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  • : Communistes Libertaires de la CGT
  • Communistes Libertaires de la CGT
  • : Les communistes libertaires sont un des courants fondateurs de la Cgt, sur une base anticapitaliste et révolutionnaire. Nous entendons renouveler ce combat, en intégrant les évolutions de la société d'aujourd'hui.
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QUI SOMMES NOUS ?

Ce blog est l’outil d’expression de communistes libertaires qui militent à la CGT, où ils défendent une perspective de renouveau du syndicalisme révolutionnaire, mouvement fondateur de notre confédération, et l’unification d’un syndicalisme de lutte et de transformation sociale. 

Nous combattons l'orientation confédérale actuelle de la CGT et agissons pour qu'une alternative à cette orientation émerge. Nous ne nous revendiquons d’aucune tendance ou fraction formalisée au sein du mouvement syndical. 

Pour autant, le tournant pris par notre confédération ces dernières années vers un syndicalisme d’accompagnement, voire de cogestion, nous incite à constituer un front syndical commun avec tous et toutes celles qui se réclament et pratiquent la lutte de classe, professionnelle et interprofessionnelle, autour des revendications et la lutte pour les faire aboutir. 

Attachés à la démocratie syndicale et au fédéralisme qui restent de mise au sein de la Cgt, respectueux du mandat donné par les adhérents et adhérentes des structures auxquelles ils et elles participent, les communistes libertaires relèvent d’un courant fondateur et constituant de la Cgt. 

Les syndicats, forme première d’organisation d’une résistance ouvrière, ont un caractère double et contradictoire. 

Organisations de masse ayant vocation à regrouper tous les exploités autour de leurs revendications immédiates, elles restent soumises à la domination politique d’un patronat qui les pousse à une plus grande intégration à l’appareil d’Etat. 

Dans cette bataille qui n’est pas qu’idéologique, nous ne partageons pas l’idée qu’il y aurait de mauvaises directions corrompues face à une base adhérente dont la « pureté » n’égalerait que la volonté d’en découdre. 

Bien au contraire, il existe à tous les niveaux de nos organisations une contradiction entre un syndicalisme de classe dont l’objectif est de mettre fin à l’exploitation capitaliste et un syndicalisme d’accompagnement dont la finalité réside dans l’adaptation du monde ouvrier qui produit les richesses à l’économie de marché globalisée qu’on voudrait faire paraître indépassable. 

C'est pourquoi nous n'entendons pas oeuvrer en simple opposition à nos directions actuelles mais en alternative à celles-ci, pour l'unité du mouvement social. 

Pour tout contact avec les communistes libertaires de la CGT : 

          communisteslibertairescgt@gmail.com

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24 juin 2011 5 24 /06 /juin /2011 10:48

Le 14 juin dernier, les organisations syndicales signataires et non signataires du protocole sur la résorption de l'emploi pércaire dans les 3 fonctions publiques ont annoncé (voir ici) qu'elles quittaient la séance du Conseil Supérieur de la fonction publique de l'Etat avant son terme. Le désaccord portant sur les conditions d'accès pour les contractuels et Cdd au dispositif de titularisation. Nous ne pouvons qu'être d'accord avec elles !

On se souvient que la Cgt avait signé le protocole d'accord, y voyant des avancées mais qu'elle serait vigilante quant aux zones d'ombre sur lesquelles le gouvernement ne s'était pas prononcé. Hors, ce sont bien ces zones d'ombre là (condition d'accès à la titularisation des contractuels nouvellement cédéisés, comme du reste les conditions d'accès à la cédéisation, comme du reste le chiffrage du nombre de contractuels qui bénéficieraient à terme d'une titularisation) qui posent problème.

Nous nous sommes déjà exprimés (voir ici) sur ce protocole sur la résorption de l'emploi précaire. Ce communiqué intersyndical risque fort de ne pas être le dernier. Si l'on peut comprendre l'intérêt à suivre les réunions de négociation (c'était un des arguments pour signer le protocle au passage) afin d'être au courant de l'évolution du contenu du projet de loi qui devrait êttre déposé à l'automne, on ne peut que rester dubitatif sur l'argumennt qui consiste à dire que la Cgt et les autres organisations syndicales y pèseront.

La question est bien de construire une mobilisation des précaires, commune aux trois fonctions publiques et ce dès la rentrée afin d'obtenir une loi de titularisation sans condition pour tous les agents non-titulaires actuellement embauchés.

Si les fédérations Cgt ne s'orientent pas vers cette démarche et attendent l'arme aux pieds les comptes-rendus de la délégation Cgt à chaque réunion de suivi du projet de loi, il est certain que la signature de la Cgt au protocole de résorption de la précarité sera perçue a posteriori, légitimement comme un blanc seing donné au gouvernement d'une part, et un frein à toute logique de mobilisation prioritaire dans les professions (fédérations)  et les territoires ((UL, UD) d'autre part.

La journée de mobilisation interprofesssionnelle débattue au dernier CCN des 15 et 16 juin pour la rentrée (voir ici), pourrait parfaitement inclure ce combat contre la précarité, et si les fédérations font faux bond, alors agissons dans nos syndicats et fédérons nous au niveau des unions locales et des unions départementales.

 

Le projet de loi relatif à la résorption de la précarité dans la fonction publique (voir ici)

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 13:57

psa-aulnay.jpgLa CGT de PSA-Aulnay a intercepté et rendu public une note de la direction de PSA, dévoilant le projet de celle-ci de fermer les deux usines d'Aulnay (Seine-Saint-Denis) « courant 2014 » et de Sevelnord (Nord) en 2013, ainsi qu'une usine à Madrid. Les deux sites français emploient respectivement 3 600 et 2 600 salariés. Si ces fermetures aboutissaient elles engendreraient des suppressions d'emplois chez tous les sous-traitants de ces deux usines et dans toutes les communes avoisinantes. La CGT 93 estime ainsi que chaque emploi industriel induit 3 à 4 emplois supplémentaires, donc au total ce sont près de 30000 emplois qui sont menacés.

 

 

Prise la main dans le sac, la direction de PSA, appuyée par le ministère de l'Industrie, s'est dépêchée d'affirmer que ces fermetures « n'étaient pas d'actualité ». Pourtant, le projet est bel et bien là, les écrits le prouvent, prévoyant d'organiser la résistance patronale aux mouvements sociaux dans les usines et détaillant un calendrier d'annonces progressives de la fermeture. Un détail révélateur des liens patronat-gouvernement : l'annonce franche de la fermeture était prévue pour le 2e semestre 2012, soit... juste après les élections présidentielles.

Par ailleurs, l'usine d'Aulnay n'a fait l'objet d'aucun investissement ces dernières années. Sa production est restreinte à un seul modèle, la C3, et 3000 emplois ont déjà été supprimés depuis 2004. Autant de signe allant dans le sens d'une volonté de fermeture. Tout cela est très bien expliqué dans un article de l'hebdomadaire patronal l'Usine nouvelle, qui reflète sans doute très bien l'état d'esprit de la direction de PSA.

 

La concurrence mondiale entre les entreprises du secteur automobile est de plus en plus féroce. La crise économique débutée en 2008 va sans doute aboutir à une réorganisation du paysage industriel mondial, avec l'absorption des entreprises dégageant le moins de profits par celles en dégageant le plus. C'est en baissant la rémunération de notre force de travail que les patrons comptent augmenter leur taux de profit. Pour cela, plusieurs choix s'offrent à eux : baisse des salaires directs et indirects (retraites, aides sociales, assurance chômage etc.), délocalisations, hausse du temps de travail (comme à Continental) ou intensification de la production. C'est cette dernière option qui semble être retenue par la direction de PSA puisqu'il ne s'agit pas a priori de délocaliser l'usine d'Aulnay mais de regrouper toute la production francilienne à Poissy sans embaucher en conséquence .

Rappelons au passage que, si le groupe PSA a subi de plein fouet la crise économique, il a largement bénéficié des aides de l'État et a ainsi pu recommencer à engranger des profits pour l'année 2010.

