternative à celles-ci, pour l'unité du mouvement social. 

Pour tout contact avec les communistes libertaires de la CGT : 

          communisteslibertairescgt@gmail.com

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Liens De Nos Amis

26 novembre 2010 5 26 /11 /novembre /2010 14:10

 

logo ferc cgtPendant des mois, les salariés de l'Éducation, de la Recherche et de la Culture ont combattu aux côtés de millions d'autres salariés contre le projet de loi Sarkozy-Fillon-Woerth de destruction de notre système de retraite par répartition. Dès le départ, la FERC-CGT a pris ses responsabilités en appelant à la mobilisation pour le retrait du projet et à l'ouverture des négociations.

 

Le gouvernement prétendait que cette contre-réforme était destinée à garantir l'avenir du système par répartition, alors qu'elle est dictée par les marchés financiers : ces affabulations se sont effondrées. Les arguments avancés par la FERC et la CGT ont porté auprès des salariés : nécessité d'arrêter les exonérations patronales et de les récupérer, prise en compte dans l'assiette des cotisations de tous les éléments de rémunérations (primes, intéressement, participation), promotion de l'emploi, des qualifications et des salaires, taxation des revenus financiers... Tout ceci est à même de garantir sans problème la pérennité et l'amélioration de notre système. Mais cela heurte les intérêts du MEDEF.

 

Malgré cette mobilisation sans précédent, au mépris de la population qui, à 70%, a exprimé son refus de la réforme et son soutien aux salariés engagés dans les luttes, le gouvernement est passé en force et a promulgué sa loi, qui n'en demeure pas moins injuste et inacceptable. Elle contribuera à appauvrir encore plus une large partie de la population.

De plus, le Sénat a aggravé la loi, dans la perspective d'une réforme « systémique » pour 2013, en instaurant un système de retraites par points. Dans un tel système, les cotisations versées par les actifs sont transformées en points que le salarié cumule durant toute sa carrière professionnelle. Lors de la liquidation des droits, le montant de la retraite est alors déterminé en multipliant le total des points accumulés par une valeur évoluant chaque année et ne pouvant que baisser à l'avenir (cf. points Ircantec en 2008). Ce nouveau système induirait aussi la suppression du calcul sur la base des 6 derniers mois dans la Fonction publique, ou des 25 meilleures années du privé. Cela conduirait mécaniquement à une nouvelle baisse brutale des retraites.

 

Cette réforme « systémique » signifierait la fin de la répartition et des régimes spéciaux. Elle vise à instaurer la retraite par capitalisation. C'est pourquoi le Congrès condamne le système de retraites par points.

 

Le congrès de la FERC-CGT exige l'abrogation de la loi Sarkozy-Fillon-Woerth.

 

Il revendique :

* l'âge légal de départ à 60 ans à taux plein, ou après 37,5 annuités maximum, selon ce qui est le plus favorable aux salariés, pour tous, public et privé,

* la suppression de la décote,

* l'intégration des périodes d'études, de formation, d'apprentissage, d'activité professionnelle ou d'inactivité forcée dans le calcul des pensions,

* le retour au calcul sur les 10 meilleures années dans le privé * le maintien du calcul sur les 6 derniers mois dans le public,

* le maintien et l'amélioration du Code des pensions civiles et militaires,

* le refus de la création d'une caisse de retraite pour les fonctionnaires d'Etat,

* le refus de l'augmentation du taux de retenue pour pension des fonctionnaires,

* le maintien des droits pour les parents de 3 enfants,

* l'abrogation du décret Balladur de 1993 et de la loi Fillon de 2003.

 

La Ferc appelle l'ensemble des salariés de ses secteurs à poursuivre la lutte pour l'emploi, les salaires, la protection sociale et l'abrogation de la loi sur les retraites, pour l'ouverture de nouvelles négociations sur la base des revendications de la CGT.

 

Montdidier, le 26 novembre 2010

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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 00:07

 

  renault-douai-cgt.jpgLe 7 et 8 juin 2010 la firme Renault Douai vivait des élections professionnelles « historiques »… enfin pas vraiment !

 

Depuis le 8 juin, la CGT Renault Douai n’existe plus, parce que la liste n’atteint pas les 10 % requis (loi de représentativité oblige). Comment en est-on arrivé là ? Tout simplement en ayant deux listes CGT à l’intérieur de la même boîte !

Lors de ces élections, ce sont bel et bien deux listes issues de la même confédération qui sont entrées en concurrence. La première représentait le syndicat « historique », actif dans l’entreprise depuis quarante ans, et rassemblait 140 candidats et candidates différents. En réalité, cette liste était aussi celle de l’ancienne Union locale (UL), qui n’est plus confédérée depuis peu de temps. En face, une seconde liste, qui a débarqué sur place depuis quelques mois, composée d’une vingtaine de candidats, tous parachutés par la nouvelle UL [1].

La CGT n’est plus représentative

De procès en procès, des demandes de reconnaissance auprès de la confédération CGT ont été faites par le tribunal, mais elles sont restées sans réponse. Parallèlement, le battage médiatique a fini par tomber dans le ridicule. La confédération ne s’est pas mouillée, par peur de perdre des syndiqué-e-s. Et tout ça a poussé la justice bourgeoise à autoriser les deux listes aux élections, en laissant le principe de représentativité faire le reste. Les salarié-e-s choisiront !

Le choix oui, mais pour cela, il aurait fallu que chacun y comprenne quelque chose, et pas seulement les personnes directement impliquées dans ce conflit interne. En fin de compte, la division des voix et le rejet des salarié-e-s ont eu raison de la CGT dans son ensemble le jour des élections.

D’autres profitent de ce « bordel » : FO et CGC en premier lieu, qui arrivent en tête, et qui sont reconnus pour obéir au doigt et à l’œil à la direction. Mais Sud tire aussi son épingle du jeu, puisque le syndicat a récupéré les déçu-e-s de la CGT. Il faut dire que Sud a eu la meilleure stratégie, en soutenant la nouvelle liste CGT (confédérée), et non la liste historique. Sauf qu’idéologiquement, on a du mal à comprendre cette stratégie. La liste confédérée ne rejoint en rien les positions de Sud (sur la question de la lutte des classes, par exemple).

Pendant ce temps, l’autre liste CGT (historique) vit dans le passé : avec assurance, elle adopte des stratégies que l’armée rouge n’aurait pas reniées ! Aujourd’hui la situation est telle qu’il est impossible de penser à un rapprochement entre la CGT Renault Douai (historique) et Sud Renault Douai, car en dehors des différences idéologiques (qui n’existent pas vraiment d’ailleurs), c’est un problème entre individus qui se pose. Il faudra un temps non négligeable pour revoir un syndicat CGT digne de ce nom à Renault Douai.

Eddy.

