Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Presentation

  • : Communistes Libertaires de la CGT
  • Communistes Libertaires de la CGT
  • : Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
  • Contact

Retour à l'accueil

Recherchez Sur Le Blog

QUI SOMMES NOUS ?

Ce blog est l’outil d’expression de communistes libertaires qui militent à la CGT, où ils défendent une perspective de renouveau du syndicalisme révolutionnaire, mouvement fondateur de notre confédération, et l’unification d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. 

Nous combattons l'orientation confédérale actuelle de la CGT et agissons pour qu'une alternative à cette orientation émerge. Nous ne nous revendiquons d’aucune tendance ou fraction formalisée au sein du mouvement syndical. 

Pour autant, le tournant pris par notre confédération ces dernières années vers un syndicalisme d’accompagnement, voire de cogestion, nous incite à constituer un front syndical commun avec tous et toutes celles qui se réclament et pratiquent la lutte de classe, professionnelle et interprofessionnelle, autour des revendications et la lutte pour les faire aboutir. 

Attachés à la démocratie syndicale et au fédéralisme qui restent de mise au sein de la Cgt, respectueux du mandat donné par les adhérents et adhérentes des structures auxquelles ils et elles participent, les communistes libertaires relèvent d’un courant fondateur et constituant de la Cgt. 

Les syndicats, forme première d’organisation d’une résistance ouvrière, ont un caractère double et contradictoire. 

Organisations de masse ayant vocation à regrouper tous les exploités autour de leurs revendications immédiates, elles restent soumises à la domination politique d’un patronat qui les pousse à une plus grande intégration à l’appareil d’Etat. 

Dans cette bataille qui n’est pas qu’idéologique, nous ne partageons pas l’idée qu’il y aurait de mauvaises directions corrompues face à une base adhérente dont la « pureté » n’égalerait que la volonté d’en découdre. 

Bien au contraire, il existe à tous les niveaux de nos organisations une contradiction entre un syndicalisme de classe dont l’objectif est de mettre fin à l’exploitation capitaliste et un syndicalisme d’accompagnement dont la finalité réside dans l’adaptation du monde ouvrier qui produit les richesses à l’économie de marché globalisée qu’on voudrait faire paraître indépassable. 

C'est pourquoi nous n'entendons pas oeuvrer en simple opposition à nos directions actuelles mais en alternative à celles-ci, pour l'unité du mouvement social. 

Pour tout contact avec les communistes libertaires de la CGT : 

          communisteslibertairescgt@gmail.com

Archives

Liens De Nos Amis

6 janvier 2015 2 06 /01 /janvier /2015 16:38

Nous vous renvoyons à la lecture d'un article paru sur le site d'Alternative libertaire :

 

http://www.alternativelibertaire.org/?La-CGT-a-un-carrefour-historique

Repost 0
Published by Communistes libertaires de la CGT - dans Vers le 51° Congrès
commenter cet article
11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 00:32

Le CCN n’a pas pu débattre de rien, et surtout pas de la riposte indispensable. La fonction et la crédibilité de notre syndicalisme sont ainsi mises cause.  C’est pourquoi le secrétariat de la Filpac CGT adopte le présent texte d’orientation intitulé « le syndicalisme dont nous avons besoins. »

C’est pourquoi le secrétariat de la Filpac CGT adopte le présent texte d’orientation intitulé « le syndicalisme dont nous avons besoins. »

 

LE  SYNDICALISME DONT NOUS AVONS BESOIN 

 

Le programme du capitalisme à l’ère de la mondialisation libérale est limpide et étalé sans détour : le service de la finance et de la dette financière privée, transformée de façon volontaire en dette publique, est la priorité absolue, comme en Grèce. Un seul acte guide la Troïka Hollande-Medef-Union européenne, raboter le coût du travail et agir pour la protection des profits. En témoigne le récent calendrier commun à l’assemblée nationale, aux mesures gouvernementales et au programme du patronat. Il n’est question que de suppression, destruction, régression de l’édifice social, toutes choses renommées « réformes », le tout couvert par les chants néofascistes des Zemmour, Le Pen, Dieudonné, Soral et autres Moati.

