Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
L'Union départementale traverse une crise importante. Nous publions ci joint une série d'articles sur le sujet avec la volonté d'être utiles aux débats qui traversent notre CGT.
Source le Canard Enchaîné du 12 au 18 mars
CGT contre CGT : le 28 février, quelques dizaines de manifes- tants de l'union locale CGT de Langres (Haute Marne) sont venus manifester devant la Bourse du travail de Chaumont, siège de l'union départementale (UD) du syndicat !
En réclamant la démission de son secrétaire général, Jérôme Marcel. Il faut dire que le torchon brûle depuis des mois entre cégétistes en désaccord sur la ligne vis-à-vis du patronat : échanges de mails, de tracts incendiaires et même de gnons entre camarades, avec dépôt de plainte chez les flics...
Jérôme Marcel, en accord avec la commission exécutive de l'UD-CGT, a interdit les sept meneurs présumés au congrès départemental qui s'est tenu les 6 et 7 mars en présence d'un huissier et de vigiles. Les rebelles étaient pourtant porteurs d'un certain nombre de pouvoirs. Résultat, Marcel a été réélu avec 100 % des suffrages exprimés ! Qui ne représentent que la moitié des inscrits... Et l'union locale de Langres est désormais menacée de dissolution : son sort sera tranché par la confédération au niveau national. Le « centralisme démocratique », comme on disait au Parti, y a que ça de vrai. Et Lepaon sur le bec des protestataires ! ■
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Près de cinquante syndicalistes de l’Union de Langres sont venus manifester à Chaumont, hier après-midi, devant la bourse du travail où se trouve leur Union départementale. Une situation cocasse.
A la CGT, on sait se mobiliser, faire du bruit, écrire et distribuer des tracts, adopter une motion et même ralentir la circulation d'infortunés automobilistes. On ne craint pas non plus la pluie ou le froid. Tous ces ingrédients étaient hier réunis pour une manifestation unique en son genre. Pour une fois, ce n'est pas contre une réforme du gouvernement ou la décision d'un patron d'entreprise que se dirigeait la grogne, mais contre l'Union départementale (UD) de la CGT, et plus spécialement contre son secrétaire général, Jérôme Marcel.
Les membres de l'Union de Langres (UL), parmi lesquels on trouvait également des Nogentais (Frédéric Hayer en tête), des Chaumontais (les retraités notamment), ont fait le siège de la Bourse du travail, rue Decrès, dans le vieux Chaumont, à deux pas de la basilique. Comme prévu, les manifestants ont trouvé porte close. «On voulait être reçu aujourd'hui. Jérôme Marcel nous propose de venir la semaine prochaine, mais nous ne sommes pas permanents. On ne viendra pas», martelait Frédéric Hayer, mégaphone en main et hargne chevillée au corps.
Le fossé se creuse
Les oreilles de Jérôme Marcel ont dû siffler fort hier après-midi. Les qualificatifs et commentaires à son encontre n'ont pas manqué… «Monarque», «payé à rien faire» «énergumène», pour certains des camarades présents «il devrait prendre sa carte au Medef». Ils réclamaient même sa démission. Un véritable festival qui peut prêter à sourire tant la situation est ubuesque. Sur le fond, le conflit a dépassé l'entendement et il semble difficile de trouver un terrain d'entente dans les jours à venir. Du moins d'ici le congrès départemental annuel de la CGT, programmé jeudi et vendredi prochains, à Brottes, près de Chaumont.
Les représentants de l'Union de Langres ont bien l'intention d'obtenir gain de cause et d'aboutir au maintien de leur union grâce à des soutiens de l'ensemble de leurs camarades du département durant le congrès. De l'autre côté du fossé, la dissolution de l'Union locale de Langres semble rester l'objectif. Quelle sera l'issue de cet improbable affrontement ? On ne le sait pas pour l'heure, mais cela passera très vraisemblablement par une intervention de la confédération nationale. Cette dernière n'a pas agi directement et, loin de s'apaiser, la situation s'envenime toujours plus de jour en jour. A tel point que l'on se demande où sont désormais placées les limites.
Sylvie Chapron