Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Nous publions ci-dessous un extrait du rapport de Mohammed Oussedik au nom du Bureau Confédéral devant le CCN des 4 et 5 novembre :
"en France la situation peut se résumer par ces quelques mots :
Désillusion, défiance, délitement des facteurs de cohésion sociale font le lit du populisme et engendrent le cercle vicieux des radicalisations et des répressions violentes, comme sur le barrage de Sivens. La CGT condamne fermement les violences dues notamment aux casseurs qui tentent de dénaturer et de discréditer par la même occasion le sens de ce mouvement.
Toute la lumière doit être faite sur les circonstances de la mort de Rémi Fraisse, et plus profondément sur ce qu’elle révèle des blocages politiques dans la société."
Le débat sur les méthodes utilisées par des groupes de jeunes militants radicalisés n'est pas tabou. Il est possible de pointer les dérapages éventuels, l'aspect parfois repoussoir de certaines actions. Mais le rapport présenté devant le CCN est une condamnation pure et simple des groupes de jeunes qui se mobilisent, à Sivens comme à Notre Dame des Landes et ailleurs. Ils seraient donc "populistes" nos jeunes en colère ? La radicalisation des mobilisations serait "une cercle vicieux" ?
Et pour conclure le rapport "condamne fermement les casseurs", reprennant à son compte le qualificatif inventé par les gaullistes après 68 pour salir l'image de militants radicaux dont on peut discuter les méthodes mais sûrement pas les livrer nous-mêmes en pature aux flics et aux juges !
Quant aux "blocages politiques" nul ne peut nier qu'à leur façon ces jeunes sont déterminés à les faire sauter, ce qui devrait les placer dans notre camp tout en débattant des méthodes.
Cette position apeurée en rappelle d'ailleurs d'autres : Le refus de Bernard Thibaut d'aller soutenir les piquets de grève dans les raffineries ou bien la condamnation des actions des travailleurs chez Continental ou Goodyears.
La question que le CCN aurait dû débattre est donc tout à l'inverse : face au déferlement d'attaques anti-sociales et anti-démocratiques que subissent les travailleurs, face à l'impasse manifeste de l'alternance électorale droite/gauche, quelles sont les voix permettant aux travailleur de s'imposer. Les 120 de la CGT devraient être l'occasion de revenir sur l'action directe, les grèves "sauvages", les manifestations interdites, les occupations d'usines...bref toutes ces pages qui font les grandes heures de la CGT.
Sauf à condamner aussi les violences commises par nos pères fondateurs !!!