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Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.

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29 février : en grève et dans la rue, mais pour qui et quoi faire ?

homepagefrokbis.jpgNous reproduisons ci-dessous la déclaration du Front Syndical de Classe (FSC) en vue de la journée d'action européenne du 29 février, appelée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES). Voir aussi l'appel du CCN de la Cgt des 1er et 2 février derniers ici. Nous partageons bon nombre de remarques du FSC concernant les illusions entretenues d'une Europe sociale possible dans le cadre des traités fondateurs qui ont abouti à l'Union Européenne d'aujourd'hui, déclinaison institutionnelle continentale de la mondialisation de l'exploitation et de la domination des capitalistes. Ou le rappel des luttes et de l'action directe des travailleurs et travailleuses comme force déterminante dans l'obtention de protections et droits sociaux.

Pour autant, la CES organise l'essentiel du mouvement syndical européen. Cela signifie que la CES est, dans ses syndicats nationaux, traversée aussi par des contradictions, des débats et des divergences d'appréciation sur la conception de la lutte syndicale à mener à l'échelle nationale et européenne. Mais ces divergences n'apparaissent pas au niveau des structures de la CES, véritable bureaucratie stipendiée par l'UE, dont le siège à Bruxelles (une grande tour d'ivoire...) fait face à l'UNICE, le patronat européen.

Toutes les dates de mobilisations intersyndicales nationale et/ou européenne ne sont ce qu'en font les syndicats Cgt, dans les fédérations, les UD et les Unions locales. Certes, nous savons qu'une direction confédérale axée sur une logique d'affrontement avec le patronat et les institutions étatiques, dont l'énergie principale serait dépensée à impulser, coordonner et unifier les mouvements revendicatifs locaux et/ou sectoriels, cela changerait bien des choses. Mais on ne peut réduire les défaites enregistrées ces 30 dernières années à la seule responsabilité des directions syndicales. Elles sont quoiqu'on le veuille, le reflet pour partie des syndiqués, de leur niveau de conscience. En cela, nous avons une appréciation quelque peu différente des camarades du FSC. 

Nous le savons, nous le voyons autour de nous, les collègues de travail, les collègues syndiqués, a fortiori de la Cgt ne sont pas imperméables à l'idéologie dominante et au There is no alternative de Tatcher and Co dans les années 1980. 

Nous avons les uns et les autres à reprendre le chemin de la lutte et du débat idéologique, c'est-à-dire du projet de société alternatif à opposer au capitalisme et à sa techno-bureaucratie qui tient lieu de représentation "démocratique" de nos jours. Sans tomber dans l'excès de discussions politiques qui ne seraient plus comprises par nos collègues de travail et dans nos syndicats. En revanche, c'est bien dans les luttes, dans les mobilisations, dans toutes les micro résistances du quotidien au travail que nous avons la responsabilité (et c'est souvent le plus difficile) de mettre en lumière les responsables de nos malheurs, l'organisation du travail aliénante, la philosophie politique qui est derrière tout cela et essaimer des orientations de rupture avec le système capitaliste (contrôle des travailleurs sur l'économie vers la socialisation complète, que nous nommons pour notre part une économie autogestionnaire planifiée par les conseils de travailleurs et la population).

Ne pas mener ce combat là aussi, c'est désarmer les travailleurs et travailleuses, ne leur offrir comme repères "politiques" que ceux de l'extrême droite ou des libéraux conservateurs. Ou pire, les conduire à l'impuissance  malgré une révolte de fond, comme en Grèce, où aucun front syndical, social et politique unitaire ne se dégage et n'est en capacité d'incarner à une échelle de masse une alternative.

Pour revenir aux manifestations du 29 février prochains, nous en serons certes. Comme pour les manifestations et les grèves du 11 octobre dernier. A cette époque, nous évoquions déjà un gauchissement de bon nombre de syndicats et structures territoriales Cgt (UL et UD) qui s'emparaient en le retravaillant à leur sauce l'appel intersyndical au sommet, voire les propres tracts confédéraux. 