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2 septembre 2010 4 02 /09 /septembre /2010 14:09

Logo-ULTourcoing.pngDocument d'orientation débattu et adopté lors du 21ème congrès de l'Union locale des syndicats Cgt de Tourcoing en juin 2010, il est une contribution assez pertinente au contenu, à la stratégie et à l'outil syndical nécessaires au combat des travailleurs. On retiendra en  particulier un réel soucis de répondre sur une base de luttes et de classe aux questions portées par l'orientation confédérale actuelle (syndicats de site, syndicalisation, syndicalisme rassemblé...) et une volonté d'articuler l'héritage Cgt d'hier avec les conditions politiques et économiques nouvelles, imposées par la mondialisation capitaliste.

Certes, il y a des manques involontaires ou volontaires (le rapport aux autres syndicats qui se revendiquent du syndicalisme de lutte de classe comme Solidaires par exemple). Certes, nous ne partageons pas la nostalgie qui peut parfois se dégager d'un âge d'or de la Cgt (celle de Krasucki). Pour autant, pour paraphraser la citation de l'ancien secrétaire générale de la Cgt, nous dirions que rien ne fait plus de mal aux travailleurs que le sectarisme. Il y a dans la Cgt, divers courants et sensibilités lutte de classe, plutôt que de les opposer, cherchons ce qui peut nous rassembler tant dans l'action syndicale que dans les débats.

Bonne lecture.

 

 

 

21ème CONGRES DE L’UNION LOCALE CGT TOURCOING

« Rien n’a fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l’unité, son motif le plus puissant. C’est pour la mener avec succès, en rassemblant l’ensemble des travailleurs, que fut créée la CGT. Or la lutte de classes n’est pas une invention, c’est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu’elle cesse : renoncer à la mener équivaudrait pour la classe ouvrière à se livrer pieds et mains liés à l’exploitation et à l’écrasement. » (Henri Krasucki, travailleur immigré, résistant, déporté, secrétaire général de la CGT de 1982 à 1992).

« La lutte des classes existe et c’est la mienne qui est en train de la remporter » (Warren Buffet, capitaliste, milliardaire, Etats-Unis). « L’Histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes. » (Karl Marx et Friedrich Engels).

La CGT, jusqu’à nos jours, s’inscrit dans cette Histoire. Créée en 1895, elle est alors LE syndicat des ouvriers, outil syndical pour mener la lutte des classes, obtenir par cette lutte des avancées sociales, alors que le but ultime de la CGT est de préparer les travailleurs à « abolir le salariat et le patronat », c’est-à-dire renverser le système capitaliste pour y substituer « la société libre des producteurs ». Depuis et jusqu’à nos jours, le Capital (les patrons) et ses représentants (politiques, syndicaux, etc…), qui eux mènent sans jamais y renoncer la lutte des classes, ont tout fait pour abattre ou attiédir le syndicalisme de classe et de masse qui, seul, menace leurs intérêts immédiats. Soit ils usent de la matraque, et c’est la droite, la Réaction, la soumission sans fard au MEDEF. Soit on use de moyens plus subtils. Répondant au doux nom de réformisme, la somme de ces efforts « subtils » s’incarne dans des politiques et des méthodes dont l’échec patent – du point de vue de la situation des travailleurs - permet toutefois, pour l’instant, de maintenir le système d’exploitation tout en semant des illusions parmi les travailleurs. Qu’elle soit ouverte ou masquée, la collaboration de classes livre pieds et mains liés la classe ouvrière à l’exploitation. On le constate à la fois dans les sphères politique et syndicale. Dans cette dernière, elle se manifeste par l’émiettement syndical, dans la création, au fil du temps, d’organisations syndicales réformistes dont le but historique est de contrecarrer le syndicalisme révolutionnaire CGT ; elle se manifeste aussi par le renforcement du réformisme à l’intérieur même de la CGT. Elle se manifeste enfin et surtout, dans la vie quotidienne des travailleurs, par l’existence dans les entreprises de syndicats « jaunes », c’est-à-dire de syndicats qui, ouvertement adeptes du « compromis » avec le patron, ne peuvent que sombrer dans la compromission avec le patron. Il y a là l’une des raisons premières de la désaffection des travailleurs vis-à-vis du syndicalisme, comme d’ailleurs du politique. La responsabilité en revient aux imposteurs qui, tout en ayant à la bouche « la défense de vos intérêts » servent dans les faits les intérêts des exploiteurs. Le réformisme a pénétré profondément dans les consciences et dans les pratiques, non sans contradictions : tant que les classes populaires voyaient, peu ou prou, leur condition s’améliorer, tant que la protection sociale et le plein emploi permettaient « d’oublier » la lutte des classes, le réformisme pouvait se prévaloir de quelques « progrès », redevables en fait aux luttes réelles des travailleurs ainsi qu’à un contexte mondial obligeant le Capital à « lâcher quelques miettes » ici, en renforçant l’exploitation des peuples du Sud.

Aujourd’hui, alors que le capitalisme traverse la crise la plus grave depuis celle des années 30, alors que le chômage massif et la précarité gangrènent le monde du travail, alors que la protection sociale (retraites, sécurité sociale, services publics…) est démantelée sous nos yeux, alors que les inégalités se creusent encore davantage, que le Capital se goinfre comme jamais, y compris en supprimant l’emploi, et que les travailleurs vivent à crédit, menacés de chuter encore plus bas, le réformisme, qui accompagne les choix capitalistes, révèle son vrai visage : plus qu’inutile, il est un frein aux mouvements sociaux qui seuls, peuvent construire un rapport de force favorable aux classes populaires.

Face à la colère qui gronde, face à la volonté d’en découdre, face à l’urgence d’une riposte, vécues par une partie de plus en plus importante des salariés, le réformisme propose une stratégie illisible, incompréhensible, où la mobilisation, à peine embrayée, est enterrée sous les fastes de « négociations » qui ne débouchent sur rien d’autre qu’un repli du réformisme sur lui-même, sur une fracture de plus en plus ouverte entre la « base » et le « sommet ». Le réformisme nous plonge dans l’impasse. L’argument massue du réformisme, c’est l’inertie des travailleurs, leur individualisation, la précarité et tout ce que le Capital a inventé pour nous diviser et nous éloigner du terrain de la lutte. S’il est apparemment plus difficile de mobiliser dans les conditions actuelles qu’en 1936 ou 1968, cela ne remet pas pour autant en cause la nécessité d’une lutte frontale, générale, organisée en conséquence, comme d’ailleurs l’exemple plus récent du LKP guadeloupéen l’a démontré. Ce que cela dit est qu’il revient à toute direction de tracer des perspectives, et c’est ce qui manque cruellement aujourd’hui, en particulier aux milliers de travailleurs isolés de fait dans leurs luttes, et aux millions de travailleurs qui attendent une perspective pour se mobiliser. Bien sûr, «il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour lancer la grève générale », laquelle ne « se décrète pas », évidemment. Néanmoins, on peut, on doit, préparer les conditions qui la rendront possibles, on doit et on peut fixer cet objectif, non pas par purisme révolutionnaire mais parce que tout, dans notre expérience, indique que là réside l’unique solution à la crise, et que toute hésitation, tout compromis négocié sur les bases de la bourgeoisie ne fait que reculer cette solution, ne fait que renforcer les forces les plus réactionnaires qui s’apprêtent à découdre tout ce qu’il nous reste d’acquis sociaux et politiques. Car, et il suffit de considérer le passé, la crise que nous vivons, ne se distingue en rien des précédentes, et ses mécanismes sont connus depuis le XIXème siècle. En période de crise, la bourgeoisie, qui, encore une fois ne renonce pas et ne renoncera jamais à mener la lutte, fait et fera tout pour maintenir et accroître ses privilèges, fait et fera tout pour faire payer les classes populaires. Licenciements, chômage, casse des droits et acquis à tout va, pour « sortir de la crise », la classe dominante ne peut et ne fait que nous y enfoncer davantage. Dès lors, la colère sociale, produit du désordre capitaliste, ne peut que s’amplifier, et la violence infligée aux masses ne peut que se manifester dans la vie sociale tout entière. La stratégie, la seule stratégie du Capital dès lors ne peut être que de dévoyer la colère et la violence des masses, en les dirigeant contre elles-mêmes. C’est là toute l’utilité du chauvinisme, du racisme, et de tous les ferments de division entre travailleurs que la bourgeoisie distille dans la société.

