Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Pour les 120 ans de la CGT Philippe Martinez aura délivré un discours d'inauguration de l'exposition au siège confédéral qui nous laisse sur notre faim :
Car s'il évoque une affiche de 1906 qui dénonçait déjà "le coût du capital" et qu'il en retient la nécessité toujours actuelle d'un "syndicalisme de classe et de masse", son développement se limite à la dimension "de masse". Pas un mot sur la dimension "de classe" ! Ni pour évoquer des revendications ambitieuses qui s'attaquent réellement aux pouvoirs et aux privilèges de la bourgeoisie; encore moins pour expliquer que notre syndicalisme ne peut se borner à défendre toujours mieux les travailleurs mais qu'il doit aussi porter le projet de la destruction du capitalisme pour en finir avec l'aliénation et l'exploitation. Car c'était tout ça la CGT de 1906 : la double besogne affichée par le syndicalisme révolutionnaire.
Du coup on retrouve la confusion dans l'énumération des grandes victoires ouvrières. La journée de 8 heures, les congés payés, la retraite à 60 ans soit. La 5° semaine est déjà moins évidente car dans beaucoup d'entreprises elle s'est appliquée (grâce au flou de la loi) en substitution de jours déjà existants et non pas comme une semaine en plus.
Mais la confusion est à son comble avec les 35h ! Depuis quand cette loi est un acquis ? Quelle lutte réelle l'aurait arrachée ? La vérité c'est que le gouvernement de gauche a donné les 35h en échange de l'annualisation, de la flexibilité, bien souvent sans embauche compensatrice, bref en échange de l'aggravation des conditions de travail, du gel des salaires, de la casse du code du travail et de la disparition des rémunérations supplémentaires qui ne sont pas une revendication en soi mais qui sont un plus salarial bien concret. Les 35h telles qu'elles existent c'est un cadeau pour les patrons !
Pour une CGT qui retrouve son mordant, en avant vers un 51° congrès pas ordinaire !