Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Nous publions ci-joint une prise de position de la CE de l'UD de Paris. Une nouvelle grosse strucure pose ainsi publiquement les divergences qui traversent la CGT. Les débats d'orientation masqués lors du 50° Congrès derrière des querelles de personnes doivent être menés et tranchés. Il est temps que les syndicats, les UL et UD se positionnent clairement. Un 51° congrès, un congrès extraordinaire devient progressivement une nécessité évidente !
La Commission exécutive de l’UD de Paris réunie le 6 mars a pris connaissance des déclarations de Thierry LEPAON, secrétaire général de la CGT au Nouvel économiste dans lesquelles il déclare :
« Il n’existe à la CGT aucune opposition de principe face au patronat. L’entreprise est une communauté composée de dirigeants et de salariés – là encore, je regrette que les actionnaires fassent figures d’éternels absents – et ces deux populations doivent pouvoir réfléchir et agir ensemble dans l’intérêt de leur communauté. Sur ce plan, il est évident que le pragmatisme syndical s’impose. Cette perspective ne me gêne pas, pas plus que celle du compromis qui s’inscrit dans les réalités de l’entreprise depuis toujours : encore une fois, dès lors que nous sommes contraints de vivre ensemble, il faut bien trouver les conditions de ce vivre-ensemble. C’est pourquoi je considère que la vocation d’un syndicat ne se résume plus aujourd’hui à protéger les salariés mais consiste à agir pour faire évoluer non seulement le monde du travail mais aussi la perception qu’on en a ; à incarner une forme de régulation sociale. »
Ces déclarations nous ont consternées car elles remettent en cause les fondements même de la CGT, organisation syndicale de classe, de masse, démocratique, indépendante du gouvernement et du patronat. Elles sont contraires aux orientations du 50ème congrès confédéral qui précisent :
- Page 6 : «Le gouvernement a marqué dès son entrée en fonction la volonté de concertation et de négociation comme pierre angulaire de sa démarche. Il doit mener une politique claire en faveur des travailleurs-euses et non pas parier sur un soi-disant «donnant-donnant» entre syndicats et patronat qui, dans les faits, ne favorise que ce dernier. »
- Page 7 : « Dans un contexte caractérisé par d’intenses contradictions, la CGT adopte une démarche revendicative offensive et déterminée de conquête sociale et démocratique et ancrée sur la défense des salarié-e-s dans l’antagonisme capital-travail »
La CGT ne saurait cheminer de façon erratique. On ne peut pas faire référence dans un rapport de la CE Confédérale du 18 février que : « la double besogne de la Charte d’Amiens est plus que jamais d’actualité » et d’avoir des propos contraires à nos valeurs historiques dans le Nouvel Economiste.
Par ailleurs, que signifie la phrase "je crains un net rejet de l'Europe" alors que travailleurs, citoyens et syndicalistes (et notamment la CGT) ont lancé en 2005 un débat de haut niveau sur la nature de l'Union Européenne qui a conduit la CGT à appeler à voter non et au rejet de la constitution européenne à 54 % ?
Quant au "vivre ensemble" qui est une aspiration laïque et républicaine à faire vivre dans la cité, cette notion ne saurait être dévoyée en une négation des antagonismes de classe qui se jouent sur chaque lieu de travail !
La multiplication de déclarations et initiatives individuelles de Thierry LEPAON sur des positions qui n’ont pas fait l’objet d’un débat et de décisions du CCN, voire contraire à ses orientations, nous interroge sur sa conception du mandat de secrétaire général confédéral.
Ce type de démarche peut-il perdurer ? Au moment où le gouvernement cherche à associer les organisations syndicales à l’accompagnement de mesures d’austérité à travers le pacte de responsabilité, la CE de l’UD :
- réaffirme, conformément au statut de la CGT, que le salariat n’a aucun intérêt commun avec le capital. Ceci ne doit-il pas conduire la CGT à s’opposer à toutes formes de pacte (pacte de responsabilité, pactes régionaux, conférence sociale…) qui cherchent à associer les organisations syndicales à la régression sociale ?
- Appelle à la mobilisation la plus large possible contre le pacte d’austérité, dit pacte de responsabilité. Le pacte de responsabilité n’est ni amendable, ni négociable, il doit être retiré.
Adoptée à l'unanimité.
Paris, le 6 mars 2014
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| Interpellation de la CE de l'UD de PARIS à l’attention de la CE Confédérale
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