« Le capitalisme porte la guerre en lui comme la nuée porte l’orage ». (Jean Jaurès) Pour conquérir des marchés, étendre son influence sur la planète, ce système met le monde à feu et à sang, et met même en péril la survie de celui-ci. Pas une guerre ne cache, derrière de prétendus « chocs des civilisations » et des motifs nationaux ou religieux, des intérêts économiques bien réels. Même oubliées, même niées, ces réalités n’en demeurent pas moins.

Manifester la volonté d’amender ce système, de l’améliorer, par le « dialogue social » entre « partenaires », relève sinon de la trahison pure et simple, tout au moins de l’aveuglement. Le réformisme, en maintenant l’illusion du compromis, dans le contexte actuel, ouvre objectivement la porte aux perspectives les plus réactionnaires. Nous devons absolument voir ce qui se tapit derrière ces mots : c’est à un recul social sans précédent qu’il faut s’attendre, si nous, nous en tant que classe, ne sommes pas capables d’imposer un rapport de force sur le terrain de la lutte des classes.

« Les idées dominantes sont toujours les idées de la classe dominante ». (Karl Marx) Jamais encore le système capitaliste n’a disposé comme aujourd’hui des moyens d’imposer l’idéologie bourgeoise. Les choses seraient plus claires si les travailleurs se forgeaient leur jugement en fonction de leur situation réelle. Or, un bulldozer médiatique, piloté par le même patronat qui nous exploite, entretient parmi nous la confusion, le désespoir, le fatalisme, les illusions. Le crédit nous soumet, la publicité dévoie nos besoins, la télé nous abrutit. Face à notre situation réelle donc, se dressent de multiples obstacles nous empêchant de considérer le réel avec nos yeux, avec notre conscience de classe.

Le travail militant consiste dès lors en parallèle des luttes sur le terrain, à mener la bataille des idées, pour combattre la confusion et la résignation. Ce travail militant au sens large ne peut se faire qu’en acceptant par avance les conditions réelles auxquelles nous sommes confrontés, en partant du principe « qu’il faut fleurir là où l’on est ». Il faut combattre la confusion, les illusions réformistes, la résignation et le défaitisme, sans pour autant céder au dogmatisme et au sectarisme, sans s’isoler des masses et de leurs organisations. Une posture radicale, qui ne serait que posture, se dressant, irréductible, face au réformisme tel un chevalier blanc, sans dans le même temps construire dans les masses le rapport de force, déboucherait sur une stérilité tout aussi coupable que ce qu’elle prétendrait combattre. Pour être clair, c’est dans toute notre CGT qu’il faut mener la bataille des idées, c’est par la CGT que cette bataille, en dépit des contradictions, sera menée. C’est en portant fièrement les couleurs de la CGT, de son héritage et de ses valeurs essentielles, que nous pouvons mener ce combat efficacement.

Face à la casse sociale généralisée, face à ses effets sur les masses, nulle autre considération que l’exigence d’unité dans la lutte ne peut guider l’action de tout militant sincère, vivant parmi les siens les conséquences dramatiques du capitalisme destructeur.

Pour l’Union Locale CGT de Tourcoing, cette orientation générale s’inscrit dans une continuité, des origines marquées par les âpres luttes de nos anciens dans l’industrie, particulièrement textile, où le patronat souvent « paternaliste » imprime sa marque, à ce jour, où la désindustrialisation massive a diversifié le salariat, partagé entre industrie et services, marqué par la précarité, et qui continue de se confronter à la dureté des conditions de travail et à un patronat toujours aussi « moralement » exploiteur.

Cette orientation générale de notre CGT ne tient donc pas tant aux personnalités d’aujourd’hui et d’hier qui animent ou ont animé l’Union Locale, mais surtout au terrain des luttes économiques lui-même, qui imprime l’identité CGT ici, sur un territoire fortement ravagé par le chômage, la précarisation, et tout ce que cela entraîne dans la vie sociale. Les militants les plus engagés de la CGT sur Tourcoing sont les produits de cette réalité sociale, qui s’accorde mal aux pratiques clientélistes encouragées par certain patronat et certaines municipalités, en vue de garantir la « paix sociale ». Par rapport aux changements intervenus dans le paysage économique de notre territoire, avec les fermetures d’industries notamment textiles, la démultiplication des sites et enseignes appartenant pourtant aux mêmes capitalistes, l’atomisation d’une partie du salariat, le grand nombre de syndiqués « isolés » ; par rapport aux enjeux du travail féminin, de la question de l’accès des jeunes à l’emploi ET au syndicalisme, un grand nombre de questions sont posées au syndicalisme CGT, qui ont suscité de nombreuses réflexions à tous les échelons de la CGT. S’il nous faut adapter nos pratiques au contexte, et nous allons voir ce sur quoi s’engage notre Union Locale, il nous paraît nécessaire de « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain ». C’est-à-dire que sous couvert « d’adapter » nos pratiques syndicales et nos structures, il ne nous apparaît pas opportun de rejeter d’un bloc « les pratiques héritées du passé ». Qu’il faille tenir compte des transformations liées à la précarisation et d’une manière générale aux méthodes patronales imposées au monde du travail, c’est une évidence. Mais il faut dans le même temps se garder de jeter aux oubliettes les pratiques syndicales de nos aînés quand celles-ci, très nettement « de classe et de masse », ont démontré leur pertinence. L’analyse qui consiste à pointer du doigt les scléroses, les « archaïsmes » de la « vieille CGT », pourrait nous agréer si dans le même temps, une analyse sérieuse des orientations confédérales et de leurs effets sur les luttes et « le moral des troupes » était faite. Une critique des structures et méthodes héritées du passé nous agréerait si elle s’inscrivait clairement dans une optique de lutte de classes tournée vers la construction d’un rapport de force général sans concession.