Ces projets de fermeture d'usines pourraient donc être les premiers d'une longue série. La crise économique va avoir pour conséquence une profonde réorganisation de l'emploi industriel. De même que la majeure partie de l'emploi des mines et de la sidérurgie a été liquidé en Europe occidentale après la crise de 1974, c'est l'automobile qui pourrait être visée dans les années qui viennent.

D'où la nécessité pour toutes les organisations syndicales de se préparer à une bataille prolongée

pour le maintien de l'emploi.

 

Et c'est maintenant que cette bataille commence. Plusieurs syndicats de la métallurgie et de la chimie du Nord ont appelé peu de temps après que le projet de PSA ait été dévoilé à la grève le 7 juillet (voir ici) contre la fermeture de l'usine de Sevelnord. Ce genre d'initiative, associant des travailleur-se-s de différentes boîtes et de différentes branches industrielles, est à multiplier. Si chacun se bat dos au mur dans sa boîte, alors les patrons nous écraseront. Tout le monde est concerné : salarié-e-s de PSA Aulnay et Sevelnord évidemment, mais aussi salarié-e-s des boîtes sous-traitantes, de la filière automobile en général et habitant-e-s des communes avoisinantes. Sur le fond, la revendication de « zéro licenciements » doit être reprise et popularisée, en particulier par les structures professionnelles et géographiques de la CGT.

Nos fédérations de la métallurgie et de la chimie ont de grandes responsabilités à coordonner et impulser la lutte au niveau national et international. Certes, aujourd'hui ce sont les travailleurs et travailleuses de PSA qui sont dans le collimateur. Et demain, ceux de Renault ?

cgt-es-psa.jpgDes liens peuvent naturellement se créer avec les syndicats de PSA à Madrid, dont la Cgt espagnole (anarcho-syndicaliste) dispose d'une section et d'une légitimité significative dans cette entreprise. 3 boîtes de PSA dans le collimateur, 3 boîtes qui disposent de syndicats de lutte de classe qui ont une réelle audience et qui ont mené des luttes dures sur les salaires, les conditions de travail et pour des embauches nouvelles ces dernières années. Ce sont déjà quelques atouts pour la lutte.

Enfin, en parallèle à la revendication immédiate de zéro licenicement, il faut également opposer au patronat et au gouvernement des revendications de moyen terme sur l'emploi industriel. De ce point de vue, ce ne sont pas des termes flous ou « à la mode », comme le « développement humain durable », boussole politique avalisée à notre dernier congrès confédéral, qui armeront les travailleur-se-s pour la lutte.

La revendication de Sécurité sociale professionnelle nous semble par contre plus intéressante. Mais elle a le défaut qu'ont toutes les revendications de moyen terme : si elle ne se double pas de luttes sur le terrain sur les revendications immédiates (ici : aucun licenciement), alors elle ne sert qu'à blablater pendant que les travailleur-se-s se battent le dos au mur.

C'est pourquoi il nous semble stérile d'opposer cette revendication et l'opposition immédiate aux licenciements.Les deux s'articulent. Ne nous perdons pas dans des batailles internes à nos syndicats. Au contraire, mettons sur le tapis l'ensemble des revendications sur lesquelles nous avons par le passé bataillé, à savoir une retraite pleine et entière à 55 ans, la réduction du temps de travail, l'interdiction du travail de nuit, les libertés syndicales, l'augmentation des salaires...

Reste la question de l'interdiction des licenciements, portée notamment par les militant-e-s LO, NPA et POI dans les organisations syndicales. Nous ne sommes pas favorables en soi à ce type de revendications, qui laissent entendre que l'État pourrait intervenir pour atténuer la violence patronale, alors que dans l'immense majorité des cas il fait front avec le patronat contre les travailleur-se-s, sans même s'en cacher.

Nous lui préférons la revendication de droit de veto des travailleur-se-s sur les licenciements, qui remet le pouvoir de décision entre les mains des travailleur-se-s.

Là-aussi, cette revendication doit être vue comme dynamique, c'est-à-dire s'appuyant sur notre action directe dans les boîtes. Il s'agit avant tout de populariser l'idée que c'est aux travailleur-se-s de décider. Le patronat n'est qu'un parasite, c'est aux travailleur-se-s de décider de la finalité de la production, pas à aux marchés financiers. C'est ce que nous appelons un processus de mobilisation et de jalonnements de revendications gagnées qui s'inscriraient dans la législation, visant à l'autogestion socialiste.

Le capitalisme n'a aucun avenir, son développement l'emmène droit dans le mur. La suite, c'est à nous

de la préparer.

 

Autres articles concernant l'annonce du plan de fermetures et les perspectives de lutte :

- sur le site des Communistes Libertaires du 93

- sur le site de Où va la Cgt ?

- sur le site du Front Syndical de Classe

- Communiqué de la FSE (Fédération Syndicale Etudiante)

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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 10:55

un-million-de-non-titulaires.png6 organisations syndicales sur 8 (CGT, CFDT - communiqué ici, , CFTC, CGC, FO et Unsa - communiqué ici) ont signé le 31 mars un accord concernant l’accès à l’emploi titulaire et l’amélioration des conditions d’emploi des contractuels pour les trois fonctions publiques, et qui servira de base à un projet de loi prévu pour l’automne 2011. S’agit-il de promouvoir, comme le défendent Georges Tron, secrétaire d’État chargé de la fonction publique, ainsi que certains syndicats signataires, un plan de résorption de la précarité dans la fonction publique ? Ou bien s’agirait-il plutôt, en consacrant le recours aux contrats à durée indéterminée de préférence aux contrats à durée déterminée prévalant jusque-là, de poursuivre l’affaiblissement du statut de fonctionnaire ?

Dans tous les cas, la question non posée est celle de l’absence d’une mobilisation massive des précaires de la fonction publique et c’est bien sur ce terrain là que la donne peut changer.

 

Le contenu de l’accord

Au terme de réunions hebdomadaires avec les représentants des employeurs publics et les syndicats depuis la fin 2010, le texte final expose en préambule son attachement au statut et reconduit le principe de l’affectation de fonctionnaires sur des emplois permanents afin d’endiguer le recours aux contrats précaires. La titularisation sera ainsi autorisée par concours et examens professionnels « spécifiques » ouverts, dès la loi publiée, aux personnes embauchées en CDI et CDD occupant des emplois permanents, y compris à temps non complets, et justifiant de quatre ans de contrats sur six ans, dont deux ans au moins avant la signature du protocole. Les CDD sur emplois permanents auprès du même employeur depuis au moins six ans sur huit ans (trois sur quatre ans pour les 55 ans et plus) deviendront automatiquement des CDI.

Dans la territoriale, le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale réalisera le suivi des listes d’aptitude pendant que les centres de gestion s’occuperont des postes vacants. Des contrats écrits et de nouveaux contrats types sont censés garantir la transparence des recrutements. Un encadrement plus rigoureux des contrats temporaires et des licenciements est prévu. Le protocole évoque aussi des circulaires communes aux trois fonctions publiques, un contrôle de légalité et la création de comités techniques pour surveiller l’application des mesures. Le droit à l’évaluation et à la formation existe déjà pour des contractuels, mais le protocole prévoit de les renforcer. L’évolution de la rémunération, la prise en compte de l’ancienneté, l’indemnisation chômage et une indemnité de fin de contrat sont en outre envisagés, au moment où les contractuels de l’Etat deviennent électeurs et éligibles dans les comités techniques, comme ils le sont déjà dans la FPT et la FPH. Le rôle des nouvelles commissions consultatives paritaires de l’Etat sera en outre évalué. En cas de mobilité, certains CDI et leurs droits associés pourraient être transférés.

 

La position des syndicats

Selon Georges Tron qui a annoncé la veille de la réunion conclusive qu’il y aurait 100.000 « CDIsations » pour seulement 50.000 titularisations, nous aurions affaire à un « accord tout à fait important pour la résorption de la précarité dans la fonction publique, qui vise à corriger la situation absolument injustifiable de plusieurs dizaines de milliers de CDD ». Didier Bourgoin, secrétaire général du Snucliss-FSU explique que « Malgré 60 % de votes favorables au sein de la FSU, celle-ci n’a pas signé l’accord, 70% étant nécessaire (…) S’il n’est pas bon, cet accord n’est pas le plus mauvais et peut déboucher sur une réglementation favorable aux non-titulaires » (tract FSU ici).

