Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Nous publions ici une déclaration qui est symptômatique de ce qui se discute dans les syndicats aujourd'hui. Attente d'une ligne syndicale plus combative, de méthodes de fonctionnement plus démocratiques et aussi la transparence sur les permanents, leur salaire, leurs avantages. Nous ne pouvons pas les publier toutes mais elles sont porteuses de l'espoir d'une rénovation profonde de la confédération car ces problèmes touchent non seulement le Bureau confédéral mais aussi bien des fédérations, hélas :
Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique
CNRS – INSERM – INRIA – IRD – INED – IRSTEA
Motion de la Commission Exécutive du SNTRS-CGT
Adoptée le 10 décembre 2014 par 27 pour et 3 contre
La CE du SNTRS-CGT, réunie le 10 décembre 2014, constate que les faits rapportés par la presse au
sujet du secrétaire général de la Confédération ternissent l’image de la CGT et portent atteinte à son
éthique, ce qui nuit à ses organisations, ses adhérents et en conséquence à la défense des salariés. Ces
faits, notamment celui concernant la « prime de départ » du comité régional de Normandie, dénotent
un comportement contraire aux valeurs portées de tout temps par la CGT.
La confiance des salariés dans la Confédération s’est affaiblie. Non seulement en raison des faits
révélés par la presse concernant son secrétaire général, mais aussi en raison d’une stratégie peu claire,
qui ne fait pas de la CGT un moteur pour développer les luttes des salariés contre la politique du
patronat et du gouvernement faite de chômage, de précarité, de la baisse continue du pouvoir d’achat,
d’atteintes au droit du travail, de répression,… Ainsi, aucune démarche n’a été proposée par la
Confédération pour impulser et faire converger les mobilisations qui, dans le contexte actuel, ne
peuvent qu’être faibles si elles restent isolées. Si l’unité d’action est nécessaire pour faire gagner les
revendications, nous sommes en désaccord avec les discours de la Confédération qui ont régulièrement
conforté l’idée qu’il fallait attendre que la CFDT et les autres confédérations et fédérations
« réformistes » se décident à la lutte. En effet, ces organisations ne cessent d’accompagner la politique
du gouvernement et du patronat. De plus, on apprend par la presse l’existence de négociations sur le
dialogue social dans lesquelles la position exprimée par des membres de la Confédération est plus que
surprenante.
Si la Confédération ne clarifie pas son orientation, c’est le sentiment de fatalité, d’impuissance du
syndicalisme, d’inefficacité de la lutte qui continuera de prédominer. Le patronat et le gouvernement
pourront tranquillement faire passer leur politique au détriment des salariés.
La CE du SNTRS-CGT considère qu’il est indispensable que la CGT prenne des mesures fortes pour
restaurer son image et un fonctionnement respectueux de ses valeurs. Des décisions doivent être prises
en ce sens, dans les meilleurs délais par le Comité Confédéral National (CCN). En conséquence,
Thierry Lepaon ne doit pas conserver son poste de secrétaire général. De façon transitoire, la direction
de la CGT doit être assurée de façon collégiale.
Au-delà du comportement du secrétaire général, cette affaire met en évidence l’opacité du
fonctionnement de l’appareil confédéral. Il est nécessaire d’établir en toute transparence pour
l’ensemble de la CGT des règles de vie communes relatives à la rémunération des permanents.
L’articulation entre Bureau Confédéral, Commission Exécutive et CCN doit être clarifiée.
C’est pourquoi nous demandons que le CCN extraordinaire de janvier 2015 débatte :
- de la prise de mesures afin de sortir par le haut de la situation actuelle et rétablir les
conditions d’un fonctionnement normal de notre organisation au service des travailleurs.
- de la construction du rapport de force nécessaire à la satisfaction des revendications
Ivry, le 10 décembre 2014.