Notre Union Locale, s’engage, en dépit des grandes réticences correspondant à la mise en place du Cogitiel et du Cogetise, à utiliser ces outils mis en place par notre organisation. De même, nous nous engageons à faire en sorte que nos syndiqués isolés s’organisent en syndicats en fonction du site et/ou des branches auxquel(les) ils sont liés. A inciter, dès que les conditions le permettent, les sections à se former en syndicats.

Notre Union Locale n’évacue pas les questions dites « sociétales », lorsque celles-ci, de toute évidence, affectent le terrain de la lutte. A ce titre, nous devons noter que l’engagement des femmes, sur notre territoire, est très marqué, dans les services, et y compris dans l’industrie. Il nous appartient collectivement de faire en sorte que la participation effective des femmes dans nos syndicats et sections, soit en quelque sorte reproduite à notre échelon. Beaucoup d’efforts restent à faire, et il convient d’encourager toutes celles qui se battent au quotidien, pour qu’elles prennent davantage de responsabilités. De même, si l’on se plaint souvent d’un certain vieillissement des cadres militants, on s’aperçoit que depuis quelques années, la participation de militants plus jeunes dans le syndicalisme CGT de Tourcoing et environs, est une réalité. Et la question d’un « conflit générationnel » dans notre CGT nous semble tout à fait minime et sans effet, dès lors que l’orientation est claire. Le capitalisme n’a pas changé au point de susciter des contradictions insurmontables entre les générations. Nous expérimentons cette évidence dans notre Union Locale au quotidien, où l’énergie de jeunes « nés dans la crise » et vivant dans la précarité, ne se trouve pas en contradiction avec l’expérience de militants plus âgés ayant connu des situations sensiblement différentes par le passé. Mais encore une fois, la réalité de l’exploitation capitaliste n’a pas connu une mutation qui justifierait une coupure irréversible entre classes ouvrières d’hier et d’aujourd’hui. Au contraire, il nous appartient de mettre en relief la continuité et de notre organisation, et de ses pratiques de lutte des classes, seules à même de répondre à la volonté affirmée de nos jeunes « d’en découdre ». L’enjeu de la formation syndicale, à cet effet, nous semble considérable. Notre Union Locale s’engage à multiplier les sessions de formation syndicale CGT, et, par le rajeunissement de fait de notre structure, à transmettre aux nouveaux les outils légués par les anciens. Dans le même esprit, notre Union Locale devra, comme elle l’a parfois fait, être capable d’organiser des rencontres-débats ouvertes au public, sur des enjeux importants. La place des travailleurs retraités est donc naturellement induite par la nécessité évoquée ci-dessus, qui donne à l’engagement de nos anciens une responsabilité particulière. La France de 2010 – et singulièrement notre territoire – présente un visage multiculturel, produit par une immigration qui, en particulier sur notre territoire, constitue un pan majeur de notre Histoire commune. Que notre CGT soit la maison de tous les travailleurs, sans exclusive, est heureusement un fait objectif. Chacune et chacun, dans l’entreprise, dans le quotidien, dans les luttes, partage de fait avec « l’autre » une seule et même réalité qui fait plus que tous les discours pour rapprocher les travailleurs partageant les mêmes intérêts, les mêmes problèmes, etc… Ceci dit, et parce que la bourgeoisie n’hésite pas à employer tous les moyens pour maintenir son emprise sur la société, parce que le racisme est une arme de destruction massive pour la classe ouvrière, parce qu’il permet de diviser ceux et celles qui ont tout intérêt à s’unir, nous avons le devoir de combattre ce racisme – ouvert ou masqué – de manière résolue, à chaque instant, et tout simplement par l’exemple, en affichant nos valeurs dans les faits. A ce titre, l’Union Locale de Tourcoing soutient sans réserve le combat légitime des sans-papiers, qui doit être un combat de « première ligne » pour l’ensemble des travailleurs. Chaque victoire du racisme d’Etat conduit à une défaite pour l’ensemble des travailleurs, dont les droits dès lors reculent. C’est à l’unité de l’ensemble des travailleurs que nous devons oeuvrer : malgré les difficultés, nous nous engageons à tout faire pour développer les Comités de Privés d’emploi. A tout faire pour unir dans de mêmes combats précaires et non-précaires (« moins » précaires devrait-on dire…). A tout faire pour travailler, d’ores et déjà dans le quotidien de notre U.L., à l’unité réelle du public et du privé. A combattre tout ferment de division, sur quelque base que ce soit. Nous n’oublions pas que notre CGT est internationaliste. Tout ce que l’on peut dire et éprouver sur la situation des travailleurs ici, se vérifie, souvent de manière encore plus crue, dans le monde entier. Le capitalisme est mondialisé, nos patrons sont bien souvent aussi les patrons de l’ouvrier roumain ou chinois, de l’employée marocaine, du travailleur agricole sénégalais. Le capitalisme, à l’échelle mondiale, fait jouer la concurrence entre travailleurs, considérés comme des coûts qu’il faut réduire. Plus les droits et intérêts des travailleurs sont attaqués dans tel ou tel pays, plus la situation générale des travailleurs partout se dégrade. Cet internationalisme est indissociable du combat contre la guerre, outil extrême aux mains des capitalistes, qui trouvent là moyen de sortir de la crise, de mettre la main sur des matières premières, de conquérir des marchés. Le combat contre l’impérialisme doit être nôtre, comme il le fut, comme le fut le combat contre le colonialisme. L’Union Locale de Tourcoing s’engagera dans ce combat, en soutenant les mouvements s’opposant à la guerre et à l’occupation, en affichant la solidarité des travailleurs d’ici avec les travailleurs d’ailleurs, soumis à la violence capitaliste et à ses formes militaires. Le constat du moment, qui montre l’accélération de l’offensive du Capital contre les travailleurs, ici, à Tourcoing et environs, mais aussi, de manière indissolublement liée, contre les travailleurs et les peuples du monde ; ce constat, qui montre l’impasse absolue du système économique que nous subissons ; ce constat, qui pointe du doigt nos propres difficultés à organiser une riposte à la hauteur, à gagner la bataille des idées, à sortir les travailleurs du pessimisme et de la résignation ; ce constat, pour autant, doit nous permettre d’agir, de militer, d’espérer, car il n’existe aucune autre solution que celle résidant dans ce combat-là. C’est parce que les camarades qui ont pris l’initiative de faire vivre l’Union Locale jusqu’à ce congrès étaient convaincus de cela, qu’ils ont pu continuer à faire exister la CGT à Tourcoing malgré l’absence de moyens et de perspectives immédiates. En mettant en place des permanences tenues chaque jour par des militants motivés, en faisant appel aux énergies, en travaillant à la reconstruction d’un mouvement de fond sur le territoire, ils et elles ont pu mesurer que, malgré les difficultés, la lutte paye. Seule la lutte paye, mais encore faut-il l’organiser. Cette difficulté demeure, mais elle n’est pas insurmontable, et notre UL fera tout pour convaincre ses syndiqués que tous ont leur place dans ce combat, que tous peuvent le mener, et que c’est même là, au-delà d’une nécessité collective, la possibilité d’un épanouissement individuel inédit. La particularité de l’UL de Tourcoing, à la fois dans son histoire et dans son fonctionnement plus récent, mérite d’être soulignée, car elle prouve qu’un syndicalisme indépendant peut exister. Nous proposons de continuer dans ce sens. Parmi les camarades impliqués dans l’UL, tous n’ont pas les mêmes centres d’intérêt : certains préfèrent s’investir dans la défense individuelle des salariés, d’autres sont plus à l’aise dans les conflits collectifs, certains développent des compétences juridiques indispensables dans la lutte, d’autres des expériences sur le terrain même de cette lutte collective, mais tous ont à coeur de faire en sorte que l’UL soit un lieu d’échange et d’expérience pour chacun et chacune, et que nous puissions dépasser nos limites individuelles en devenant une force collective. Dans les conflits collectifs nous continuerons à mettre en avant l’organisation du mouvement par les travailleurs eux-mêmes, en nous appuyant sur leur détermination à défendre leurs revendications. Ce qui veut dire chercher en premier lieu à impliquer l’ensemble des organisations présentes sur un conflit, travailler à leur unité, mais en imposant à toutes le contrôle et la direction des luttes par la base. C’est en rendant aux travailleurs la direction de leurs combats et non en le laissant aux mains de « spécialistes autoproclamés » que nous pourrons construire des bases solides et offensives. La nécessité d’un vaste mouvement d’ensemble est chaque jour plus évidente, l’organisation d’un mouvement de grève générale reconductible doit être au centre de nos préoccupations même s’il ne se décrète pas. Il est de notre devoir de veiller à son avènement, et la constitution d’équipes syndicales combatives, ainsi que l’organisation des précaires, participent à cet objectif. Nous ne saurions prévoir quand ce mouvement aura lieu, mais c’est en nous y préparant que nous serons en mesure de le mener à bien. Il fut un temps où le syndicalisme pouvait se contenter de gérer les CE en proposant aux travailleurs des vacances ou des loisirs bon marché. Aujourd’hui, c’est de la survie même des familles ouvrières qu’il s’agit. Ces activités, laissons-les aux syndicats réformistes et d’accompagnement. Disposer d’élus de combat est bien plus important pour les salariés. Dans les entreprises notre rôle est d’informer les travailleurs sur les problèmes de la boite, mais aussi sur les grandes questions d’actualités. Nous devons mettre en place des équipes qui diffusent la presse syndicale à la porte des entreprises quand cela ne peut être fait de l’intérieur. En instruisant les salariés, nous contrebalancerons l’information des médias au service du patronat, lesquels laissent les travailleurs sans réelle vision qu’un autre monde est possible et qu’il n’y a pas de fatalité. Il faut aussi que les revendications entrent dans les entreprises pour quelles deviennent celles de toutes et de tous : le Smic à 1600 euros, l’interdiction des licenciements, le droit à la retraite pleine et entière à 60 ans, le retour aux 37 annuités dans le public comme dans le privé, etc… Dans le combat contre la classe capitaliste, les travailleurs doivent montrer les dents pour se faire respecter, L’Union Locale CGT de Tourcoing ne sera pas une muselière. Voila les grands axes qui devraient guider notre action tout au long des prochaines années, avec le concours actif de l’ensemble des syndicats et syndiqués.

