Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Nous reproduisons ici le dernier épisode en date du "feuilleton" de notre organe de presse la NVO. Eclairant encore une fois, sur la dépossession des outils de notre confédération par des individus qui se fichent pas mal des mandats qui leur sont confiés par nos instances démocratiques (CCN en l'occurrence). Le blog des journalistes de la NVO ICI.
À l’attention des membres du CCN,
de tous les militants de la CGT
REPENSONS ENSEMBLE LA NOUVELLE NVO !
Chères et chers camarades,
Vous recevrez sous peu le numéro « zéro » de la nouvelle formule de la Nouvelle Vie
Ouvrière (NVO). Il s’agit en réalité d’un « zéro bis ». Le « zéro » ayant été très critiqué au
CCN des 4 et 5 novembre 2014, il a fallu le remettre sur le métier. Cependant, les mêmes
causes produisant les mêmes effets, le « zéro bis » n’est guère plus satisfaisant et reste
très éloigné du projet décidé au CCN de mai 2014.
Le CCN des 13 et 14 mai 2014 a voté la transformation de La Nouvelle Vie Ouvrière
« quinzomadaire » en un bimédia articulant un mensuel de réflexion et de débat avec un site
Internet d’actualité chaude et d’information juridique. Ce bimédia devant s’adresser à tous les
militants.
Un projet de bimédia… qui n’en est pas un
Au vu du numéro « zéro » (30 000 exemplaires passés au pilon suite au CCN de novembre), du
« zéro bis » du futur mensuel et du futur site Internet, nous constatons que le bimédia est très loin
des attentes du CCN.
La NVO mensuelle n’est ni conçue ni construite comme un mensuel, tant sur le forme que sur le
fond. En outre, il n’existe toujours pas de lien opérationnel entre le journal papier et le futur site
Internet. Alors qu’un bimédia cohérent se construit d’un même mouvement - sur le papier et sur
le web - le futur site et le mensuel ont été élaborés séparément et l'un dissocié de l'autre.
Depuis la parution du premier numéro « zéro », bien des critiques ont été émises : rubricage
inapproprié, journal sans rythme et peu lisible, pauvreté des infographies, graphisme brouillon,
espace insuffisant à consacrer aux reportages, aux débats. Mais encore, une pagination
excessivement réduite qui ne donne pas une bonne « tenue en main ». Cela se traduit aujourd’hui
par un contenu éditorial qui rate sa cible, sans remplir l'objectif fixé par le CCN.
Des conditions de réalisation opaques
Ces échecs à répétition ne sont pas sans causes : faiblesse du cahier des charges, absence de ligne
éditoriale dont découle le manque de cohérence globale. Ajoutons à cela les conditions dans
lesquelles le projet a été élaboré : la conception/réalisation de la NVO mensuelle et du futur site
Internet ont été entièrement confiés à un prestataire placé sous la seule responsabilité du comité
de pilotage du projet (composé de la directrice de la NVO, de la directrice de la communication
de la CGT et de l’administrateur de l’entreprise de presse).
Trois mois durant, ce prestataire a travaillé sans jamais tenir compte – tant sur le plan éditorial (et
donc politique) que sur le plan technique – ni des remarques et propositions des journalistes de la
NVO, ni de celles émises par le groupe de travail du CCN, ni des demandes sans cesse
renouvelées des rédacteurs en chef de La Vie Ouvrière, pourtant membres du conseil éditorial.
Il est fort inquiétant de constater que ce projet voté par le CCN - et qui engage financièrement les
organisations de la CGT - est conduit en toute opacité. La transformation de la NVO
« quinzomadaire » en bimédia est en effet pilotée à partir d'une structure très pyramidale, voire
technocratique : un comité de pilotage (au sommet) ; un conseil éditorial ; un groupe de travail du
CCN.
Pourquoi avoir conçu une telle structure où les organisations de la CGT et les salariés de la NVO
ne se rencontrent jamais ? Cela alors même que ces derniers ont été, à maintes reprises, force de
propositions pour l’avenir de la NVO et qu'ils ont appelé au débat éditorial avec la CGT et ses
organisations.
Lors de la présentation du projet au CCN, Agnès Naton avait assuré qu'elle associerait les salariés
et le syndicat de la NVO à la co-construction de ce projet.
Mobilisés depuis des mois dans des réunions purement « occupationnelles », les professionnels de
la NVO ont, une fois de plus, fait l’amer constat que leurs remarques et avis restent ignorés.
Au regard du résultat très décevant des deux numéros « zéro » du mensuel et du futur site
web, les équipes de la NVO veulent repenser et imaginer avec vous un projet viable pour
un bimédia NVO au service de toute la CGT.
Face à la confusion qui règne aujourd’hui au sein de la société et du monde du travail, et face aux
défis que doit relever le syndicalisme, les équipes de la NVO restent persuadées que la CGT ne
peut faire l’économie d’un journal ouvert au débat et qui organise les conditions de la réflexion (le
mensuel associé à un véritable site Internet d’actualité syndicale et d’information juridique). Un
projet éditorial à la hauteur de ces enjeux et correspondant à l'esprit de la demande formulée par
le CCN est en effet possible pour le magazine de la CGT. Les salariés de la NVO, toutes
catégories confondues, le réaffirment: ils sont prêts à y travailler. Pourvu que la direction du
journal leur en donne les moyens.
Le Syndicat multiprofessionnel CGT de La Vie Ouvrière
Pour les équipes de La Nouvelle Vie Ouvrière
Montreuil, le 18 décembre 2014