Cette époque incertaine, où la limite entre le mort et le vif semble hésitée, proclame moins que jamais l’immortalité de la CGT, dont l’existence est mise en cause et hypothéquée également de l’intérieur. Trop d’actes commis au sein de notre confédération portent atteinte à l’autorité du syndicalisme et relèvent du défaut d’orientation ou d’une orientation non débattue mais imposée et pratiquée. Les postures d’égos monstrueux atteignent des sommets grotesques.

Tous ces actes, qui éclaboussent la CGT entière, dont la presse se délecte depuis bientôt cinq ans, handicapent l’intervention de nos militants et l’efficacité de nos syndicats. Nous sommes forcés de pratiquer une défense particulièrement serrée notre fédération, donc élever sans délai la voix sur nos orientations, librement et démocratiquement adoptées.

Aucune de nos organisations n’a voté pour cette orientation qui consiste à ne pas répondre aux attaques centrées sur les destructions sociales, aucune de nos organisations n’a déterminé une attitude de protection du gouvernement et appelé de ses vœux un recentrage centralisateur à son service, aucune de nos organisations n’a décidé de se mettre en veilleuse dans l’attente des hypothétiques élections de 2017.

L’immobilisme mis en place à l’insu de nos organisations laisse le terrain libre à un Medef et une CGPME qui manoeuvrent pour mobiliser des salariés sur les revendications des employeurs. De la même façon la paralysie syndicale ouvre la voix à des formations de droite et d’extrême droite, dont le FN, lesquelles veulent remplacer la lutte des classes par les affrontements ethniques et religieux.

1. La Filpac CGT forme l’hypothèse pour l’avenir immédiat que la stratégie du choc pratiquée par le libéralisme mondialisé n’est pas l’horizon indépassable du capitalisme en guerre contre tous les peuples. La crise du capitalisme engendre de telles contradictions, comme ces inégalités sociales devenues abyssales, qu’elles vont provoquer le retour des révoltes populaires, ouvrières et de la jeunesse.

Par là la Filpac CGT tourne le dos au programme commun patronat syndicats de juin 2011. Ce pacte à vocation durable est une reddition par laquelle trois confédérations épousent la cause du patronat, nommée « compétitivité » et qui veut dire en fait « concurrence ». La CFDT convertie aux petites vertus du libre échange pratique un syndicalisme rassemblé autour du Medef, de l’UPA et de la CGPME. Et l’hyper centralisme des fonctionnaires confédéraux parachève la rupture avec la CFDT née en 1964.

C’est ce système de collaboration étroite qui a circonvenu et confisqué les rapports sociaux au point de faire de la centrale de Berger une espèce de syndicalisme d’Etat, de comparse, au cœur des institutions, tant françaises qu’européennes. Les dégâts sociaux majeurs nommés ANI portent sa marque. Ce bloc ainsi constitué force à poser en termes différents les rapports entre confédérations. Inutile de le nier. Il est utile en revanche de constater que de ce fait le champ des négociations se réduit à l’entreprise, et bien souvent sur des ordres du jour préparés par les compères du bloc Medef-CFDT.

Ce n’est vraiment pas le moment de rallier le camp du capitalisme national contre les autres capitalismes ! Non, l’Union sacrée, telle celle de 14-18,  n’est pas à l’ordre du jour ! Et personne, ni à Toulouse au 50e congrès ni au congrès de la Fédération ou de ses syndicats, n’a opté pour ça. Il s’agit au contraire de construire un syndicalisme internationaliste qui déjoue la mise en concurrence de tous les salariés avec tous les autres.