Dorine Pasqualini pour Solidaires Fonction publique qui n’a pas paraphé l’accord (communiqué ici) constate que « Le cadre dans lequel se déroulera l’application du protocole – suppression d’un emploi sur deux parmi les départs, non dé-précarisation de nombreux contractuels – est très contraint. Et les employeurs n’ont pas un centime pour le mettre en œuvre ». Enfin, Baptiste Talbot, secrétaire général de la fédération CGT des services publics, justifie la signature du texte de la manière suivante : « La CGT-Fonction publique a signé ce texte, car ce dispositif de titularisation s’adresse à nombre d’agents et accorde des droits supplémentaires aux non-titulaires. Mais, concernant la territoriale, nous n’y trouvons pas notre compte. Nous constatons des difficultés récurrentes à faire appliquer les textes. Il faut mieux encadrer les choses. Notre crainte, c’est qu’il n’y ait pas volonté de titulariser ceux qui bénéficieront de CDI, avec des dérives sur les rémunérations ».

 

Une politique invisible : précariser le statut

Cet accord sort-il définitivement les « invisibles de la fonction publique » de cette précarité qui les affecte autant qu’elle ronge l’édifice protecteur du statut de fonctionnaire ? Surtout que cette précarité confine plusieurs centaines de milliers de salarié-e-s dans cette zone de non-droit où ne s’appliquent ni la protection statutaire ni celle offerte par le Code du travail ! Les précaires, ce sont quand même (au 31 décembre 2008) 872.600 non-titulaires, soit 16.5 % des effectifs totaux. En dix ans, la fonction publique d’Etat est passée de 12.6 % à 14.4 % de précaires, la fonction publique hospitalière de 9.6 % à 14.5 % et la fonction publique territoriale de 20.9 % à 20.5 % (cette baisse relative s’expliquant par le transfert de certains personnels d’Etat, tels les TOS, entre 2006 et 2008). C’est pourtant dans la fonction publique territoriale (et surtout dans les petites collectivités et les anciennes colonies ultra-marines) que la proportion d’agents non-titulaires est la plus forte : en 2009, sur un total de 1.9 million d’agents, 1 sur 5 occupait un emploi précaire (et 68 % sont des femmes) !

Si un CDI vaut mieux qu’un CDD, un CDI vaut-il mieux qu’un fonctionnaire ? Si cette logique semble avoir prévalu chez la plupart des syndicats signataires, elle avalise le coin de la fin de l’exception statutaire qui arrache des millions de salarié-e-s de la violence lucrative du marché (de l’emploi – autrement dit de l’autorisation à exploiter la force de travail pour en tirer profit). Le mieux social aurait été un plan général de titularisation équivalente à une fonctionnarisation des précaires qui de fait renforcerait le statut tout en permettant l’extension sociale du domaine des services publics.

La substitution préférentielle de la « CDIsation » à la titularisation dans la fonction publique s’inscrit délibérément dans la logique économique de la RGPP (Révision Générale des Politique Publiques) dont l’inspiration néolibérale vise à inscrire dans le champ du rentabilisable le principe de gratuité régissant la morale des services publics. La RGPP cherche aussi à réduire leurs champs d’action, notamment par le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, afin de dégager des marges de manœuvre pour le privé (sous la forme des PPP – ces partenariats public-privé signifiant le démarrage de processus privatisation de l’action publique). La « CDIsation », doublant comme une ombre sur le plan salarial la dynamique de privatisation des services publics, ne signifie pas autre chose que la privatisation rampante des personnels travaillant dans les trois fonctions publiques.

 

Et maintenant , on fait quoi ?

La signature de la Cgt, portée par une appréciation positive de ses principales directions syndicales nationales (et notamment celles de l’UGFF) lors des consultations internes des syndicats pour parapher ou non l’accord sur les Agents non-titulaires (voir note Cgt de synthèse interne), est-elle synonyme de trahison, d’acceptation de la précarisation du statut de fonctionnaire ? La réponse ne peut être tranchée par oui ou par non. En effet, s’il y a de quoi être sceptique et mauvaise langue à la lecture ne serait-ce que du titre du communiqué de la Cgt Fonction publique qui présente son accord comme une signature « responsable et vigilante », le débat interne lors des consultations des syndicats et fédérations de fonctionnaires Cgt a fait apparaître des positionnements moitié pour et moitié contre avec un positionnement à 80% contre des syndicats de la fédération des services publics Cgt (les territoriaux, là même où il y a le plus de précaires). En définitive, la signature de la Cgt a été rendue possible par le fait qu’au moins deux fédérations sur 3 étaient pour.

Cela étant dit, doit-on s’en arrêter là et maugréer dans son coin cette signature ou au contraire reprendre les engagements de la Cgt Fonction publique auprès de ses syndicats, qui affirme qu’elle sera vigilante sur la question du nombre de précaires à cédéiser et ensuite à titulariser dans l’objectif que personne ne soit laissé sur le carreau ? Il y a là pour tous les syndicalistes Cgt une attitude résolument offensive à avoir.

Les camarades opposés à la signature au nom de la revendication de la fonctionnarisation de tous les précaires immédiatement comme les camarades qui sont dans une approche de résorption par un suivi vigilant des différents comités de cédéisation et de titularisation doivent se retrouver sur une logique syndicale, à savoir la mobilisation de tous les précaires des 3 fonctions publiques. Car en définitive, c’est cela qui fera céder l’Etat patron sur le flou délibérément entretenu quant au nombre de titularisable et sa volonté de casser le statut protecteur de fonctionnaire.

Hors, les mobilisations unitaires des 9 décembre 2010 et du 20 janvier 2011 sont restées très insuffisantes, faute d’un travail de coordination réelle entre les syndicats de fonctionnaires Cgt à tous les échelons (Confédéral, fédéral, départemental et local).

Les camarades de la fonction publique de l’Union Régionale Ile de France (URIF) Cgt ont organisé le 23 mars dernier une mobilisation devant Bercy dont la tonalité était celle d’une bataille pour la titularisation de tous et toutes.

Si nous sommes très critiques à l’encontre de la signature du protocole sur les ANT, c’est aussi parce que le gouvernement pourra très bien pondre une loi à l’automne qui ne reprenne pas les quelques garanties obtenues et présentées comme des conditions de la signature Cgt, et ainsi pendant quelques mois prétendre avoir l’aval des organisations syndicales.

C’est pourquoi, quelque soit le contenu de la loi et ses déclinaisons pratiques, la meilleure défense reste l’attaque, à savoir engager dans les syndicats un travail d’information auprès des précaires, puis d’organisation et enfin proposer aux échelons les plus adéquats des mobilisations unitaires sur la base de la titularisation de tous et toutes.

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17 avril 2011 7 17 /04 /avril /2011 15:37

Deux cents personnes se sont rassemblées jeudi 14 avril devant le Tribunal de Lorient pour

soutenir le camarade docker accusé injustement d'avoir lancé des pierres sur les forces de l'ordre lors de la manifestation du 19 octobre pendant la lutte des retraites. Principalement Cgt de divers syndicats, le rassemblement comptait aussi quelques syndicalistes Sud, FO, 2 drapeaux FSU, la Cnt ainsi que des organisations politiques (Pcf, Npa, FA et Alternative Libertaire). Bref, le landerneau militant était presque au complet mais pas de mobilisation massive alors que nous avons appris dans la semaine que deux autres camarades dockers cgt sont convoqués le 28 avril, probablement à la suite des actions de blocage du dépôt pétrolier de Lorient en octobre dernier.

Pour Gaëtan Le Bolay, le jugement a été mis en délibéré le 12 mai, le procureur ayant demandé une peine de 2 mois de prison avec sursis et 200 euros d'amende.

Aux syndicats Cgt, dans l'unité avec les autres organisations syndicales, de se mobiliser à nouveau pour la relaxe pur et simple.

 

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 20:03

 

nettoyeursNous avons déjà évoqué la grève victorieuse des personnels précaires du ménage de

l'université de Jussieu contre leur licenciement.