Mais, le gauchissement d'une partie de la Cgt ne veut pas dire automatiquement une conscientatisation accrue sur les orientations majeures de notre confédération, orientations souvent mal "digérées" et qui passent au dessus de la tête de la plupart de nos collègues syndiqués (voir ici notre analyse des 10 propositions de la Cgt pour sortir de la crise). Or, nous ne pourrons pas avancer sans une implication plus importante et conséquente des secteurs gauche de la Cgt, quelqu'ils soient, dans leurs fédérations respectives, dans leurs unions départementales et locales. 

Les partisans d'un syndicalisme réformiste et/ou d'accompagnement au sein de notre confédération trustent la plupart des mandats confédéraux, pros et interpros. Ils sont pour partie repérsentatifs d'un courant de syndiqués au sein de notre confédération comme ils et elles occupent ces postes à responsabilité par consumérisme de la majorité de nos collègues syndiqués ET aussi parce que la majorité des syndicats qui font partie de ce que l'on pourrait nommer  "la gauche Cgt", restent dans leur précarré et ne prennent pas de responsabilités sur la base d'orientations alternatives clairement exprimées dans les organes statutaires que sont nos congrès syndicaux.

Alors, oui dans la rue le 29 février (voir carte des manifestations ici) pour exprimer notre refus de tous les plans d'austérité MAIS aussi pour refuser de payer la dette, contrairement à ce que défend la CES et l'appel intersyndical national qui en découle. Ni effort partagé entre actionnaires et salariés, ni audit d'une dette qui serait légitime et une autre illégitime. Nous n'avons pas à payer, à être responsables d'une politique libérale délibérée depuis le milieu des années 1970, de nos gouvernements qui nous ont endettés en toute cosncience auprès de créanciers privés qui n'en demandaient pas tant ! Et c'est bien normal, car la classe politique actuellle comme les milieux du capitalisme financier ne font qu'un.

Des syndicats, des unions territoriales Cgt ont pris et prennent position, après de vrais débats avec les syndiqués pour dénoncer la légitimité de payer la dette. il faut poursuivre dans cette voie là car l'explication de l'illégitimité de la dette soulève de fait une nécessaire analyse de l'évolution du capitalisme de ces 30 dernières années et donc des politiques menées. Le refus de payer la dette ne peut qu'amener à nous reposer avec force et nécessité dans la Cgt et au delà, la question du pouvoir des travailleurs et travailleuses sur l'économie et l'organisation politique de la société. et par voie de conséquence de la nature, des moyens et des buts de l'organisation syndicale à construire.

 

 

 

 

 

logo-FSCDéclaration du Front syndical de classe

Toujours le mirage de l’Europe sociale

Le texte intersyndical d'appel à la journée du 29 février indique : "Pour une Europe sociale fondée sur la solidarité, la justice et la cohésion sociale, les organisations syndicales CGT, FSU, Solidaires, UNSA s’engagent dans cette mobilisation en y impliquant largement tous les salariés, partout dans les entreprises et les administrations. Elles appellent à faire du 29 février une puissante journée d’actions passant notamment par des rassemblements et des manifestations interprofessionnelles. "

La CFDT quant à elle, « refusant une mobilisation à caractère politique sur les enjeux nationaux, n’appelle pas, au niveau national, à des arrêts de travail (...) préférant mener des initiatives dans les régions en s’adressant massivement aux salariés sur les problématiques européennes ».

Pas d'appel donc à la grève de l'intersyndicale et un positionnement des uns et des autres finalement peu mobilisateur. Et toujours la révérence affirmée envers la Confédération Européenne des Syndicats et « l'Europe sociale ». Faut-il rappeler que l'UE depuis son origine est construite par et pour les grands groupes capitalistes ? Que la CES a soutenu le projet de constitution européenne en 2005, puis le traité de Lisbonne et qu'elle est pour le moins ambiguë sur le gravissime projet de Mécanisme Européen de Stabilité (MES), appelant seulement comme d'habitude à y joindre un « volet social » ? Et que l’accompagnement syndical des régressions au nom de la négociation du moindre mal débouche toujours sur le pire pour les peuples comme la situation en Grèce et bientôt dans toute l'Europe le démontre une fois de plus ?