Le syndicalisme de la Filpac CGT ne marche pas aux côtés du patronat tricolore. Nos objectifs revendicatifs doivent répondre à la mise en concurrence des salariés entre eux au plan européen en particulier. C’est pourquoi la Filpac CGT veut forcer le blocus de l’Union européenne s’agissant d’un SMIC européen, d’un droit continental universel à l’emploi, de droits protecteurs du contrat de travail, de l’extension continentale du principe de sécurité sociale, etc.

Notre horizon syndical ne saurait se réduire aux bornes désuètes d’un capitalisme hier encore basé sur un Etat-Nation présenté comme providence, tombé en partie sous les coups de l’extension planétaire du marché. Les sociétés transnationales dominent le pays, sont plus puissantes que l’Etat lui-même, se moquent de la République. Elles organisent des chaînes de valeur qui se rient des frontières et des continents. La récente mise au jour des circuits financiers passant par le Grand Duché du Luxembourg, impliquant des centaines de multinationales de premier plan, montre à quel point note syndicalisme doit prendre la mesure de la dimension internationaliste.

C’est en ce sens que nous combattons ceux pour qui les couleurs du drapeau et de la peau surpassent l’appartenance de classe. Nous visons les activistes de cette idéologie racialiste, qui s’étend des droites à la nébuleuse des extrêmes droites.

2. La Filpac CGT ambitionne de renforcer la détermination des adhérents et militants, et de redonner confiance aux acteurs de l’émancipation sociale, aujourd’hui encore sidérés par l’ampleur de la crise et la violence de la stratégie du choc libéral.

Le syndicalisme dont nous avons besoin établit la transformation sociale comme la clé de la reconstruction syndicale. Il ne s’agit pas, au moyen d’une chaîne d’arpenteur, de délimiter le terrain de jeu du syndicalisme en regard de celui d’un parti politique. Ce jeu de société n’a plus cours eu égard aux accidents et crash des partis politiques.

En effet, au chapitre national de la violence du choc libéral s’inscrit la gauche de gouvernement qui a su rallier les suffrages majoritaires pour les verser au compte du capital qu’elle sert avec un zèle de nouveau converti. Ce que d’aucuns appellent « trahison » est la cause majeure du désarroi social : en France, c’est par cette gauche-là, sous Mitterrand comme sous Jospin et Hollande, que la « grande transformation » libérale s’est opérée. Et non sous les traits brutaux de Pinochet, Reagan ou Thatcher. Et c’est encore grâce à cette gauche du même métal que le libéralisme sarkozyen a pu survivre au rejet de Sarkozy.

Dès lors l’extrême droite, c’est-à-dire le parti des inégalités de nationalité, de race et d’origine ethnique, prétend remplacer l’appartenance à une classe solidaire par une prétendue préférence nationale, c’est-à-dire la guerre des « Français de souche » contre le reste du monde. L’habileté du FN consiste à présenter ce bastringue antique de l’extrême droite historique comme une nouvelle réponse à la crise.

Notre orientation vers la transformation sociale doit être dessinée de façon beaucoup plus précise et déterminer des tâches pratiques à mener à bien. Le constat est mille fois dressé que le succès du FN est d’abord fondé par sa réussite à se faire passer pour un parti « antisystème », différent donc des partis traditionnels tous mouillés dans les affaires. Qu’en déduire, sinon l’hypersensibilité d’une part croissante du peuple à l’impératif de sortie du système ?

Dès lors, notre syndicalisme aux statuts orientés vers la construction d’une société de satisfaction des besoins de tous, doit de toute urgence présenter cet horizon d’émancipation social pour répondre aux attentes et transformer l’exaspération, la peur et les crispations raciales vers la lutte collective orientée vers cet objectif.

L’isolement des équipes syndicales dans l’entreprise, aux prises avec un patronat qui pense global et agit local, sera brisé par des dispositifs de solidarité, dont le moteur sera mis en route par de grands objectifs. Il n’est plus possible d’enfiler les échecs depuis 2010 et le mouvement des retraites sans modifier les termes de notre combat. Ressasser les échecs ne peut conduire qu’à l’état actuel d’une maison confédérale en proie à des mouvements browniens, abscons parce qu’étrangers au monde des préoccupations sociales.