 

Avant la grève : un travail militant continu

D'abord, cette grève ne sort pas de nulle part. Elle est la conséquence d'un travail

militant continu de la part des organisations syndicales de lutte, en particulier la

CGT, sur la fac.

L'intersyndicale nationale de l'enseignement supérieur et de la recherche a lancé à

l'automne 2009, sur impulsion de la CGT, une campagne nationale contre la précarité,

s'appuyant notamment sur une enquête sociologique décrivant avec précisions

l'étendue de la précarité dans ce secteur (voir le site intersyndical

http://www.precarite-esr.org/). Les syndicats CGT de Jussieu (Fercsup et SNTRS) se

sont appuyés sur cette campagne pour tenter d'initier une mobilisation locale, en

lien avec la FSU, Sud et FO. Des réunions d'informations par services et labos, puis

une assemblée générale de précaires, ont été organisées, aboutissant à la rédaction

d'un cahier revendicatif. Plusieurs personnels précaires sont ainsi venus solliciter

la CGT pour être défendus.

A cela s'ajoute une intervention constante de la CGT en direction de ce service (où

personne n'était syndiqué avant la grève) sur les conditions de travail, les locaux

etc.

Quand l'administration de la fac a tenté une première vague de licenciement au

service du ménage au mois de juillet 2010, c'est donc tout naturellement que les

personnels se sont tournés vers les organisations syndicales. La présidence a

l'habitude de contourner toutes les instances statutaires (CTP, CA etc.) tout en

organisant moults réunions non-statutaires où les syndicats comme l'UNSA sont

sur-représentés et la CGT sous-représentés. Une telle réunion étant justement

organisée sur le thème de la précarité, c'est tout naturellement que l'idée

d'envoyer une délégation à cette occasion a émergé. La présidence, la CFDT et l'UNSA

n'était pas très contents mais le résultat est là : tous les personnels menacés de

licenciements ont été réintégrés.

Quelques têtes ont ensuite sauté au sein de l'administration. Celle-ci a également

tenté une représaille par le licenciement de l'élu CGT à la commission paritaire des

non-titulaires mais s'est finalement rétracté.

La suite a déjà été racontée.

En bref, la présidence a tenté de ne renouveler aucun des 30 CDD se terminant fin

décembre. L'intersyndicale a d'abord lancé une pétition qui recueillera au total

5500 signatures (sur 20000 personnels plus les étudiant-e-s) puis, devant

l'intransigeance de la direction, l'ensemble du service du ménage s'est mis en

grève. Après 9 jours de grève totale, l'ensemble du personnel a été réintégré.

 

Substitution contre auto-organisation.

Cette lutte démontre que les précaires peuvent faire grève et gagner. Cela va à

l'encontre d'une croyance commune dans le mouvement syndical et largement relayée

par nos bureaucraties, énonçant qu'il est trop dangereux pour les précaires de faire

grève et que les organisations syndicales et/ou les personnels titulaires doivent

donc se substituer à leur action. Ainsi, les revendications des précaires sont

souvent portées de façon extérieure par les organisations syndicales, avec tous les

travers que cela induit. Par exemple, bien des syndicalistes se sentent obliger de

justifier la lutte contre la précarité par le fait que « la précarité nuit à tout le

monde, précaire comme titulaires », alors que ça n'est pas le problème. Du coup, les

précaires ne se sentent pas représentés, ne se syndiquent pas et le cercle vicieux

est fermé.

Bien évidemment, il est plus dur pour les personnels précaires de faire grève et de

revendiquer leurs droits. Les organisations syndicales doivent donc être en situation d'impulsion

de leur action par moment : comme nous l'avons décrit plus haut, une grève n'émerge pas

de nulle-part. Mais en dernier ressort, pour reconstruire une conscience collective

et des syndicats de lutte parmi les précaires, leur action directe est

incontournable.

A Jussieu, le clivage entre UNSA-CFDT d'un côté et CGT-FSU-FO-SUD de l'autre ne

s'est pas tant fait sur les modes d'action à employer (grève ou juste pétition) que

sur le soutien ou pas aux modes d'action et aux revendications décidés par les

personnels concernés. Celles et ceux-ci étaient d'ailleurs bien plus déterminés que

la plupart des militant-e-s syndicaux, tout bord confondu, pour la bonne et simple

raison qu'ils et elles étaient directement concernés par les licenciements et la

grève. La CGT a joué le jeu jusqu'au bout en assistant simplement en observateur aux

AG de grévistes et en soutenant toutes leurs décisions.

Au-delà de cela, cette grève montre que faire grève, c'est encore possible et

efficace dans les facs, ce qu'une bonne partie des collègues ont oublié, comme on a

pu le constater lors du mouvement social des retraites de l'automne 2010, où aucune

fac n'a réussi à partir à plus d'une poignée en grève.

Sur les 9 jours de grève, 3 ne seront pas retirés des salaires et 4 pourront être

couverts par les caisses de grève des grévistes (largement alimentée par les

personnels) et de l'intersyndicale.

 

Et maintenant ? On continue !

A l'issue de cette lutte, la plupart des personnels du service ont choisi de se

syndiquer à la CGT. Ils et elles le font en connaissance de cause, pas (juste) pour

grappiller quelques euros de plus à la fin du mois. Les personnels sont bien

conscients que l'externalisation des services techniques est encore d'actualité pour

la présidence, qu'ils ne sont pas titularisés et qu'être organiser collectivement

sera une force dans le futur. Des camarades du ménage ont ainsi participé à une AG

sur la précarité dans l'enseignement supérieur et la recherche organisée par les

grévistes de l'École normale supérieure et à la manifestation du 20 janvier contre

la précarité dans la fonction publique.

La lutte des personnels de l'École normale supérieure de Paris est un autre exemple

extrêmement intéressant. Les personnels précaires de la cantine y sont en grève

depuis 2 mois. Il s'agit d'un mouvement offensif : les personnels n'étaient pas,

comme à Jussieu, menacés de licenciements. Ils ont décidé d'entrer en lutte parce

qu'ils étaient exaspérés des CDD à répétition. Des contacts avec les militant-e-s

étudiant-e-s de l'ENS ont servi d'électrochocs.

Ce qui manque en général, ce n'est pas tant la détermination des salarié-e-s

précaires. Si ceux-ci se sentent soutenus par des organisations syndicales et des

personnels titulaires, s'ils réalisent qu'il est légitime de se battre, alors tout

est possible.

Alors assez de misérabilisme et vive les luttes de travailleur-se-s précaires !

 

Mariman

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 07:44

saint-gobain-glass-Emerchicourt-un-acco-849460À Aniche, la direction de Saint-Gobain Glass refuse de respecter les termes d’un accord, signé en 2009. Mais cette fois, les travailleurs ne se sont pas laissés faire. Après plusieurs jours de grève, ils ont réussi à faire entendre leurs revendications.

 

Depuis plusieurs mois déjà, les salariés de la société Saint-Gobain Glass à Aniche (dans le département du Nord) n’ont de cesse de réclamer l’embauche des précaires sur le site. Cette usine est conçue pour fabriquer du verre « float » : dans un grand four plat, avec de l’étain en fusion, on coule du sable et d’autres matières premières, pour obtenir du verre plat, destiné au secteur du bâtiment.

 

Dès le mois de juillet, plusieurs salariés de différents ateliers interpelaient les élus CGT, pour leurs exprimer leur ras-le-bol, face au sous-effectif et à la systématisation d’embauches en CDD.

 

Ce qui a déclenché la colère des salariés, c’est la remise en cause par la direction d’un accord établi en 2009 qui prévoyait l’embauche de trois personnes supplémentaires. La direction ne voulant pas discuter, trois salariés ont décidé – avec l’appui de la CGT – de se mettre en grève. Trois jours plus tard, la CGT propose 24 heures de grève, et l’installation d’un piquet à la porte de l’usine. Une assemblée générale est organisée sur le piquet : 98 % du personnel ouvrier de l’usine décide de se mettre en grève et de durcir le mouvement, en ne laissant plus les matières premières rentrer sur le site. Du jamais vu : ne plus laisser passer les matières premières implique en effet le risque d’un arrêt de coulée, ce qui peut déboucher sur un arrêt complet de l’usine, entraînant des réparations telles que la direction préférerait fermer l’usine.

