Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
Camarades,
Profondément choqués par les révélations récentes de la presse, les membres de la Commission
Exécutive ont pris la décision d’alerter la Direction Confédérale sur ce qui leur apparaît comme des dérives
dangereuses pour la CGT. Le mal est fait et c'est dans ce climat hostile que les militants ont vécu ce début
d'automne. Il faut d'ailleurs saluer le courage et le discernement qui poussent chacun d'eux à poursuivre leur
engagement. C'est bien le corps militant qui s'est trouvé exposé subitement. Choqué par la violence de l' attaque,
mais aussi par l' ampleur de la faute.
Plus que jamais, dans le contexte Socio-économique défavorable aux salariés où les exigences du
Medef mises en oeuvre par le Gouvernement entraînent un recul social sans précédent, le besoin
d’une CGT forte avec des militants à l’offensive est plus que jamais indispensable pour le monde
du travail.
Pour autant, la Commission Exécutive de l’UD GCT 66 s’indigne que de telles sommes aient été
investies à fonds perdus et note le caractère démesuré de ces dépenses. L’affaire de « l’appartement » n’est que le
révélateur de dysfonctionnements internes qui touchent certes les questions financières mais aussi notre capacité de
débattre, de décider, d’agir collectivement et d’impulser l’action collective pour gagner le progrès social, ce qui
implique un débat sur la stratégie de lutte ainsi que la question de l’unité syndicale.
La justification devant la presse des sommes importantes dépensées pour l’appartement occupé par Thierry Lepaon
ou le bureau qu’il utilise et des indemnités perçues pour quitter ses fonctions de responsable de la région CGT
Basse Normandie pour accéder à celle de secrétaire général de la CGT ont produit un effet désastreux sur l’image
de la CGT à un moment ou de nombreux salariés sont confrontés à la précarité et aux bas salaires.
De ce contexte, il ne peut qu’émerger de la Direction Confédérale des décisions équivoques qui sèment le doute
parmi les militants de la CGT.
Ainsi la décision du Bureau Confédéral du 3 novembre dernier, concernant l’avenir des Prud’hommes (laissant
entendre que la CGT abandonnerait les élections), n’est pas de nature à favoriser les actions, déjà bien difficile à
impulser.
Les positions CGT portées dans les négociations sont, souvent, le fait d'un cercle d'initiés et non le fruit d'un débat
démocratique, comme le confirment, malheureusement, celles liées au « dialogue social» qui met en cause les
conventions collectives, le syndicat à l'entreprise de moins de 50 salariés et les conseillers du salarié.
La question des seuils sociaux et des propositions CGT portées dans le cadre de la négociation sur le dialogue
social questionne sur deux points : Les propositions portées ne s’opposent-elles pas aux décisions des congrès
précédents qui portent la nécessité d’organiser les salariés dans l’entreprise (ou à défaut au plus près), avec les
moyens d’intervention que représentent les institutions représentatives du personnel ? Qui a validé la feuille de
route et le contenu revendicatif de cette négociation ? Le CCN n’avait-il pas la compétence ?
Le CCN ne joue plus son rôle en étant relégué à une dimension d'échanges sans que ses expressions ne trouvent
écho dans la direction de la CGT, qui n'intègre que ce qui est conforme à sa vision et non à la richesse des débats et
des propositions émanant des organisations.
La CGT est dans la tourmente depuis la préparation du 50ème congrès et la situation actuelle met en évidence une
perte de valeurs CGT, de savoir faire et de respect des règles de vie. Le déni n’est pas acceptable, l’heure est à la
prise de responsabilités collective.
A situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles !
La Commission Exécutive de l’Union Départementale CGT 66 demande conformément à l’article
28 des statuts confédéraux, que soit organisé un CCN extraordinaire en lieu est place de l'assemblée du 15
Décembre des secrétaires généraux d'Unions Départementales et de Fédérations, la CEC se tenant le 16 décembre
(sic) celle-ci peut se tenir le 15 Décembre. Que ce CCN extraordinaire de décembre comme cela a été proposé par
bon nombre d'organisations du CCN, aborde ces questions est non seulement utile mais indispensable. Pour que les
salariés fassent « irruption» dans la vie sociale, encore faut-il que la CGT organise et s'organise pour impulser ces
actions revendicatives autour d'alternatives sociales, sociétales claires.
C’est pourquoi, compte tenu du discrédit considérable qu’ont jeté sur la CGT les explications peu convaincantes du
secrétaire général, la CE de l’UD 66 demande que ce CCN extraordinaire obtienne la révocation de celui-ci comme
le permettent les statuts de notre organisation mais aussi prenne la décision d'une recomposition, un renforcement et
renouvellement du bureau confédéral. Charge au CCN de mettre en place une direction CGT provisoire qui pourrait
être collégiale, sous contrôle du CCN jusqu’au prochain congrès qui devra être avancé à la fin de l'année 2015 ou
nous procéderons au renouvellement du bureau confédéral et à l’élection d’un nouveau ou d’une nouvelle
secrétaire générale.
Le CCN extraordinaire devra définir la date du prochain congrès confédéral afin que soient prises les décisions qui
s’imposent :
1. Identifier à tous les étages de la maison CGT les dysfonctionnements qui permettent de telles dérives car ses
dirigeants se doivent d’être exemplaires dans la défense des intérêts du monde du travail.
2. Réorganiser dans un cadre démocratique les procédures financières qui doivent être transparentes, les
militant(e)s et adhérent(e)s pouvant s’assurer de la bonne utilisation de leurs cotisations.
3. Construire des règles de vie permettant l’exercice d’un syndicalisme démocratique de masse et de classe à
même de répondre plus efficacement aux attaques de plus en plus violentes subies par les salariés.
Mais surtout le prochain congrès devra réaffirmer une orientation de transformation sociale qui est l’essence
même du syndicalisme CGT. Cette orientation passe par l'application stricte des statuts confédéraux qui s'appuient
sur un syndicalisme de classe et de masse, éléments fondamentaux perdus de vue depuis des années par les
directions confédérales.
Le syndicalisme étant une construction humaine, il est naturel que des doutes, des questionnements émergent. Seul
le débat en toute transparence permettra de les surmonter.
Dans notre département où la précarité est quasiment la règle, les militants sont convaincus que l'issue passe par
l'engagement des salariés, leur mobilisation et non par des réunions de « postures unitaires» créées dans le cadre de
négociations sur des projets qui ne sont pas les nôtres.
Rappelons que la confiance est le moteur de l'engagement syndical et que celle-ci ne se décrète pas, elle se mérite.
C’est parce que la confiance n’exclut pas le contrôle que nous ne doutons pas que notre demande sera prise en
compte.