Si bien que nous arrivons à la croisée des chemins : ou bien les PSE succèdent aux PDV et aux ruptures conventionnelles sur fond de restructuration permanente et de reculs sociaux, ou bien nous parvenons à faire en sorte que le salariat relève la tête. Se redresser consiste à faire vivre un idéal, un objectif historique, qui se nourrit plus des combats à venir que des nostalgies des gloires passées, dont la mémoire s’estompe. Cet idéal ne peut être décrété, mais construit par l’effort collectif des militants engagés dans la CGT à en définir les mots, les slogans, les symboles.

Il combine la perspective concrétisée de l’émancipation sociale avec les revendications immédiates à satisfaire sans délai, de toute urgence. « Le syndicalisme est né de la double volonté des salariés de défendre leurs intérêts immédiats et de participer à la transformation de la société », indique la toute première phrase des statuts confédéraux, qui n’a pas pris une ride.

La meilleure des commémorations des 120 ans de la CGT revient à lui restituer une identité d’organisation toute entière tournée vers une jeunesse méfiante à son égard, ayant intériorisé le désastre social en cours, mais disponible à bien des engagements altruistes pour peu qu’on sache les solliciter.

3. L’avenir de la Filpac CGT, fruit de la fusion de la FTIP et de la FFTL, se définit-il uniquement par l’extension de son champ de compétence dans les filières professionnelles ? En partie, bien sûr, et ce sera au congrès prochain d’en définir les développements et les contours.

Pour autant, la Filpac CGT, lors de ses deux derniers congrès notamment, porte une réponse syndicale au carrefour du fédéralisme des statuts confédéraux et des capacités de rebond dans un capitalisme qui use du numérique comme d’une machine à remplacer le travail vivant, tant manuel qu’intellectuel. Cette réponse doit être versée au nécessaire débat de toute la CGT.

L’article 21 des statuts en vigueur est ainsi libellé :

« Les relations entre organisations de la CGT sont fondées sur les principes de la démocratie syndicale et du fédéralisme. Toutes les organisations qui la composent :

- disposent d’une pleine autonomie d’expression, de décision et d’action, dans le respect des présents statuts ? ;

- recherchent entre elles, en permanence, la coopération, la complémentarité avec les autres composantes de la CGT, la prise en compte des intérêts communs à l’ensemble des salariés. »

 

L’état actuel du syndicalisme confédéré est à ce point préoccupant que la Filpac CGT doit relever le défi. Notre ambition est que les équipes militantes et les adhérents de notre fédération élaborent, précisent et propagent notre conception d’un syndicalisme de revendications et de transformation sociale, versé comme contribution à la renaissance syndicale.

Nous définissons ce travail de reconstruction comme majeur, il y a urgence. Les rendez-vous ratés sur de grandes questions, comme les attaques portées à la protection sociale, au contrat de travail, au salaire et à l’emploi, se combinent avec des éclats publics issus d’une superstructure confédérale tournée sur elle-même.

Nous avons un rôle à jouer. Doivent s’ouvrir des lieux de réflexion, d’échange, qui combattent la régression de la pensée syndicale actuelle. Notre beau souci ne consiste pas à savoir de quel équilibre sera fait le sommet du sommet ce soir ou demain matin. À l’inverse, nous voulons communiquer nos solutions, les confronter, les passer au tamis de la critique collective, de façon que le grand corps malade du syndicalisme de combat, d’action, de solidarité et d’unité reprenne force et vigueur.

Nous devons prolonger notre lucidité syndicale par des initiatives de rassemblement. Dans la fédération, les orientations adoptées par le plus grand nombre doivent être portées au quotidien par le plus grand nombre. Entre objectifs immédiats exprimés sous forme de revendications et objectifs généraux azimutés vers la transformation sociale, l’écart doit également être réduit.