 

Les salariés sont évidemment conscients du risque. Cependant, ils ne décolèrent pas pour autant, et continuent le blocage. On sort les barbecues, les palettes, tandis que des salariés d’entreprises du coin viennent montrer leur soutien. La direction s’obstine et fait appel à plusieurs huissiers de justice afin de constater toute infraction commise par les grévistes. Les constats tombent, et six élus CGT sont convoqués au tribunal. Le délégué syndical central reçoit une plainte pour violence sur un cadre de l’entreprise.

 

La direction décide après neuf jours de grève de ne pas céder face aux travailleurs. Par son acharnement, elle opte donc, en toute connaissance de cause, pour un arrêt de coulée ! En AG, les salariés finissent alors par suspendre le mouvement.

 

Il faudra l’intervention de la Direction départementale du travail et de l’emploi, du préfet et de l’inspection du travail, pour que la direction et la CGT puissent enfin discuter. Après huit heures de négociations et neuf jours de grève, les salariés obtiennent les trois embauches promises.

 

Le délègue central a été convoqué à un entretien préalable à sanction, pour avoir bousculé un cadre de l’entreprise – il faut tout de même savoir que le camarade est en retraite au mois de juin, et que la direction n’exclut pas un licenciement… Les salariés restent prêts à redémarrer le mouvement, si leur camarade venait à être sanctionné.

 

Une semaine après la reprise du travail, tous les élus CGT ont quitté les instances telles que le Conseil d’entreprise (CE) ou le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ; plus aucune réunion n’a lieu, la CGT étant largement majoritaire dans le CE ou le CHSCT. Et depuis la fin du conflit, le syndicat CFDT a été dissout : plus personne pour continuer, ils ont lâché les ouvrier, les ouvrier les ont lâchés !

 

Eddy.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 11:26

  nettoyeurs.gifAprès neuf jours de grève totale, les personnels précaires du ménage de l’université de de Paris VI ont empêché le licenciement de la moitié du service.

 

Depuis le passage à l’autonomie des universités (loi LRU de 2009), celles-ci peuvent désormais gérer leurs personnels comme elles le souhaitent, dans la limite d’un plafond d’emplois fixé par le ministère. Bien des présidents d’université sont ainsi tentés de livrer les personnels techniques (ménage, restauration, sûreté, jardinage, etc.) à des boîtes privées. Le président de la faculté de Paris VI Jussieu a ainsi décidé de ne renouveler aucun des trente CDD se terminant fin décembre au ménage, ce qui représente la moitié de ce service déjà en sous-effectif, composé pour l’essentiel de jeunes femmes précaires.

 

Déjà en juillet, la présidence avait tenté de licencier plusieurs CDD et s’était rétractée après l’envahissement par les personnels et des militantes et militants syndicaux CGT, FO et FSU d’une réunion entre syndicats et direction. L’UNSA et la CFDT, impliquées dans la direction de l’université, ont fortement critiqué cette action. Le 18 novembre, suite à l’annonce des trente licenciements, mêmes divergences côté syndicats. La CGT encourage les personnels à agir directement et à déterminer la conduite de la mobilisation. L’UNSA et la CFDT, à l’inverse, pensent que la construction d’un rapport de force gênerait les négociations avec la présidence et que les syndicats doivent se substituer à l’action des personnels précaires.

Rapport de force contre cogestion

 

Les personnels, tous non-syndiqués, hésitent. Cinq jours plus tard, une pétition de soutien a recueilli plus de 2000 signatures et la présidence ne propose que de reconduire 15 des 30 CDD. Constatant le manque d’efficacité des négociations à froid, les personnels votent la grève à l’unanimité, soutenus par la CGT, FO, la FSU et SUD.

 

La grève bénéficie tout de suite d’un soutien fort des personnels, des étudiantes et des étudiants . Elle est très visible du fait de l’amoncellement rapide des détritus, de l’organisation régulière de rassemblements et de manifestations à l’intérieur de la fac et de la mise en place d’un piquet de grève bloquant l’entrée de la déchetterie. Au bout de trois jours de grève, les personnels obtiennent la reconduction de vingt-deux contrats, dont dix en CDI ou en poste de fonctionnaires, et le paiement de tous les jours de grève. Cela fait toujours huit salarié-e-s sur le carreau, la grève est reconduite.

Ne rien lâcher

 

La direction change alors de stratégie  : elle se rétracte concernant le paiement des jours de grève, multiplie les coups de pression sur le piquet de grève et emploie des boites privées pour nettoyer discrètement.

 

Malgré des périodes de doute, les personnels reconduiront systématiquement la grève à l’unanimité, revendiquant «  zéro licenciements  ». Beaucoup de personnels techniques se reconnaissent dans cette lutte et organisent des collectes pour alimenter la caisse de grève. La pétition atteint les 5500 signatures (pour environ 20000 personnes sur le site de Jussieu), et la grève menace de s’étendre à d’autres services. Finalement, le 2 décembre, la présidence s’engage à reconduire tous les CDD dans un communiqué rageur.

 

Cette grève montre que, contrairement à une idée en vogue dans le mouvement social, les personnels précaires peuvent lutter dans leurs boîtes, sans que des organisations syndicales ne se substituent à leur action. Les raisons qui ont conduits au déclenchement de cette grève vont sans doute se retrouver dans d’autres facs prochainement (voir article « Restructurations en prévision ! »). Espérons que cette grève exemplaire inspirera d’autres salarié-e-s.

 

Mariman.

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1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 22:15

 Agen-19-Oct-2010-Greve-Manif-Retraites-014.JPGDu 18 octobre au 3 novembre, des travailleurs de l’entreprise Babcock, à Nérac (Lot-et-Garonne), se sont mis en grève. Principalement issus des ateliers de production, les grévistes ont travaillé à dépasser le caractère minoritaire de la grève et réussi à faire évoluer le rapport de forces au sein de l’entreprise.

L’entreprise Babcock Wanson de Nérac, dans le Lot-et-Garonne, est un établissement composé de 143 salarié-e-s, où les ateliers ne représentent qu’un tiers des effectifs. C’est au sein de ces ateliers que commence le mouvement, autour d’un noyau dur de 20 grévistes principalement issus de l’atelier chaudronnerie. À ce noyau dur s’associa une trentaine d’autres ouvriers de l’entreprise. La contestation du projet gouvernemental sur les retraites et la conviction que le problème des retraites, des salaires et de l’emploi sont liés, ont bien évidemment favorisé l’émergence du conflit. Ainsi la plupart des ouvriers du noyau dur ont participé aux journées nationales de grèves de septembre et octobre. Un autre facteur déclencheur a été le renforcement significatif du nombre d’ouvriers syndiqués à la CGT au sein de l’atelier chaudronnerie, en particulier de jeunes de moins de 30 ans. Ce sont eux qui ont mené cette grève.

 

Une direction sourde aux revendications

Leurs motivations étaient doubles : d’un coté un ras-le-bol face aux méthodes de contrôle de plus en plus insupportables mises en place par la direction. De l’autre, une insatisfaction profonde face à leur salaire. La direction profite de la quasi absence d’emplois industriels dans la région pour les faire stagner, après 10 ans d’expérience, autour de 1200 euros nets, pour un travail très qualifié et exercé dans des conditions pénibles : chaleur, bruit, fumées… Le 12 octobre, le syndicat CGT appelle à une AG qui permet aux salarié-e-s de tous les secteurs de l’entreprise d’exprimer leurs revendications. Une seconde AG, le 14, permet d’amender et de voter le cahier de revendications. Pendant cette AG, les ouvriers de la chaudronnerie annoncent leur intention de se mettre en grève dés le lundi suivant. Le cahier est présenté à la direction par les délégué-e-s CGT et puisque les revendications n’obtiennent pas satisfaction… la grève démarre le 18 comme prévu.