17 juin 2010.

Coordonnées: Union Locale Cgt de Tourcoing, 43 rue de Lille, 59200 Tourcoing. Tel/fax: 03 20 24 48 34.

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 21:39

Le dernier congrès de la CGT a marqué de manière plus affirmé une volonté de revenir à un syndicalisme de lutte, revendicatif, en rupture avec la complaisance de la direction actuelle. Il faut accompagner ce mouvement et l’aider à s’amplifier en profitant des prochaines échéances sociales. Une orientation syndicale résolument de lutte de classe est apparue au grand jour autour de la candidature symbolique de Jean-Pierre Delannoy au poste de secrétaire générale de la CGT. Lors de son dernier congrès confédéral, la CGT a fait ressortir cette tendance portée par une partie de syndicats et militants, qui pose une alternative à l’orientation d’accommodement au capitalisme de l’actuelle direction confédérale.

 

Dépasser le rassemblement purement conjoncturel

Elle ouvre sans doute de nouvelles perspectives pour toutes celles et tous ceux au sein de la CGT et en dehors qui veulent se doter d’une stratégie et de revendications capables de mettre en échec la politique du gouvernement et du Medef. Ce rassemblement conjoncturel et ponctuel doit trouver rapidement des suites, d’une part en termes de formalisation d’une alternative syndicale de luttes dans la CGT, et d’autre part en termes de développement de luttes dans les entreprises et les services publics. Ces luttes doivent avoir pour objectif de faire converger ces revendications et de fédérer leurs mobilisations respectives en un mouvement de fond d’ensemble. Plusieurs des structures et militant-e-s CGT qui sont sortis du bois ces derniers mois conviennent que l’échéance du 50e congrès de la CGT dans trois ans formera le point d’orgue qui déterminera laquelle des deux orientations sera validée par la CGT. Il sera question de savoir de quel poids toutes celles et ceux qui ne renoncent pas à un syndicalisme anticapitaliste et de luttes pèseront dans la balance. Beaucoup tombent d’accord aussi pour penser qu’il faudra solder les comptes et tirer un bilan des trois années écoulées. En effet, beaucoup ont en mémoire ce qu’a vécu la gauche syndicale CFDT à partir du milieu des années 1970 et sa lente et inexorable marginalisation au sein de cette confédération, passée d’un syndicalisme de luttes et autogestionnaire, à un syndicalisme jaune de collaboration de classe.

 

Repasser à un syndicalisme de lutte des classes

C’est donc bien sur le terrain des luttes des travailleurs, des chômeurs et de la jeunesse que vont se jouer les futures lignes de force. C’est pourquoi il est déterminant de ne pas en rester aux paroles et discours propagandistes sur le syndicalisme de lutte de classe mais bien de le faire vivre en actes, dans les villes, les départements et au niveau des entreprises. La prochaine réforme des retraites prévue après les élections régionales du mois de mars pourrait de ce point de vue constituer un premier test de la capacité de tous les syndicalistes de lutte à promouvoir une stratégie et des revendications capables d’entraîner une véritable mobilisation du monde du travail.