Le fédéralisme stipule que nous sommes régis par nos statuts et que nous avons des obligations bien définies à l’égard de la confédération. S’il n’indique pas le chemin, il ne saurait être traduit par « vaquons à nos occupations en attendant des jours meilleurs. » Les lendemains ne seront radieux que si nous faisons briller le soleil, et non en nous réfugiant dans l’ombre.

La seule façon d’aider la CGT à se frayer un chemin vers son avenir, c’est d’unir ses forces pour réussir un congrès confédéral qui tranche la question décisive d’une orientation précise et partagée dans la crise durable du système politique et économique.

Quoi qu’il en soit, ouvrons le débat. Et, surtout, ne le fermons pas avant longtemps !

Repost 0
Published by Communistes libertaires de la CGT - dans Vers le 51° Congrès
commenter cet article
7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 00:18

Le compte-rendu officiel fait par le Bureau confédéral de la séance du 30 octobre a de quoi inquièter les militants. L'offensive patronale est énorme, cherchant à réduire les IRP;  voulant boulverser la hiérachie des normes et mettre au centre la négo d'entreprise au détriment des garanties légales ou conventionnelles. Ce qui en clair signifie que dans toutes les entreprises dépourvues de résistance syndicale puissante, les patrons imposeront leur loi.

 

Certes l'ensemble des confédérations semblent repousser le texte patronal. Mais c'est pour mieux se caler sur les propositions du gouvernement Valls/Hollande !!!

 

Citons la phrase du compte-rendu :

"Les Organisations syndicales ont unanimement refusé que les négociations se poursuivent sur la base de ce texte et ont souhaité repartir sur la base du document d’orientation du gouvernement."

Qui peut penser sérieusement que le gouvernement ne tranchera pas cette négociation en faveur du patronat même s'il ne lui accorde pas 100% des revendications du Medef ?

Encore une fois la ligne du Bureau confédéral est celle d'un accompagnement "sauce CFDT" alors qu'il nous faudrait une ligne de combat. Plus que jamais la direction confédérale semble déchirée entre la faction pro-CFDT et la faction pro-immobilisme. La construction d'une alternative clairement lutte de classe d'ici le prochain congrès devient un enjeu de plus en plus incontournable.

Repost 0
Published by Communistes libertaires de la CGT - dans Vers le 51° Congrès
commenter cet article
21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 16:09

Nous reproduisons ci-dessous l'interview du secrétaire général de l'UD 13 qui porte sur la construction d'un front social et le rapport aux organisations politiques. De toute évidence ces débats vont s'appronfondir dans les mois qui viennent et devront trouver une conclusion au 51° congrès (au plus tard...) :

 

Jean-Marie Battini – Peux-tu nous donner les raisons qui ont poussé la CGT 13 à mettre en place ce processus de convergence  ?

Olivier Mateu – Après le congrès de l’UD 13, une première réflexion sur la situation dans le département a confirmé que l’industrie et les services publics allaient particulièrement souffrir des politiques mises en place. Il y avait donc nécessité d’organiser le combat sur les droits des travailleurs, l’emploi, et autres revendications. Les mesures gouvernementales nous ont hélas donné raison.

Il y avait aussi urgence à ne pas rester isolé. Dans le mouvement social du département, la CGT a un rôle important, mais ne prétend pas à l’exclusivité. Il nous est donc apparu nécessaire de travailler ensemble et de favoriser les convergences pour arrêter les choix patronaux et gouvernementaux, tant sur les salaires que sur l’emploi ou la protection sociale.

C’est pour cette raison que début janvier, l’UD CGT a pris l’initiative d’organiser une réunion avec d’autres syndicats, des organisations politiques et associatives.

Quels ont été les critères à partir desquels ont été contactées les organisations  ?