 

S’ouvrir aux non-grévistes

Les ouvriers s’organisent alors en AG permanente de grévistes. Dépasser le caractère minoritaire de la grève est au cœur de leurs préoccupations : information régulière des non-grévistes, organisation d’AG ouvertes aux non-grévistes, consultation de tous salarié-e-s sur les revendications, pétition de soutien signée largement par la majorité des non-grévistes et par un nombre significatif de cadres, repas de solidarité pour récolter des fonds… Les grévistes s’adressent aussi aux salarié-e-s des autres établissements du groupe CNIM au travers de tracts diffusés par les syndicats CGT de ces établissements, et participent aux manifestations nationales du mois d’octobre et à des actions de blocages filtrants avec des militantes et militants CGT et FSU de l’Albret. Enfin ils gèrent collectivement les relations avec la presse et les négociations avec la direction.

 

Faire changer le rapport de force

Au final, les grévistes se rendent à l’idée qu’une généralisation du mouvement au niveau national ne semble pas possible et qu’ils ne peuvent pas renforcer le rapport de force pour imposer des reculs supplémentaires à la direction. L’AG des grévistes décide le 3 novembre au soir de signer un protocole de fin de grève : le résultat principal est un gain de 55 euros mensuels pour tous les ouvriers, moins de la moitié de l’objectif que les grévistes s’étaient donné. Mais ce conflit a permis au rapport de force dans l’entreprise d’évoluer en faveur des salarié-e-s. Surtout, les jeunes grévistes ont beaucoup appris de ce conflit, point positif pour l’avenir. Sans compter qu’à court terme, ils pourraient bien s’associer aux actions collectives qui ne manqueront pas de s’organiser dans la continuité du mouvement social en cours.

Jacques Dubart.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 20:36

En octobre 2009, la direction du site Philips de Dreux annonce un plan social et la fermeture de l’usine. En janvier 2010, l’autogestion est votée lors d’une AG et la production est relancée. En février, les travailleurs portent plainte contre la direction qui se voit obligée de maintenir la production. Pourtant en avril, le plan social est voté et l’usine ferme. Retour sur ces événements avec Manu Georget, délégué syndical CGT du site.


Alors que vous aviez le dessus lors de la lutte pour le maintien de la production, l’usine a fermé, que s’est-il passé ?

Le 12 février, la direction a décidé arbitrairement de fermer le site sans aucun avis et sans même présenter son argumentaire économique aux élus du comité central de l’entreprise (CCE). L’organisation CGT du site et l’union locale FO ont entamé une procédure judiciaire qui a imposé la réouverture et le maintien de la production. Suite à ça, il y a eu, entre la direction et des syndicats jaunes, un accord qui a débouché sur le projet de fermeture.

Pourtant l’argumentaire économique de la direction ne tenait pas la route ?

Le cabinet d’experts-comptables Syncea, sollicité par le CCE et l’ordonnance de justice démontraient que Philips n’avait pas de problèmes économiques, se dégageait de l’outil industriel en Europe occidentale pour faire du négoce et envoyait tout en Europe de l’Est. L’avis du CCE a été donné par FO, la CFTC, la CGC et la CFDT. Seul la CGT a refusé la consultation considérant qu’on n’avait pas les éléments suffisant concernant l’argumentaire économique.

C’était déjà à cause de FO que le contrôle ouvrier en janvier avait pris fin ?

Ils ont toujours pourri la lutte, sur notre site en tout cas c’est une tradition. Pendant l’autogestion, la direction de Philips a déclaré illégal le contrôle ouvrier et a menacé des salarié-e-s de faute grave. Nous avons voulu mettre en place un droit de retrait pour protéger toutes et tous les salariés avec une inspection du travail par le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Et là, encore une trahison du syndicat FO comme il y en a eu tous au long du processus depuis 2008, qui a donné l’aval à la direction pour le retrait du CHSCT et pour imposer des heures supplémentaires à un salarié pour vider les entrepôts.

Cette idée d’autogestion, comment est-elle venue ?

L’idée, elle germe depuis longtemps au sein du syndicat CGT de la boîte. Lors de la Fête des travailleurs en lutte, le 14 novembre, à Champhol, on a fait un débat : « Quelle alternative politique contre cette casse industrielle ? » et on a commencé à mettre en avant l’idée de l’autogestion. On a fait prendre conscience aux salarié-e-s qu’il y avait une alternative de lutte plus violente que de casser les préfectures comme Continental ou de mettre des bouteilles de gaz comme New Fabris. Plus violente, parce que là on s’attaque directement au profit.

Lors d’une AG le 5 janvier, plein de propositions étaient lancées et l’idée d’autogestion est apparue : seulement 5 personnes étaient contre. Même les cadres et certains du management team étaient d’accord.

Pour toi quel est bilan de ce contrôle ouvrier ?

Quand on a mis en place l’autogestion sur le site, en une heure tous les circuits d’approvisionnement avaient été ramenés vers Dreux. En une journée nous avions assez de composants pour fabriquer 5 000 appareils permettant de redistribuer en un mois de travail plus de 20 000 euros à chaque salarié du contrôle ouvrier. On a montré que c’est nos compétences qui font la valeur ajouté du travail. Nous, on peut produire sans patron, on est capable de maintenir un outil industriel et un salaire.

En somme, l’idée c’est de se battre pour le maintien de l’emploi et pas pour les indemnités ?

En exigeant un vrai argumentaire économique avant de s’intéresser aux indemnités comme l’ont fait FO et la CFDT, on aurait pu maintenir l’emploi. Notre lutte était légitime parce qu’elle était pour le maintien de l’emploi. Si on lutte pour les indemnités, on est perdant et déjà convaincu qu’il n’y a pas d’autres alternatives, qu’on ne peut pas envisager de changer de société et d’instaurer l’autogestion. Pourtant on est plus nombreux qu’eux donc on doit être plus fort qu’eux. Il faut arriver à mettre en commun la base revendicative du maintien de l’emploi. Se battre pour les indemnités, c’est reconnaître qu’on n’est déjà plus des travailleurs.

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Published by Propos recueillis par François (AL Paris Nord-Est) - dans Du côté des Luttes
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3 septembre 2009 4 03 /09 /septembre /2009 21:07

 Les 538 salariés de la SBFM [1  ] de Caudan (près de Lorient) ont eu raison des multiples actionnaires véreux qui se sont succédés à la tête de leur fonderie depuis 10 ans. En lutte depuis fin octobre 2008, ils ont obtenu que leur entreprise soit reprise par Renault avec l’intégralité de ses emplois en contrat à durée indéterminée [2  ].

La revendication de départ du syndicat CGT de l’entreprise (plus de 350 syndiqués sur les 538 salariés de la boîte) était que Renault reprenne la SBFM, avec zéro licenciement. Il réclamait aussi un véritable plan de développement industriel qui passe notamment par une modernisation de l’outil de production (laissé à l’abandon par les actionnaires successifs depuis 1997).

Sur ce dernier point, les camarades de la SBFM savent qu’il s’agit d’un véritable combat à mener pour la pérennité de l’entreprise.

 

Ne pas céder d’un pouce

Après trois manifestations de masse regroupant plusieurs milliers de personnes, après deux semaines de grève et de blocage de l’usine ponctuées tous les jours par des actions d’éclat en direction des pouvoirs publics et du Medef local, les ouvriers de la SBFM peuvent être fiers de ne pas avoir cédé d’un pouce sur leurs revendications, d’avoir mené le combat jusqu’au bout dans un contexte où la plupart des salariés en butte aux licenciements sont sur la défensive. C’est là une des leçons à tirer pour tous les salariés de la région comme ailleurs : il ne faut jamais céder un pouce face aux exigences et aux chantages à l’emploi des actionnaires et des patrons. Le vieux slogan de 68, « céder un peu c’est reculer beaucoup », prend tout son sens. D’autre part, les ouvriers de la SBFM, jeunes et plus anciens, ont montré une solidarité sans faille dans les moments les plus critiques. La relève militante semble de ce côté-là assurée.