La question de la revendication unifiante doit se poser dès aujourd’hui, avec par exemple, la retraite à 60 ans à taux plein, intégrant 37,5 annuités pour celles et ceux qui en bénéficient encore. Ce qui n’est nullement contradictoire avec une retraite à taux plein à 55 ans pour les métiers pénibles (bâtiment, métallurgie, chimie, etc…). Pour cela, les divers collectifs CGT oppositionnels apparus ces dernières années, comme les divers courants et sensibilités politiques anticapitalistes dans la CGT ne peuvent attendre l’arme au pied en commentant l’actualité sociale. Ils et elles doivent rapidement se fédérer et entamer un vrai travail de mobilisation sur des bases de classe.

Des communistes libertaires de la CGT

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 01:04

 

49eme-congres-cgt-thibault.jpgLe congrès de la CGT, du 6 au 11 décembre, a été le théâtre d’une contestation montante contre la ligne Thibault. La direction a néanmoins fait voter une nouvelle orientation sur les retraites. Épreuve du feu cette année.


Qu’on le veuille ou non, la CGT reste une centrale syndicale incontournable dans la lutte de classe en France, et quoiqu’on pense de sa direction bureaucratisée, de ses trahisons, compromissions et autres avanies, elle compte à la base plus de syndicalistes de lutte que n’importe quelle autre confédération syndicale. D’où l’intérêt de sonder, à l’occasion de son 49e congrès, à la fois l’ambiance dans ses rangs, et les orientations avec lesquelles elle compte relever le défi lancé par Sarkozy sur les retraites en 2010.

Ambiance de stade de foot

Première constatation, et c’est une nouveauté symptomatique d’un climat de tension, les congressistes se sont souvent comportés cette année comme des supporters, huant, sifflant ou applaudissant à tout rompre telle ou tel orateur. La tribune, où se tenaient pas mal de responsables confédéraux, n’y a pas échappé. Rien d’étonnant donc à ce que Thibault ait décommandé Chérèque la veille de sa visite : ç’aurait été l’émeute. Ambiance étonnante donc, à moitié délétère, avec tout de même quelques purs moments de communion obligée, comme l’ovation unanime à la délégation de grévistes sans papiers.

Des oppos dans toute la salle ?

Dans un congrès de la CGT, pour éviter les débordements, la disposition des fédérations est hautement stratégique. Normalement on confine les trublions sur une aile pour que les protestations restent localisées. À Nantes, mauvais calcul : les délégations oppo sitionnelles (surtout Agroalimentaire et Chimie, mais aussi Organismes sociaux, Enseignement, Commerce, Finances et journalistes) étaient réparties dans toute la salle, amplifiant visuellement leurs protestations. Comme à l’accoutumée, les délégués oppositionnels se précipitent pour s’inscrire sur les listes de prise de parole qui sont, du coup, 9 fois sur 10 hostiles à la ligne confédérale. Jusqu’à ce que survienne une ou un délégué qui prend le micro pour défendre la ligne, sous un tonnerre d’applaudissements qui vient confirmer où se situe la majo.

Au vote, le rapport de forces se confirme : en moyenne, l’oppo pèse 23 %, les abstentions 7 %, la majo 70 %. Assis au premier rang, entouré de ses gardes du corps, Bernard Thibault ne se départit jamais de son calme olympien.

Qui sont les oppos ? Pas forcément nos amis, hélas. La fédé de l’Agroalimentaire par exemple, est totalement stalinisée. Au congrès, elle vote comme un seul homme contre la direction confédérale. Mais sur le terrain, elle ne se distingue nullement par sa combativité contre le patronat, ce qui permet à la confédé de suggérer qu’elle est corrompue.

L’événement Delannoy

Que penser du concurrent putatif de Bernard Thibault au poste de secrétaire général, Jean-Pierre Delannoy ? Plusieurs groupes oppositionnels avaient « investi » ce militant de la Métallurgie du Pas-de-Calais. L’opération était une bonne idée d’un point de vue médiatique. Mais elle avait été montée hors des délais de dépôt des candidatures. Delannoy, promis à faire zéro voix, était néanmoins présent et a répondu aux questions de nombreux journalistes curieux. Son nom a également cristallisé de la haine. Une haine qui en dit long sur les vestiges, dans la CGT, d’une culture stalinienne qui a pourri le mouvement ouvrier pendant plusieurs décennies : celui qui conteste doit être traîné dans la boue pour le seul fait qu’il conteste, qu’il divise, qu’il « fait chier ». On ne l’écoute pas, on n’argumente pas, mais on le couvre de ridicule, comme ces jeunes électriciens qui s’amusaient (hors séance) à inventer des chansons paillardes dont le malheureux Delannony était l’antihéros. Le pire étant que ces mêmes jeunes militants peuvent être d’authentiques syndicalistes de lutte, dont certains mis à pied par EDF suite aux luttes dures de ce printemps !

Structures et écologie

Depuis bientôt dix ans il est question de créer des syndicats « de site » ou « de zone » ou « multiprofessionnels » pour adapter la CGT aux mutations du salariat. Cela suscite la réticence des unions locales qui craignent d’être évincées au profit de ces nouvelles structures. Le 49e congrès ne marque pas d’évolution notable sur cette question.

Un fait peu remarqué, la CGT a commencé à Nantes à définir sa ligne sur la question écologique : non à une « décroissance » susceptible d’être mal comprise, mais oui à un « développement humain durable ». Une formule alambiquée qui correspond à la fois à une mise à jour de la CGT sur cette question, et à une adhésion à l’idée que le capitalisme étant indépassable, la seule chose à faire est de s’y adapter, comme l’ont dénoncé plusieurs délégué-e-s. Il y a là une ambivalence caractéristique de la façon de penser confédérale qui, pour être efficiente, doit convenir à une majorité des composantes de la CGT [1]. Il est possible que cette innovation annonce un travail plus approfondi au prochain congrès.

Retraites : virage sur l’aile

C’est fait : la CGT abandonne officiellement la revendication des 37,5 annuités. À la place, une revendication qui se veut unifiante : la « maison commune des retraites ». Il s’agit de revendiquer que le cumul des annuités débute, pour toutes et tous, à l’âge de 18 ans, qu’on soit salarié ou non. Moyennant quoi, la CGT accepte les 42 annuités, ce qui garantirait la retraite à taux plein à 60 ans pour tout le monde. Cet abandon d’une revendication-phare entérine six années de défaites et de reculs dans lesquels la direction CGT porte une lourde part de responsabilité avec sa stratégie dilatoire des « temps forts » et des « temps morts », et n’augure rien de bon.

Car même si ce nouvel axe revendicatif peut sembler plus parlant aux jeunes générations pour lesquelles les « 37,5 » appartiennent déjà au passé, qu’est-ce qui garantit que la CGT aura, davantage qu’en 2003, 2007 et 2008, la volonté d’un affrontement central avec l’État et le patronat pour les faire aboutir ? C’est cela la vraie question.