Nous avons contacté toutes les organisations qui portent des perspectives de progrès social et de transformation sociale… ce qui de fait en exclut certaines. Pour ce qui est des organisations syndicales, nous les avons au départ toutes contactées. La CFDT nous a fait savoir que ce processus était différent des choix qu’elle avait faits, et FO nous a répondu que cela allait à l’encontre de son principe d’indépendance vis-à-vis des partis politiques. Toutefois, cela n’a pas empêché de manifester ensemble avec FO le 18 mars. Mais au bout du compte, la FSU et Solidaires sont les seules organisations syndicales à être partie prenante du processus avec la CGT.

Pour les autres, il y a les organisations du Front de Gauche (PCF, PG, Ensemble), le NPA, Rouges Vifs, Attac, l’Unef, la JC, et près d’une dizaine d’associations.

La démarche se concrétise de plusieurs façons  : tract propre à chaque organisation surmonté seulement d’un «  chapeau  » commun, permettant à chacun de faire valoir son propre discours  ; apparition commune lors des manifestations (banderole derrière laquelle défilent les représentants de chaque organisation, avec drapeau) ; enfin, conférences de presse communes...

Quels sont les objectifs à plus long terme de cette démarche  ? Comment agir sur une issue politique  ?

Par ce processus, nous voulons créer un «  bouillonnement  » d’idées et que les travailleurs prennent en main leurs propres affaires. Ce n’est qu’à cette condition que les revendications ont une chance d’aboutir, et que pourra se mettre en place une issue politique.

Cette démarche s’articule autour du choix qu’a fait l’UD 13 de tout mettre en œuvre pour favoriser la convergence des luttes. Il y a plusieurs foyers de lutte sur le 13, et nous organisons des actions régulières autour de telle ou telle en organisant à chaque fois, la participation, la présence et le soutien de toutes.
Si la CGT se limite à ces actions, elle ne pourra pas aboutir seule.

Inversement, se limiter à une réunion d’organisations syndicales, politiques et associatives sans lien avec les luttes, serait un simple appel incantatoire.
Les deux démarches se nourrissent donc mutuellement. C’est la raison pour laquelle la CGT 13 n’a pas été signataire de l’Appel à la manif nationale du 12 avril. Cela ne signifiait pas que nous étions en désaccord, mais parce que nous voulions faire plus large et plus ancré sur les luttes dans le département.

Est-ce que cette démarche originale se retrouve dans d’autres départements  ?

Il semblerait qu’un processus similaire se mette en place dans le 31. Si notre démarche peut servir de point d’appui à d’autres, nous en sommes ravis, mais nous ne prétendons pas être un «  modèle  ». Chacun à ses spécificités et ce qui compte, c’est d’aller dans le même sens pour bloquer l’offensive patronale relayée par le gouvernement et faire aboutir les revendications des salariés, privés d’emploi, retraités…

Propos recueillis par Jean-Marie Battini

* Hebdo L’Anticapitaliste - 249 (03/07/2014).

Repost 0
Published by Communistes libertaires de la CGT - dans Vers le 51° Congrès
commenter cet article
27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 22:47

Plusieurs secrétaires de fédération ou d'union départementale signent dans l'Humanité un appel : "Ensemble tout est possible". Malgré bien des faiblesses ce texte ouvre des pistes pour celles et ceux qui souhaitent une CGT plus combative. L'initiative elle-même permet de mesurer l'ampleur des débats stratégiques qui traversent la CGT jusqu'aux sommets. C'est pourquoi nous la publions ici avec nos premiers commentaires :

 

1) Le texte devait paraitre avant les manifestations du 26 juin pour dynamiser les mobilisations contre le pacte de responsabilité. L'Humanité le publie finalement le lendemain, le 27 ! Question : une partie des signataires se sont dégonflés ou bien la direction du PCF a retardé la parution pour protéger Lepaon ?

 

2) Conférence sociale : une dénonciation bien timide ! Très en retrait des prises de position que nous avons publié sur notre site pour le boycott de la conférence de juillet, la délcaration n'évoque même pas la nécessité d'un coup d'éclat à l'occasion de la mascarade sociale.