Si la détermination des ouvriers doit beaucoup à une histoire syndicale et sociale de la SBFM riche en luttes, à ses militants entretenant en permanence la lutte des classes dans les ateliers, il est à souligner que ces derniers se sont retrouvés bon gré mal gré, souvent bien seuls contrairement aux discours lénifiants entendus et lus ici et là après le conflit dans la presse syndicale de la CGT. Et cela à tous les échelons :

– dans la fédération de la métallurgie, qui a refusé pendant des mois une quelconque action nationale d’envergure sur la base des multiples luttes avec la CGT dans les entreprises ;

– dans la confédération : il aura fallu attendre sept mois pour que Bernard Thibault se déplace, et encore dans le cadre d’une journée de défense de l’emploi dans le Morbihan. Cerise sur le gâteau : un débat sur l’avenir de la politique industrielle en présence du représentant local du Medef et d’un représentant de la région.

 

Repli sur soi

À un autre niveau, de nombreux problèmes de communication sont apparus avec l’Union départementale CGT. Il faut dire que la section CGT de la SBFM n’a jamais eu sa langue dans sa poche et tranche souvent par sa combativité avec le train-train administratif. Mais à l’inverse, cette combativité s’est accompagnée d’un repli sur l’entreprise SBFM du syndicat CGT et par voie de conséquence une légitimité moindre à être entendu de la part des autres syndicats départementaux CGT, du public comme du privé. Tous ne sont pas forcément sur les mêmes rythmes et même niveau d’organisation et de conscience de classe. Mais on touche ici à l’un des problèmes majeurs du syndicalisme en France, qui se pose à toutes les confédérations et Unions syndicales, c’est le repli sur un syndicalisme d’entreprise de bon nombre de syndicats combatifs. Les politiques défaitistes et d’accompagnement des directions nationales confédérales y ont contribué depuis le début de la restructuration capitaliste au milieu des années 1970.

Une bataille a été gagnée mais pas la guerre. Le combat devra se poursuivre contre les constructeurs automobiles qui débauchent à tour de bras dans leurs filiales et de manière détournée via les sous-traitants. Si la crise promet de durer, les salarié-e-s des maisons mères risquent rapidement de se retrouver aussi dans le collimateur. Mais cette victoire isolée devrait pouvoir donner plus de volonté à une riposte de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses de l’automobile et de la métallurgie que nous appelons, avec d’autres organisations anticapitalistes, de nos vœux.

En ce sens, la journée d’actions enfin appelée par les fédérations CGT de la métallurgie et de la Chimie le 17 septembre prochain à Paris, doit constituer un point d’appui incontournable dans la construction et la convergences des luttes pour tous les travailleurs de ces deux secteurs très durement touchés par la crise financière. Une journée d’action rejointe par la coordination des boîtes en lutte, qui se monte dans les suites de l’appel des New Fabris de Châtellerault le 31 juillet dernier. Enfin, il faut le répéter, une véritable politique industrielle durable (comme le revendique la Confédération CGT) ne peut être viable qu’en préparant les conditions d’une rupture avec le capitalisme, qu’en ayant pour objectif la propriété collective des moyens de production et d’échanges sous le contrôle des travailleurs et des travailleuses. Toute politique industrielle durable doit pouvoir répondre aux besoins vitaux de la population et dans le respect de l’environnement (réorientation de la production vers des biens à usage collectif notamment). Ce changement, ce ne sont pas les actionnaires et les patrons qui le feront mais bien celles et ceux qui produisent, en prenant le pouvoir, dans l’entreprise comme dans la société.

Ermon.

 

[1  ] Société Bretonne de Fonderie Mécanique. Voir AL n°181, février 2009.

[2  ] Annonce faite par Renault le lundi 29 juin, et qui devrait être confirmée par le tribunal de commerce de Lyon le 1er septembre.

 

 

Chronologie d’une lutte exemplaire

Du 27 au 31 octobre 2008 Plus de 450 personnes bloquent les issues de la fonderie de Caudan car la direction envisage de licencier de 30 à 50 % des 560 salariés.

 

31 octobre 2008 Les salariés de la SBFM votent la « suspension du mouvement dans les conditions actuelles, c’est-à-dire avec l’occupation active de l’usine » indique la CGT. Mais ils votent aussi la poursuite d’actions la semaine suivante. Les trois équipes de salariés reprennent le travail lundi matin.

 

Novembre 2008 Annonce de chômage partiel, la survie de l’entreprise est posée lors des Comités d’Entreprise des 20 et 26 novembre.

 

1er décembre 2008 La CGT réclame la reprise de la SBFM par Renault. Alors que l’entreprise de Kerpont (550 salariés) a été placée en redressement judiciaire pour six mois. Elle totalise plus de 25 millions de dettes cumulées.

 

10 décembre 2008 Création du « Comité de résistance » en soutien aux salariés de la SBFM.

 

12 décembre 2008 Las de ne pouvoir obtenir de rendez-vous avec le préfet, le syndicat CGT de la SBFM, à Caudan, a décidé de provoquer la rencontre. Quelque 200 salariés se présentent alors devant les grilles de la préfecture, à Vannes.

 

20 décembre 2008 7000 manifestants soutiennent les 550 salariés de la SBFM à Hennebont.

 

18 janvier 2009 3000 manifestant-e-s à Hennebont, 2 jours avant le prononcé du tribunal de Lyon sur la survie de la SBFM.

 

20 janvier 2009 500 personnes (salarié-e-s, élus du pays de Lorient, syndicalistes) se rassemblent, à Kerpont, devant

la SBFM, pour attendre la décision du tribunal de commerce de Lyon, transmise par René Le Bourvellec, secrétaire du comité d’entreprise. Le tribunal de commerce de Lyon accorde une prolongation de la période d’observation de la Société bretonne de fonderie et mécanique (SBFM) jusqu’au 10mars.

 

4 février 2009 AG du personnel suite à la convocation du CE le 09/02/09 à 14h en réunion extraordinaire pour un projet de 237 licenciements avec la production concentrée sur 2X8 au lieu de 3X8. Le rendez-vous est pris. Tous les jours à 13h30 l’ensemble des salariés de la SBFM se réunit au self pour une nouvelle assemblée générale. Le 05/02, ils sont encore plus nombreux que la veille.

 

9 février 2009 Très forte manifestation de soutien lors du CE extraordinaire au Palais des congrès à Lorient. L’actionnaire Garro ne se présente pas, le DRH Brahmi prend une série de projectiles divers, accédant sous les huées à la salle de réunion. L’administrateur judiciaire retire le plan de licenciements et demande avec la CGT, au tribunal de Lyon de retirer la gestion de l’entreprise à l’actionnaire. Le travail reprend sous la responsabilité des seuls salarié-e-s, après que ces derniers aient mis « dehors » la direction Italienne.

 

11 février 2009 Réunion au Ministère de l’Economie. La CGT met en avant trois points principaux : « La direction de l’entreprise devrait être très rapidement confiée à 100% à l’administrateur judiciaire. L’Etat et les constructeurs automobiles se sont engagés à trouver un repreneur fiable pour l’entreprise. Si ce repreneur n’a pas été trouvé d’ici le

 

10 mars, date à laquelle le tribunal de commerce de Lyon doit statuer sur le devenir de la SBFM, une poursuite d’activité sera tout de même assurée, financée par les constructeurs, clients de la SBFM. »

24 février 2009 Le tribunal de Lyon retire la gestion de l’entreprise à l’actionnaire.

 

4 avril 2009 Plus de 2000 personnes participent à une journée en défense de l’emploi dans le Morbihan. Bernard Thibault, secrétaire général de la Cgt vient apporter son soutien dans le cadre d’un débat sur l’avenir de la politique industrielle dans le département. Le soir, le parc des expositions de Lanester accueille un concert de soutien avec, entre autres, Bernard Lavilliers et Yvan Le Bolloch.

 

16 mai 2009 Pièce de théâtre « Politique Qualité » en soutien aux salariés en lutte dans le département, 400 personnes participent à cette représentation.

 

15 juin 2009 Une seule offre, inacceptable ! À la lecture des conditions suspensives à la reprise de la SBFM émises par le fondeur espagnol CIE Automotive, l’ensemble du personnel arrête le travail. L’usine est bloquée et occupée. Dans 15 jours, le sort des 538 salariés sera scellé. Les syndicats, CGT et CGC, réclament une table ronde. Mais le temps presse et les exigences du repreneur semblent insurmontables.

