Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Adresse à la direction confédérale
Cher-e-s camarades,
La Commission Exécutive de l’Union Départementale CGT de Loire-Atlantique,
réunie le 11 décembre, a longuement débattue de la crise qui traverse notre CGT et
sa direction confédérale. Les débats se sont tenus en conscience et en responsabilité,
au regard des énormes enjeux pour notre organisation et pour tout le syndicalisme,
sans jamais chercher à « couper des têtes » à la confédération ou à jouer de postures
politiques.
Nous avons d’abord constaté les très nombreux retours, ces derniers jours, de militants
excédés par ces « révélations » successives qui les mettent en difficulté face aux salariés.
Les militants ont largement exprimé leur perte de confiance dans une direction
confédérale qui s’enferme dans une logique cherchant à justifier l’injustifiable et ne
donnant des informations qu’au goutte-à-goutte aux premiers dirigeants du CC N.
Nous avons été nombreux à prendre connaissance par voie de presse des différentes
déclarations confédérales issues des réunions statutaires (BC, CEC) en restant dans
l’attente plusieurs heures, voir jours, pour obtenir les déclarations in extenso de notre
organisation. Cela pose une vraie question de démocratie et de respect, que nous
n’incombons pas, d’ailleurs, seulement à la direction confédérale, mais plutôt à celles
ou ceux qui n’hésitent pas à révéler, en irresponsabilité totale, le contenu des débats
internes à la presse, en temps réel.
La CE de l’UD a pris acte de la démission d’Eric Lafont. Mais ce départ ne saurait à lui
seul effacer les effets d’une crise plus profonde touchant à nos valeurs, à notre image et
à notre fonctionnement interne. Nous devons tirer tous les enseignements de cette crise
qui touche aujourd’hui directement notre 1er dirigeant, mais qui aurait pu et qui peut
toujours toucher l’une ou l’autre de nos organisations, territoriales ou professionnelles,
car nous vivons dans un tel « bricolage » de fonctionnement, où il y a autant de règles et
de cultures qu’il y a de structures, que nous ne sommes pas à l’abri d’autres révélations
dans des fédérations, des comité régionaux, des unions départementales, locales ou des
syndicats.
Aujourd’hui la confiance des militants CGT dans nos dirigeants est atteinte. La
crédibilité de notre organisation auprès des salariés est fortement écornée. Nous devons
à tous nos militants qui se battent chaque jour sur le terrain face à un patronat toujours
plus offensif, de rétablir cette confiance et cette crédibilité. Pour l’UD 44, cela passe
par l’ouverture d’un débat de fond sur nos règles de vie et notre stratégie syndicale
à longue vue, avec le respect, la fraternité et le sérieux retrouvés de la part de tous.
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Cela passe aussi par la démonstration publique de notre capacité à nous remettre en
cause, à faire évoluer notre organisation et à changer nos dirigeants si nécessaire. Il
nous paraît donc inimaginable aujourd’hui que Thierry et tou-te-s les responsables
de cette situation puissent poursuivre leur mandat. Comprenons-nous bien, ce n’est
pas l’homme en tant que tel que nous visons mais bien sa fonction. Car le secrétaire
général, au-delà de sa personnalité et de ses compétences, représente toute la CGT et se
doit donc d’être le premier garant de nos valeurs. Nous visons également celles et ceux
qui ont transmis les informations à la presse, celles et ceux qui ont organisés ou laissé
faire cette transaction financière.
Enfin l’UD 44 s’étonne de cette difficulté à réunir notre CC N, instance statutaire,
avant les congés de fin d’année tout en convoquant une assemblée, non-statutaire, des
secrétaires généraux le 15/12.
Nous vous informons que notre secrétaire général n’a pas mandat pour y participer,
la CE considérant qu’il s’agit encore là d’un pas de côté ménageant à la fois le bureau
confédéral qui souhaitait cette réunion et les nombreuses organisations qui demandaient
un CC N extraordinaire. La situation, grave et inédite, aurait nécessité la tenue d’un
CC N qui puisse débattre et décider le plus rapidement possible, sans pour autant le
faire dans la précipitation. Rien n’empêchait d’ailleurs de le tenir sur deux jours, laissant
ainsi le temps du débat, de la tenue éventuelle d’une CEC, et de la prise de décisions. Tel
n’a pas été le choix de la CEC du 9 décembre et nous le regrettons.
En conclusion, l’UD 44 demande :
- Que Thierry présente sa démission, et que les responsables de la situation, quand ils
sont connus ou qu’ils le seront, fassent de même.
- Que le CC N du 13 janvier débatte :
- des règles de vie et de fonctionnement de nos organisations CGT,
- de la désignation d’une direction confédérale « d’interim »,
- de notre stratégie syndicale de construction des luttes.