Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
L'annonce par les médias de ce qui a été « d'affaire Lepaon » a eu un effet dévastateur dans la
tête de bon nombre de militants de la CGT.
Les articles de presse ont subtilement entrainé l'idée que le secrétaire général de la CGT était
du côté des nantis, des délinquants financiers, des voleurs à col blanc qui puisent allègrement
dans les caisses au profit d'intérêts personnels.
Les militants de la CGT ont bien conscience que cette affaire a été largement utilisée par nos
adversaires pour nuire à notre organisation. La période, la veille des élections professionnelles
générales dans la fonction publique, a sans doute aiguisé davantage leur appétit.
Dans cette tempête, la communication de la CGT s'est trop peu attachée à renvoyer ces bien
pensants à leurs chères études. Les réactions confédérales ont été peu incisives. Elles ont
donné le sentiment d'une direction confédérale empêtrée, occupée à justifier publiquement
des choses qui regardaient exclusivement la CGT puisqu'il s'agissait de l'utilisation de ses
fonds propres. Nos adversaires ont voulu en faire une affaire publique. La communication
confédérale a favorisé cette manoeuvre.
Le mal est fait et c'est dans ce climat hostile que les militants ont vécu ce début d'automne.
Il faut d'ailleurs saluer le courage et le discernement qui poussent chacun d'eux à poursuivre
leur engagement. C'est bien le corps militant qui s'est trouvé exposé subitement. Choqué par
la violence de l' attaque, mais aussi par l' ampleur de la faute.
Si cette affaire a été instrumentalisée, elle n'en demeure pas moms avérée puisque la
confédération a confirmé les révélations du Canard.
Tout cela pose des questions qui méritent réponse afin de retrouver la confiance entre nous, à
tous les étages de la CGT.
Comment la décision d'affecter des sommes aussi importantes ait pu être prise par une seule
personne? Cela semble invraissemblable pour la direction de notre union départementale.
Comment de telles dépenses (plusieurs milliers d' euros), ont t elles pu échapper à nos
dispositifs internes de contrôle? alors même que nous avons une CFC, un administrateur et la
direction confédérale qui analysent les bilans. C'est tout simplement surréaliste.
Manifestement ces dispositifs sont insuffisants.
Il faut répondre de façon urgente à ces questions et donner des garanties succeptibles de
rétablir la confiance. C'est le sens des premières déciszion de la CEC suite à la tenue du
dernier CCN.
Rappelons que la confiance est le moteur de l'engagement syndical et que celle Cl ne se
décrète pas, elle se mérite.
Le dernier point et peut être le plus important pour l'avenir de notre organisation, est la
question de l'origine des « fuites ».
Comment le Canard s'est il procuré ces infos que visiblement bon nombre de camarades de la
direction confédérale méconnaissaient?
Nos militants ont découvert tout cela à travers les médias. vous comprendra que c'est
inacceptable et que nous attendons beaucoup de l'enquête interne. Il ne fait aucun doute pour
notre direction de I'UD que cette situation est en lien direct avec la crise qui a secoué notre
confédération au moment de la succession de Bernard Thibaut.
Cette situation est insupportable et il convient d'y mettre un terme immédiatement. Il y a, de
toute urgence, nécessité de revenir à des pratiques plus conformes avec nos règles de vie.
Nos statuts prévoient des lieux de confrontation des idées, des moments de débats et des
moments pour décider des orientations. Tout acte qui consiste à faire pression en dehors de
ces cadres démocratiques doit être condamné.
La direction de notre Union Départementale ne juge pas opportun de convoquer un CCN
extraordinaire dans l'attente de la mise en oeuvre des décisions de la CEC.
Nous voulons croire que l'épisode de « l'appartement» restera un fait isolé.
Nous voulons faire confiance à la direction confédérale pour prendre les dispositions qut
permettent de retrouver la sérénité indispensable à notre militantisme.
Aujourd'hui, nul ne peut mesurer l'impact réel de ces révélations sur nos adhérents, sur les
salariés et plus largement sur nos concitoyens.
Dans notre département, à notre connaissance, le nombre de démissions liées à cet épisode est
heureusement limité. Peu de salariés nous interpellent sur cette question. Cela doitil nous
rassurer ou nous inquiéter?
Est ce de l'indifférence? de la gêne? du dégoût? Ou est ce que parce qu'ils savent que la
CGT mérite mieux que ça ?
Nous aurons une première indication au soir du 4 décembre, même si le score réalisé par la
CGT ne dépendra pas, bien évidemment, que de cet épisode.
Le début de l'année 2015, et la période de renouvellement des cartes sera également un
moment de vérité.
Vous l'avez compris chers(es) camarades, la situation que nous vivons nous préoccupe. Nous
le faisons savoir en toute fraternité. Nous aspirons à sortir ensemble de cet épisode pénible
pour nous projeter en 2015, l'année des 120 ans de la CGT, plein de confiance pour relever
les défis qui sont face à nous. Mais noter bien, que pour l'essentiel, cette sortie de crise là,
dépend pour bonne part, des décisions qui seront prise par la direction confédérale (CEC)