 

Du 15 juin au 26 juin 2009 Luttes, occupations, revendications à Caudan, Lorient Lanester, Vannes, Plouay, Rennes,… les salariés avec leurs syndicats mettent la pression aux constructeurs automobiles et aux pouvoirs publics 24h sur 24.

 

26 juin 2009 Victoire pour les ouvriers de la SBFM ! Après des mois de luttes dont les 10 derniers jours en grève avec la totalité des salariés de l’usine, ce 26 juin, Renault s’est engagé à reprendre les actifs et tous les salariés de la SBFM avec préservation de leurs acquis. Jusqu’à présent, aucune offre de reprise sérieuse n’avait été présentée. 11 ans après l’abandon, Renault prend enfin ses responsabilités !

 

4 juillet 2009 Les salariés de la SBFM et l’inter-pro fêtent la victoire avec la CGT sur le parking de l’usine.

 

Source : Le travailleur du Morbihan n°17, spécial victoire de la SBFM

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 12:50

photo-tassos.jpgNoisy-le-sec connaît un conflit exemplaire de la période qui s’est ouverte avec la crise financière de l’été 2008 et ses répercussions au sein des entreprises industrielles qui en dépendent. Exemplaire par la détermination des salariées en butte aux provocations de leur direction, cette lutte l’est aussi par la qualité des employeurs de cette PME qui, avant d’être des industriels, sont d’abord des dirigeants issus du monde de la finance.

 

Cela fait maintenant plus d’un mois que les salariés de chez TASSOS, sont en grève contre le plan de licenciement concernant près de la moitié du personnel (41 salariés sur 88). Dés le mois de mars, alors que la charge de travail n’a aucunement diminué, la Direction annonce sa volonté de faire produire deux fois plus avec moitié moins de personnel, de recourir éventuellement à des salariés de l’intérim et n’exclut de nouveau licenciement sans rencontrer d’opposition véritable de la part des organisations syndicales majoritaires au comité d’entreprise. Parallèlement, le délégué syndical CGT fait l’objet de trois procédures de licenciement, toutes rejetées par l’Inspection du travail, alors qu’aucun bilan comptable n’est fourni, qu’aucune contre-expertise n’est initiée par le CE et qu’une partie du personnel est sollicitée pour travailler le samedi et le dimanche…..

 

Un peu d’histoire

 

L’entreprise TASSOS est, à sa création en 74, une petite entreprise familiale spécialisée dans les produits alimentaires helléniques. Installée sur l’ancien site industriel de Vallourec à Noisy-le-sec, elle est devenue, au fil des ans, l’un des « leaders » sur les marchés spécialisés des taramas et blinis, présent tant dans les commerces spécialisés que dans la grande distribution.

C’est en 2006-20007, après leur départ de l’entreprise que les dirigeants de cette PME s’allient à ceux de la société CHARLES ARMAND, autre entreprise familiale basée en Normandie à Flers (Orne) et spécialisée dans les produits « traiteur de la mer », complémentaires à l’activité de TASSOS. Ils formeront ainsi le groupe AMARYS, destiné à devenir un pôle stratégique cohérent d’industries spécialisées, doté de marques renommées et d’un outil industriel de premier plan.

Mais la caractéristique essentielle de cette nouvelle société n’est pas là ! Elle se trouve dans le financement de l’opération qui se fait dans le cadre d’une opération de LBO-Leverage Buy Out, sous l’égide d’une holding financière EDLM-Européenne de la Mer.

Cette dernière, qui détient véritablement les rennes, regroupe non seulement les dirigeants apparents de ces entreprises industrielles, mais aussi et surtout les financeurs de l’opération, eux-mêmes regroupés au sein de sociétés financières, et notamment GIMV, société de capital-risque cotée en Belgique qui ne détient, à Paris, qu’un bureau. GIMV est connue en France pour des montages de ce type aux cotés, notamment d’AXA, BNP Paribas ou AGF.

 

La crise a bon dos : Ils doivent nous rendre des comptes

 

Afin de justifier son plan de licenciement, la Direction argue d’une mauvaise gestion des anciens dirigeants. Homme lige des financiers, le PDG d’AMARYS, par ailleurs dirigeant d’un cabinet de management, ne se gène pas pour déclarer à la presse : « Alors que les sites de Flers et Frontignan produisent 40 à 50 kg par heure et par employé, celui de Noisy n’en produisait même pas 20 kg,. Cherchez l’erreur…. J’ai du y mettre de l’ordre… » (Ouest France-BN-2 avril 2009).

Depuis dix ans, la société n’a toujours pas publié ses comptes au tribunal de commerce comme elle y est tenue par la loi, et la tension monte de jour en jour contre ces accusations. C’est ainsi que le 23 mars dernier, un camion introduit dans les lieux grâce à l’intervention de non grévistes avait dû repartir sans cargaison par la reprise un piquet de grève, un moment éloigné par une quinzaine de policiers. Cette dernière provocation n’empêche pas les salariés du quartier de manifester leur solidarité au quotidien et la direction s’est vu déboutée de sa demande, auprès du tribunal, de voir lever les piquets de grève.

 

Dépôt de bilan : Assez de divisions

 

De la même manière, cette direction cherche à opposer les salariés de Noisy aux salariés des autres sites de production et décide de procéder au dépôt de bilan auprès du tribunal de commerce d’Alençon (Orne), non seulement de la société noiséenne TASSOS mais aussi de la maison-mère AMARYS qui gère les sites de Flers et Frontignan. La mise en redressement judiciaire est en œuvre depuis le 6 avril dernier pour une durée initiale de 6 mois.

L’activité de l’usine de Flers est arrêtée au 15 avril et les salariés normands sont, pour leur part placés en congés payés forcés.

Outre le fait que cette décision ne touche pas la holding financière EDLM-Européenne de la Mer, le représentant du groupe se répand dans la presse sur les prétendues conséquences de la grève :... « ..C’est à cause de ça, et aussi à cause d’erreurs de gestion dans le passé que nous sommes contraints de déposer le bilan du groupe…. »(Ouest France-BN-02/04/09). Gageons que si erreur de gestion il y avait eu, ces spécialistes de la finance les auraient vus lors de la reprise du groupe.

 

Non à la fermeture, Non aux licenciements :

 

Bien décidés à ne pas subir les conséquences d’une crise dont ils ne sont nullement responsables, les salariés de TASSOS maintiennent leurs revendications sur la réintégration des salariés licenciés, leurs reclassements et monnayeront cher leur maintien dans l’emploi. Chaque semaine, ils organisent avec leur union locale CGT l’information à la population noiséenne sur les marchés, et la solidarité au quotidien aux portes de l’entreprise.

 

Soyons nombreux à leur cotés !

Solidarité financière à adresser à l’Union Locale CGT, 15 rue Adrien Damoiselet, 93130 Noisy le Sec;

Seznec.

 

 

Les L.B.O. C'est quoi ?

Le sigle LBO (Leverage Buy Out) désigne une technique de financement d'acquisition d’une société en ayant recours à de l'endettement bancaire, ce qui lui donne un effet de levier.

C'est l'entreprise rachetée qui rembourse la dette ayant servi au rachat, permettant au fonds d'investissement qui rachète de ne payer qu'une partie de la valeur totale de la société. Revers de la médaille, l'entreprise doit rembourser cette dette. Afin de maximiser la valeur de son achat, l'acquéreur poursuit une politique d'amélioration de la rentabilité, par exemple en relevant ses prix de vente, en diminuant ses dépenses, en investissant dans des programmes de développement ou en rachetant des concurrents.

En savoir plus sur les LBO : http://fr.wikipedia.org/wiki/LBO

 

 

Au sein de la CGT, le collectif LBO a tourné un documentaire (DVD) intitulé « LBO les insoumis » qui fait l’objet de nombreuses projections-débats. Pour tout contact http://www.collectif-lbo.org

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Published by Communistes libertaires de la CGT - dans Du côté des Luttes
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