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Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.

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Grève du 18 mars : retour sur le CCN de la Cgt des 11 et 12 février.

images-copie-4.jpgLe CCN des 11 et 12 février a décidé d'appeler à la mobilisation le 18 mars prochain, journée d'action initiée par la CGT et FO dans les organismes sociaux mais reprise par FO pour en faire une montée nationale à Paris.

 

Pour Le Paon la pilule est dure à avaler, brandissant dans son intervention au CCN/« le risque d'enfermement dans le club du « Non » »/ou déclarant à l'AFP que cette mobilisation unitaire ne sera « pas contre le pacte de responsabilité » mais « sur les salaires et l'emploi ". Logique, puisque la confédération ne s'est pas positionnée contre le pacte  de responsabilité. Au contraire, dans la déclaration commune avec la CFDT, l'UNSA et la FSU du 14 février, elle liste des « revendications et objectifs communs » telle que la conditionnalité des aides aux entreprises, destinées à être portées lors « des discussions qui se dérouleront dans le cadre du pacte de responsabilité »/. On est ici complètement dans la logique des contreparties voulue par le gouvernement : celui-ci exonère le patronat de 30 milliards de cotisations « familles », et demande ensuite à celui-ci de discuter avec les « partenaires sociaux »/ voire s'il peut pas leur lâcher quelques miettes histoire que ça ressemble un minimum à un pacte.

 

Cette même déclaration se concluait par un appel à manifestation le 4 avril à l'appel de la CES. C'était pour le bureau confédéral la date-clé, articulée avec le 8 mars (droit des femmes), le 1er mai et en amont le 6 février. Le bureau confédéral comptait bien appeler au 18 mars mais comme date mineure dans ce calendrier. On est ici en plein dans la stratégie du bureau confédéral : la CGT étant minoritaire il faut faire alliance avec les syndicats réformistes (CFDT, CES) et à coté afin de maintenir une identité CGT et de laisser les oppositions internes se défouler un coup on organise des journées seules comme le 6 février. On fait le grand écart, ce que la direction confédérale appelle « articuler protestation, contestation et proposition », qualifiant de « caricatural » l'opposition entre syndicalisme réformiste et syndicalisme radical. Notons que jusqu'ici l'alliance avec la CFDT se faisait sur le moins disant revendicatif, mais que dans la déclaration du 14 février il y a carrément une plate-forme revendicative commune...

 

Sauf que cette fois c'est pas passé. Le CCN s'est prononcé pour rejoindre FO sur la journée du 18 mars.

 

On ne peut évidemment que s'en féliciter, mais il faut cependant reconnaître que la critique de LePaon est juste sur plusieurs points.

D'abord sur l'hypocrisie de FO : « Après la signature par FO de l'accord interprofessionnel sur la formation professionnelle, leur positionnement sur l'assurance chômage et leur refus de s'inscrire dans la journée du 4 avril en France alors qu'ils l'ont votée à la CES à Bruxelles, cette journée du 18 mars est mise dans le paysage social et nous n'avons discuté ni des contenus revendicatifs ni des formes d'action avec FO. »

Ensuite, sur les difficultés à mobiliser dans les entreprises, et le manque d'accroche auprès des salarié-e-s de ces dates souvent hors-sol dans les entreprises. C'est en effet le bilan qu'on peut tirer de la journée du 6 février : la participation a été très faible et malgré le déroulement de NAO conflictuelles dans bien des entreprises, peu de boites ont débrayé. La mobilisation réussie à Marseille a pourtant montré ce qu'aurait pu être cette journée si elle avait vraiment été impulsées par les directions intermédiaires. Aux communistes libertaires de la CGT on est surement pas fan du centralisme démocratique ni de l'attentisme des bases, combatives ou pas, vis à vis des directions syndicales, mais à l'inverse il faut bien reconnaître que le « on vous pose des dates démerdez vous pour en faire ce qui vous semble utile » de la direction confédérale actuelle est également problématique. Ainsi la fédé de la Construction appelait à une journée d'action le 4 février, prétendant en faire un « tremplin » pour le 6.

Les cheminots n'ont pas mobilisé le 6/2. Concernant le 18/3, la FAPT a déjà annoncé qu'elle ne relaierait pas.

 

Aujourd'hui il nous faut donc mener la bataille à la fois dans nos syndicats pour que cette date soit réellement prise en compte, et auprèsdes salarié-e-s pour informer sur la nature du pacte de responsabilité et débrayer en lien avec les revendications locales.

Plus généralement, la divergence de stratégie sur l'alliance privilégiée avec la CFDT et la participation active à la CES d'un coté, et la constitution d'un front syndical d'opposition au gouvernement avec FO, Solidaires et la FSU (tout comme auparavant sur l'ANI ou les retraites et malgré les difficultés) de l'autre est aujourd'hui bien tangible pour tous les syndiqué-e-s, avec le choix de date : 18 mars ou 4 avril. A nous de porter ce débat le plus loin possible dans nos structures.

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