Cette question de la stratégie dans les luttes a justement fait l’objet d’âpres critiques lors du débat sur le rapport d’activité. Plusieurs délégué-e-s ont stigmatisé le refus de la confédération de coordonner les luttes contre les licenciements par exemple. Et là-dessus, aucune réponse ! Daniel Prada, chargé de répondre, s’est contenté de jérémiades : « Pouvait-on faire plus ? Pouvait-on faire mieux ? » S’il n’y avait pas eu les grèves de sans-papiers, la direction n’avait pas de bilan à défendre !

La bataille de 2010

2010 va être une année de bataille sur les retraites, encore une fois. Nicolas Sarkozy a déclaré à La Seyne-sur-Mer que le rendez-vous sur ce dossier serait « le marqueur de la volonté de réforme de la majorité ». L’objectif du gouvernement, c’est 42 annuités pour toutes et tous. Ça va donc être l’heure de vérité.

 

Le congrès CGT, c’était 982 délégué-e-s, à 50-50 du public et du privé. Les femmes étaient légèrement sous-représentées (35 %, contre 40 % dans le salariat) et les précaires légèrement surreprésentés (15 %, contre 13 %). Les ouvriers pesaient 30 % (contre 27 %) ; les employés et catégories intermédiaires 50 % (contre 59 %), les cadres 20 % (contre 14%).

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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 21:45

La CGT, ce n’est pas seulement Bernard Thibault et son staff. Ce sont aussi des milliers de militantes et de militants qui restent fidèles à la lutte de classe. Et c’est bien eux et elles qu’on a vus dans les luttes de ces derniers mois. Les oppositions de gauche au sein de la centrale sauront-elles trouver leur oreille ?

La CGT est souvent assimilée à sa direction confédérale et à son orientation actuelle et passée… comme si toutes et tous les militants et adhérents, syndicats et unions locales formaient un bloc monolithique. Il n’en est rien. Les récentes luttes dans l’automobile, sur le front des travailleurs sans papiers ou face au chômage – pour ne citer que les secteurs les plus emblématiques de ces dernières années – montrent qu’une autre CGT existe, une CGT combative et sans concessions à l’égard des gouvernements et du patronat. Certes, elle-même n’est pas exempte de critiques. Mais existe-t-il en France aujourd’hui, une organisation syndicale interprofessionnelle qui, à la fois, possèderait une réelle audience auprès des travailleuses et des travailleurs, en particulier dans le privé, et présenterait un modèle d’organisation véritablement alternatif ?

Le bilan globalement négatif des mobilisations sociales de l’année écoulée pèse fortement dans la préparation du 49e congrès confédéral de la CGT de début décembre.

Mais l’arithmétique des votes à ce congrès ne permettra pas de faire une cartographie réelle de la CGT. La combinaison de plusieurs facteurs – mode de désignation des délégué-e-s, débats très inégalement menés dans les syndicats, etc. – brouillera la réalité des rapports de forces internes. D’autant plus que ces derniers sont nécessairement « mouvants » entre (pour faire court) les partisans d’un syndicalisme d’accompagnement et ceux d’un syndicalisme de lutte de classe qui veut s’adresser aux salarié-e-s dans toute leur diversité.

 

Une arithmétique trompeuse

Si la première option est désormais l’orientation majoritaire de la CGT, une minorité significative de syndicats, d’unions locales, de militantes et de militants ne s’y retrouvent pas. Reste à savoir laquelle des deux sensibilités anime sur le terrain les luttes collectives ; laquelle cherche à développer la solidarité et l’entraide interprofessionnelle ; laquelle est capable de porter un projet alternatif au capitalisme mondialisé et à ses institutions étatiques ou supranationales.

Il est vain de vouloir gagner des camarades à une orientation de lutte de classe uniquement par le débat d’idées… mais en restant extérieur aux luttes menées. Il est plus percutant de poser les questions de stratégie syndicale lorsqu’on est de plain-pied dans la lutte.

 

Investir le militantisme syndical

Dans ce sens, l’essentiel n’est-il pas, pour les anticapitalistes au sens large, d’investir le militantisme syndical ? N’est-il pas essentiel qu’ils et elles soient moteurs, par une démarche véritablement démocratique – exempte de toute logique manipulatrice –, de véritables débats avec les autres syndicalistes, quelles que soient les idées politiques ou philosophique de chacune et de chacun, le degré de politisation ou de conscience de classe ?

Une question revient sempiternellement : celle de l’organisation d’une opposition à la ligne majoritaire de la CGT. Cette question ô combien centrale est posée avec d’autant plus de force que le monde du travail est sur la défensive, que le syndicalisme dans son ensemble paraît tétanisé et prêt à rendre son « âme combattante ». Divers courants et sensibilités oppositionnelles existent dans la CGT. Ils tentent de s’organiser (cf. Alternative libertaire d’octobre 2008). Pour autant, l’une des difficultés majeures est celle de leur expression. De nombreuses et nombreux militants ne veulent pas apparaître comme jouant le jeu de la division et du fractionnisme. À juste titre d’ailleurs. Pour autant, on ne peut plus faire l’économie d’un débat le plus large possible, où toutes les orientations seraient mises sur la table. La critique dans les couloirs des locaux syndicaux n’est plus de mise. Sauf à constater amèrement, année après année, le rétrécissement de la marge de manœuvre de celles et ceux qui se battent pour un syndicalisme de lutte de classe et interprofessionnel.

Des militant-e-s communistes libertaires de la Cgt

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:55

 Le rapprochement entre la CGT et la FSU est à l’ordre du jour. Par-delà les manœuvres d’appareils, se profile un problème de fond, que les bureaucraties syndicales voudraient éluder : sur quelles bases construire l’unification syndicale, pour contribuer à un mouvement social d’ensemble, plus que jamais nécessaire ?

Alors que les personnels de l’Éducation nationale se débattent entre fatalisme morose et résistances dispersées, face aux contre-réformes libérales ou réactionnaires, le problème de l’efficacité de l’outil syndical et de son unité, est revenue dans les débats de la dernière année scolaire. De façon surprenante, la question n’a pas été posée dans les rangs du syndicalisme de lutte et interprofessionnel, mais lors d’un congrès national du Snes, premier syndicat de l’enseignement secondaire, pilier de la FSU, première organisation syndicale de l’Éducation nationale - incontournable à ce titre.

 

Convergence bureaucratique ?

Les délégué-e-s ont voté une motion de partenariat privilégié avec la CGT, en prenant acte de ce qui se passe déjà dans la réalité. Les débats ont révélé une tendance nette à un rapprochement plus poussé avec la centrale de Bernard Thibault – l’unification syndicale de la FSU avec la CGT ayant par ailleurs été soutenue par une forte minorité, mais rejetée devant les réticences d’une partie de l’appareil du Snes. Cela ne manquera pas de créer quelques remous au sein de la CGT-Éduc’action, où un nombre minoritaire mais significatif de syndicats départementaux se situe souvent dans une perspective bien plus combative qu’à la FSU.