Mais la violence des politiques anti-sociales est telle que malgré tout, de nombreuses structures de base de nombreux militants de la CGT, contournant le mièvre appel intersyndical national, ont fait état de leur volonté de s’adresser directement aux salariés et aux adhérents de base des autres organisations à partir d’appels fermes à la grève et que cela a trouvé un reflet dans les structures de direction de la CGT (CCN et Union régionale d’Ile de France par exemple). Il s’agit là d’une toute autre démarche que celle du "syndicalisme rassemblé" au sommet facteur de paralysie et d’inaction, d’alignement sur les dirigeants CFDT et de la CES. La CGT animée par ses militants et structures de base renoue ainsi avec son indépendance d’expression et sa capacité de mobilisation et d’entraînement !

Il reste d’ailleurs à tirer les enseignements de l’échec de la stratégie actée depuis plus de 10 ans et à changer durablement d’orientation !

 

Le peuple grec et nous

Tandis que la CES remarque sans rire que « les conditions économiquement insupportables et socialement insoutenables imposées à la Grèce soulèvent également de graves questions quant au respect des principes et valeurs fondamentaux de l’UE », le peuple grec expérimente dans sa chair le contenu de « l'Europe sociale » !

Tandis que la misère et la catastrophe sociale s’installent après x plans d’austérité, ce n’est toujours pas assez, l’Union européenne, le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, les ministres des finances de l’Union monétaire, mettent le pays sous tutelle directe des grandes banques et exigent encore plus de sacrifices, moins de salaires (jusqu’à 50% de baisse !!!), moins d’hôpitaux, moins de retraites… !

Tandis que des enfants perdent connaissance en classe par inanition !

Et qu’un immense cinéaste meurt dans la rue parce que des ambulances sont successivement tombées en panne !

Courir après l’Europe sociale, c’est au pire camoufler, au mieux ne pas comprendre que les classes dirigeantes ont décidé de faire payer aux peuples la crise de leur système, des banques et des marchés financiers ! Elles ont décidé non seulement de revenir sur tous les acquis arrachés de longue lutte par les travailleurs mais d'achever l’œuvre des « pères de l'Europe » : construire un espace anti-démocratique au service du capital à l'abri des peuples et de leur souveraineté.

La Grèce est le terrain d’expérimentation de ce qu'ils peuvent faire subir à un peuple dont on détruit les conditions de vie et le pays.

En Grèce comme en France, toutes les jérémiades sur "l’Europe sociale" n’y feront rien : seule la lutte déterminée, coordonnée, rassemblée, unie du peuple dans toutes ses composantes peut mettre fin à cette spirale infernale et ouvrir la voie à une véritable politique sociale et à l’espoir d’une véritable politique alternative !

C’est de cette vérité là qu’il faut partir ! Ce à quoi il faut donc s’atteler, c’est à créer les conditions de ce "TOUS ENSEMBLE EN MEME TEMPS ! ". En en finissant avec les mensonges sur le "dialogue social", la "concertation", la comédie des "partenaires sociaux" et les impasses de l’unité syndicale de sommet privilégiant l’alliance avec les dirigeants de la CFDT qui n’a conduit qu’à des échecs.

Et c’est donc encore une fois, l’orientation réformiste prise dans le milieu des années 90 par la direction confédérale de la CGT qui est en cause. La crise du système et son aggravation rendant ces choix totalement obsolètes et tournant le dos aux exigences du moment comme à l’intérêt des travailleurs. Et oui, c’est bien d'orientation qu’il faut changer pour renouer avec la lutte de classe, base de l'unité et des victoires des travailleurs ! Comme l'expliquait Henri Krasucki, ancien secrétaire général de la CGT : « renoncer à mener la lutte de classe équivaudrait pour la classe ouvrière à se livrer pieds et mains liés à l’exploitation et à l’écrasement ! ».

Alors participons donc aux mobilisations, aux rassemblements, aux prises de parole, aux grèves de ce 29 février pour que se construisent effectivement les conditions du TOUS ENSEMBLE contre l'euro-dictature du capital financier, contre les banksters et les affameurs !

 

Dès qu'ils le peuvent, les banksters étranglent les peuples.

Aucune avancée sociale n’a été généreusement octroyée à la classe ouvrière et au peuple, c'est par le rapport de force qu'elles ont été arrachées ! En 36, en 45 ou en 68, ce sont les luttes, les grèves et les occupations d’usine qui ont permis de gagner congés payés, retraites, conventions collectives, nationalisations...

Le Front Syndical de Classe, 21 février 2012

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