Nous venons de subir la pire réforme du travail depuis le front populaire. Chacun est conscient
de la gravité des décisions qui ont été prises ; les critiques et analyses que nous avons eues
proviennent d’initiatives locales. En même temps, la CFDT lance, pour vanter les « bienfaits » de sa
réforme, une vraie campagne de communication. Au niveau des militants de base que nous sommes,
on cherche vainement le répondant à cette propagande CFDTiste ! La stupide querelle de succession
de l’année dernière aurait-elle anesthésié la Confédération ?
Nous voyons aujourd’hui de multiples initiatives – non syndicales – se développer pour dénoncer
la gravité de la situation et faire des propositions : la CGT est-elle au rendez-vous des débats initiés
par divers mouvements associatifs et politiques, ne serait-ce que pour débattre de la faisabilité de
leurs propositions et des nôtres ? Les grandes centrales syndicales sont muettes et les organisateurs
de ces mouvements s’étonnent, en particulier, de la torpeur de notre confédération.
Il y a aussi la marche des chômeurs, partie d’une initiative prise à la Réunion et qui doit arriver à
Paris avant la fin du mois. Cette initiative dénonce en particulier le fait que les associations de
chômeurs ne sont pas présentes à la conférence sociale de cette fin de mois, comme si l’avis de ceux
qui subissent ce fléau n’avait aucune importance ! Le collectif chômeurs de la CGT est partie
prenante, mais c’est de notre Confédération que les organisateurs de cette initiative attendent le
soutien actif, pour obtenir d’être écoutés dans la concertation qui s’ouvre. Ils ont reçu celui de la FSU
et de Solidaires, mais constatent que les grandes centrales syndicales sont aux abonnés absents, alors
même qu’ils dénoncent des choses qui devraient nous mobiliser comme, par exemple, la
réintroduction envisagée de la dégressivité des allocations chômage.
Il y a aussi un meeting de soutien au peuple grec, organisé par Médiapart à la suite de la fermeture
de la télévision publique. A-t-on vu la CGT relayer cet évènement ?
Tout cela inquiète beaucoup les militants que nous sommes. Vous êtes-vous demandés pourquoi
une si faible participation aux dernières manifestations ? Chacun sait aujourd’hui que les
manifestations ne suffisent malheureusement plus. A l’heure où s’engage une confrontation vitale
pour les retraités actuels et futurs, il faut développer une grande campagne d’information, mobiliser
les énergies, créer les convergences sans lesquelles nous n’aurions pas pu gagner la bataille du CPE,
notamment avec les syndicats étudiants qui ne demandent qu’à en découdre. Il faut, comme en 2010,
arriver, s’il le faut, à bloquer le pays, mais cette fois aller jusqu’au bout, comme savent le faire
aujourd’hui – mais probablement trop tard, les militants grecs et espagnols.
Ce que nous attendons tous, c’est une impulsion sur les problèmes liés aux salaires, aux conditions
de travail, au chômage, aux retraites. Et cette impulsion, c’est à la Confédération de la donner et
aux structures locales de la relayer et non l’inverse !
Motion votée par 19 voix pour et une abstention