 

3) Si la déclaration évoque à juste titre la nécessité de poursuivre la lutte contre l'austérité et contre l'extrême-droite en rassemblant les forces syndicales, associatives et politiques, elle se garde de formaliser des propositions et elle évite de poser le problème de l'attitude hégémonique et récupératrice du Front de gauche pour la manifestation du 12 avril. Il va sans dire qu'un front large et combatif sur ces deux sujets suppose le respect de tous les partenaires, de leur indépendance et le refus de la récup électorale.

 

4) Faute de dénoncer clairement le système capitaliste (gros mot introuvable dans le texte...) le flou le plus complet demeure sur "l'émancipation par la transformation sociale". L'objectif, que nous partageons, nécessitera un discours et des actes autrement plus audacieux !

 

 

Ensemble, tout est possible 

Pour nous syndicalistes CGT, la défense des intérêts des salariés, des retraités et des privés d’emploi nécessite la construction d’un mouvement social capable de porter un coup d’arrêt à l’austérité et à l’extrême droite qui s’en nourrit. Cet objectif ne souffre ni délai ni division. L’urgence est au rassemblement le plus large sans a priori ni exclusive de tous celles et ceux qui combattent l’austérité et recherchent la voie d’une alternative pour la transformation sociale. C’est pourquoi nous avons été de toutes les mobilisations récentes allant dans ce sens. Ainsi de la journée d’action interprofessionnelle du 18 mars, de la marche citoyenne du 12 avril, du 1er mai, des journées unitaires des fonctionnaires et des retraités. Le 26 juin doit s’inscrire dans cette lignée. Les mouvements des cheminots et des intermittents, ainsi que les nombreuses luttes en cours, participent à cette construction.

La détermination des tenants de l’actuelle politique d’austérité les conduit à s’opposer à l’intérêt général jusqu’à la dernière extrémité. Le verdict des urnes, la représentation des salariés et la prise en compte de leur avis ne sont rien dans leur stratégie du choc qui suppose l’exclusion de la question sociale.

Le chômage, au niveau inédit depuis la crise de 1929, nourrit une atmosphère de peur, qui s’empare en particulier d’une jeunesse globalement exclue. La ronde sans fin des fermetures d’entreprises est en soi un acte d’accusation d’un patronat de rentiers et d’actionnaires à l’égoïsme glacé. Les victimes de la précarité tombent dans une trappe sans retour, pendant que les salariés, tous cibles potentielles de licenciements sans entraves, nourrissent une angoisse à l’égard de leur possible chute dans la pauvreté.

Premier intéressé par cette orientation austéritaire, le Medef accuse tous les aspects sociaux de la condition salariale d’être les fauteurs de la crise. Il ne s’agit plus de demander aux actifs, chômeurs et retraités des sacrifices de circonstance en attendant la sortie du tunnel. L’objectif patronal est bien de se débarrasser de pans entiers de positions sociales et publiques issues du programme du Conseil National de la Résistance et conquises à la Libération.

Dans les projets de lois de finance rectificatives, soumis fin juin au vote de l’Assemblée nationale, le gouvernement aligne son Pacte dit « de Responsabilité » sur la perspective de démantèlement de la protection sociale, phare du système social national. La baisse des cotisations, les exonérations fiscales, le gel des prestations sociales font suite aux attaques contre le régime des retraites et celui des allocations familiales.

La réduction des déficits et des dettes publiques est l’objectif prioritaire de la politique économique menée en France comme dans la plupart des pays européens. La baisse des salaires des fonctionnaires, ou le Pacte « de responsabilité » qui prévoit 50 milliards supplémentaires de réduction des dépenses publiques, sont justifiés au nom de cet impératif. Le discours dominant sur la montée de la dette publique fait comme si son origine était évidente : une croissance excessive des dépenses publiques. Or, cette affirmation ne résiste pas à un examen sérieux des faits : au total, 59 % de l’actuelle dette publique proviennent des cadeaux fiscaux et des taux d’intérêt excessifs.