Si la division et le nombre incroyable de syndicats dans l’Éducation nationale (il en existe pas moins de 19 !) sont un frein à la construction de mobilisations sociales d’ampleur, on ne peut pas pour autant se borner à envisager le sujet sous l’angle strictement organisationnel, sauf à considérer que l’ensemble du syndicalisme enseignant suivrait une même ligne, dans les revendications comme dans la stratégie de lutte, dans la conception de la démocratie syndicale comme dans les relations avec les personnels. À cet égard, le rapprochement FSU-CGT est marqué du sceau d’un syndicalisme bureaucratique de négociation, capable de mobiliser les salarié-e-s quand leurs « généraux » l’ordonnent. Il est aux antipodes de ce pour quoi nous combattons.

 

L’unité par les luttes

Si nous sommes partisans de l’unification syndicale, c’est sur des bases de lutte de classe (primat des luttes et de la confrontation comme stratégie revendicative), sur des bases démocratiques (contrôle des syndiqué-e-s sur leur syndicat et des personnels sur leurs luttes) et sur des bases interprofessionnelles (en considérant, contre le credo capitaliste, que notre projet d’école concerne l’ensemble des travailleurs et des travailleuses).

Nous insistons sur ces trois aspects non pour chercher absolument à cliver, mais parce que nous considérons qu’ils sont au cœur des luttes de ces dernières années et qu’ils déterminent le profil de l’organisation syndicale à construire : un outil collectif pour les salarié-e-s, qui fait cruellement défaut dans l’Éducation nationale.

 

Des syndicats fragmentés

Aucune organisation syndicale ne peut en effet se prévaloir aujourd’hui d’être un exemple de ce qu’il faudrait faire. Aucune n’a la capacité de mobiliser significativement les personnels, sur des logiques anticapitalistes et autogestionnaires. En revanche, on rencontre à la FSU, à la CGT, à Sud, à FO… des équipes militantes qui œuvrent à un syndicalisme de combat, démocratique et interprofessionnel. Des équipes opposées au syndicalisme de cogestion, de dialogue social et enfin d’accompagnement des régressions sociales et éducatives. Or, celles-ci reproduisent la plupart du temps les mêmes logiques de division et de compétition stérile que les bureaucraties syndicales entretiennent entre elles. Il faut rompre avec cet état d’esprit.

Ermon.

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 14:51

Autoproclamé météorologue des luttes sociales, Bernard Thibault nous promettait au printemps dernier un automne chaud. À défaut de rentrée sociale digne de ce nom, où en sommes-nous réellement du réchauffement des températures sur la planète CGT ?

Pendant longtemps, l’image de la CGT a été celle d’un organisme monolithique appliquant avec une certaine invariance une ligne politique fixée ailleurs qu’en son sein. Y a-t-il encore aujourd’hui une ligne confédérale que symptomatiseraient les glissements réformistes de ces dernières années ? Il semble plutôt que le bureau confédéral a comme souci majeur la survie de l’appareil, débouchant sur un positionnement politique fluctuant et une peur phobique de l’isolement.

Ont-ils vraiment tué le père ?

Pour comprendre cette situation, revenons sur les hommes et les femmes qui animent les organes de direction des structures territoriales, professionnelles et confédérales de la CGT. Ils et elles partagent dans leur grande majorité une même formation, articulée autour du rapport au PCF, et un même traumatisme, celui du début des années 1990, qui les a convaincus que la survie passait par un éloignement calculé par rapport à la matrice communiste. On retrouve ainsi aux postes de direction un grand nombre d’anciens communistes, méfiants voire œdipiens à l’égard de leur milieu originel. Dans le même temps, il leur est difficile de se départir rapidement de réflexes qui ont conditionné leurs pratiques syndicales. Il en est ainsi de la légendaire courroie de transmission : dans une version plus souple que par le passé, la direction cherche toujours à mimer l’organisation politique la plus influente de la gauche : hier le PCF, aujourd’hui le PS, demain le NPA ?

Conjuguées à un réformisme encore mal assumé, nombre d’orientations peuvent être analysées comme visant à assurer la survie de l’appareil et le leadership de sa direction : l’adhésion à la CES et à la CSI, le primat de la négociation et de la politique contractuelle sur les autres formes d’action, le partenariat fluctuant avec la CFDT, la position commune sur la représentativité. À l’autre extrême, la présence dans des luttes jugées médiatiquement porteuses ou politiquement gagnables (le CPE hier, Edvige aujourd’hui) ou le soutien aux luttes des travailleurs sans papiers, peuvent également s’entendre comme une volonté de renforcer numériquement l’organisation. On bétonne au sommet et on élargit la base pour fournir l’armée de militantes et de militants.

Géographie politique de la CGT

Devant cette ligne à géométrie variable se dressent trois grandes catégories d’opposition internes : les oppositions « intégrées », les oppositions de fractions et les oppositions de base.

Les oppositions « intégrées », au teint légèrement moins réformiste que l’actuelle tendance majoritaire au bureau confédéral, constituent un attelage composite de militants en situation de responsabilité, soucieux comme la majorité de préserver leurs positions et l’appareil. Ces opposants « raisonnables », très présents au CCN, parmi ces cadres intermédiaires qui ont emporté le vote Non au TCE en 2005, refusent cependant tout dérapage vers ce qu’ils identifient comme de l’aventurisme gauchiste. Les oppositions « intégrées » vont ainsi de Maryse Dumas, numéro 2 de la CGT, à la très stalinienne fédération de l’Agroalimentaire en passant par Didier Le Reste, le patron buffettiste de la fédération des Cheminots ou les unions départementales « mouvementistes » de Paris ou des Bouches du Rhône.

La deuxième catégorie d’oppositions englobe les fractionnels coordonnés en plate-formes : Continuer la CGT, constituée en 1995 autour de communistes orthodoxes, Où va la CGT ? dont le blog est animé par des militants maoïstes de Voie prolétarienne, le Courant intersyndical lutte de classe et antibureaucratique aux mains des trotskistes du CRI, le Courant syndicaliste révolutionnaire, relativement figé sur la revendication de l’héritage de la CGT d’avant 1914.

La troisième catégorie d’opposants internes, plus vaporeuse mais plus massive, s’articule autour des initiatives de militants de base, de syndicats d’entreprises, voire d’unions locales, excédés par les renoncements et les atermoiements des directions. Parmi les dernières en date, l’appel « trans-syndical » de militants d’Ille-et-Vilaine (voir ci-dessous), les prises de position de syndicats, voire d’unions locales, interroge les orientations fixées par la confédération. Beaucoup de militants orphelins d’organisations politiques se retrouvent derrière ces mobilisations, de loin les plus intéressantes pour les communistes libertaires actifs dans la CGT. A la condition de se coordonner et de gagner en visibilité et en résonance, ces initiatives peuvent éviter à la planète CGT de se prendre dans les glaces du réformisme d’accompagnement social.

Isidora Navarro 

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