 

En engageant à marche forcée une réforme territoriale lourde de danger pour la démocratie de proximité, les services publics et le statut des personnels, le gouvernement entend mettre les structures territoriales au service de la stratégie du capital, pour qui démocratie et citoyenneté sont devenues incompatibles avec la conservation de ses privilèges.

La politique d’austérité n’est donc pas le moindre mal choisi par un gouvernement raisonnable mais le mal libéral qui subvertit tout système social et démocratique. Discréditer les garanties républicaines et le droit social en pratiquant la surdité volontaire à l’égard de l’immense majorité de la population dope les menées subversives de l’extrême droite. Le lien entre la dérive des institutions mises au service exclusif de politiques d’austérité et la résurgence de l’extrême droite est attesté dans les pays du continent où elle se manifeste.

Les germes de cette situation hautement préoccupante nous avaient conduits à considérer qu’il était nécessaire, dans le respect des prérogatives de chacune et de chacun, de mettre en œuvre des constructions nouvelles entre syndicats, associations et partis politiques, potentiellement de nature à relever les défis qui étaient devant nous.

C’est cette démarche qui, en particulier, a permis la marche nationale le 12 avril dernier.

Depuis lors, avec la nomination de Manuel Valls comme Premier ministre et l’accentuation de la politique libérale menée, les choses se sont encore aggravées et nous sommes sans aucun doute à la veille de bouleversements profonds, dont personne ne peut prédire ni l’ampleur ni les conséquences.

L’extrême droite atteint des scores dramatiquement élevés aux élections, gagne des mairies, étend ses réseaux, cependant que la montée de l’abstention confirme la profondeur de la souffrance et de la désillusion dans la population.

L’identité fondamentale de notre syndicalisme est de ne jamais déroger à la mission définie au cours de son histoire, la représentation des intérêts matériels et moraux du travail, par leur défense au quotidien et la recherche de l’émancipation par la transformation sociale. La situation actuelle n’échappe pas à cette conduite rigoureuse.

Bien entendu, en tant que syndicalistes CGT, nous nous félicitons des luttes syndicales menées, des brèches ouvertes. Tout doit d’ailleurs être mis en œuvre pour que, à l’intérieur d’un projet syndical cohérent, ces mobilisations gagnent en profondeur et fassent progresser les alternatives aux politiques actuelles.

A l’opposé de toute « union sacrée pour l’austérité », que le gouvernement cherchera à promouvoir lors de la conférence sociale de juillet, nous préconisons la constitution d’un vaste rassemblement de toutes les forces disponibles, autour de deux objectifs indissociables : la rupture avec l’austérité ; la lutte dans l’union la plus large contre une extrême droite qui prétend au pouvoir.

Mais, encore plus qu’hier, nous considérons que le caractère inédit de la situation à laquelle nous sommes confrontés appelle à des passerelles larges de toutes celles et ceux qui partagent la nécessité de rompre avec les politiques mortifères d’austérité, de promouvoir une toute autre répartition des richesses créées, une rupture dans les logiques de gestion et une véritable démocratie rendant le citoyen acteur des changements profonds à mettre en œuvre.

Eric Alligner ; Sylviane Brousse ; Jean-Marc Canon ; Ollivier Champetier ; Mireille Chessa ; Christophe Delecourt ; Pascal Joly ; Denis Lalys ; Hervé Ossant ; Marc Peyrade ; Pierre Place ; Cédric Quintin ; Serge Ragazzacci ; Daniel Sanchez ; Baptiste Talbot ; Gisèle Vidallet ; Céline Verzeletti ; Emmanuel Vire

 

Tribune parue dans L’Humanité du 27 juin 2014

Repost 0
Published by Communistes libertaires de la CGT - dans Vers le 51° Congrès
commenter cet article